Évidemment que Les Furtifs est un grand roman comme seul Alain Damasio sait les faire. Évidemment aussi que, bouleversé par ses deux premiers La Zone du Dehors et plus encore La Horde du Contrevent, j’attendais avec une hâte mêlée d’angoisse de lire les pages tant attendues – depuis quinze ans, quand même.

Il serait malhonnête de prétendre ici faire une critique du roman, tant mon rapport à la science-fiction et à la littérature en général ont été forgés par l’œuvre d’Alain Damasio. Il serait de même irréaliste de prétendre établir une analyse de l’œuvre. J’ai passé presque quatre ans à écrire une analyse de La Horde du Contrevent (à paraître), et s’il est évident que ma lecture des Furtifs s’en trouve affûtée, je ne me lance pas ici dans pareille ambition.

Un tel monument, à l’instar de ses prédécesseurs, se lit et se relit, j’y reviendrai rapidement et sans doute, aussi sur le temps long. Il en est ainsi des grands livres : on y revient, ils nous nourrissent tout au long de nos vies.

Voici néanmoins une première approche, personnelle, des Furtifs – troisième roman d’Alain Damasio. Par souci de lisibilité, je scinde cette première exploration en plusieurs parties.

  1. Chapitre 1 : Anticipation et dévitalisation (cet article)
  2. Chapitre 2 : Un monde à entendre
L'étoffe dont sont tissés les vents
En 2019 paraîtra mon analyse philosophique, personnelle et complète de La Horde du Contrevent. Inscrivez-vous à la mailing-list sur cette page pour être tenu(e) au courant. Pas de spam, bien entendu, vous me prenez pour qui ?

Alain Damasio, auteur spiralé

Nous sommes ici en territoire connu. Toutes les interventions, plusieurs nouvelles et bien sûr projets connexes de l’auteur depuis des années préparaient, participaient à bâtir le monde des Furtifs. Immergé dans son roman, l’auteur nous a distillé les infos au fur et à mesure. Pour qui a suivi, principalement Phonophore, le territoire est bien balisé et les premiers chapitres coulent quasiment de source dans leur description du monde et la peinture des premiers personnages. Dans la quête de son binôme principal aussi : Lorca et Sahar, couple brisé par la disparition de leur petite fille Tishka. L’histoire est celle de leur quête pour retrouver leur fille, ensemble malgré tout.

Pour les néophytes, il faudra sans doute s’accrocher un peu plus dans les premières pages pour saisir tous les enjeux. Ainsi en est-il d’une écriture foisonnante, dense à vous donner le vertige, exigeante bien entendu et qui commence in media res.

Mathias Echenay, éditeur de La Volte, annonçait déjà la couleur il y a quelques semaines sur Just a Word. Les Furtifs seraient « La Zone + La Horde ». C’est en effet assez vrai dans l’ambition du roman de fusionner (« catalyser ») les imaginaires de l’auteur et les propositions vitalistes de son œuvre entière ; la lutte [ré]volutionnaire dans une société de contrôle dystopique d’un côté, le devenir posthumain des « Grands Vivants » de l’autre, s’hybridant avec le dehors-en-eux et le dehors tout court pour dépasser les valeurs moribondes qui guident des sociétés gangrenées par la peur, la fatigue, l’ennui, la soif de contrôle… à la suite de Nietzsche, Deleuze et Spinoza, grands inspirateurs de l’œuvre damasienne auxquels s’ajoutent Simondon et Sloterdijk cités parfois carrément dans le texte.

On retrouve ici aussi le thème principal de la nouvelle Annah à travers la Harpe (moins connue que les romans, elle est parue dans Aucun souvenir assez solide), dans laquelle un père plonge dans une sorte d’enfer technologique pour retrouver sa fille disparue.

« – Épluche l’oignon. Va extraire l’humain, à travers l’écorce. Traverse la coque techno. Avec les mains. Épluche et pleure. »

Les Furtifs, donc, suivent notamment le personnage de Lorca, dont on devine que l’auteur se projette beaucoup en lui. Un personnage pour s’identifier (parmi d’autres), qui assume cette hybridation de La Horde et de La Zone en un nouveau récit – comme deux vecteurs s’additionnant pour en faire un nouveau, continu mais différent, conjugaison des forces précédentes. Personnage à mi-chemin entre Captp et Sov, Lorca est le liant du récit, il suit un chemin initiatique pour découvrir les furtifs en même temps que nous. Il relie aussi les communautés alternatives en lutte (il est sociologue des marges) et les chasseurs de l’armée (le Récif) – permettant le dialogue entre ces mondes à priori très différents, et donc l’avancée dans le dialogue avec les furtifs. C’est également un écorché, traumatisé par la disparition de Tishka, qui cherche à se reconstruire (ou pas), vit à fleur de peau… et cède facilement à la colère tant sa quête lui est intime. Il forme, avec Sahar, les deux principaux locuteurs d’un nouveau roman polyphrénique qui mêle, au fur et à mesure, de très nombreuses voix, varie énormément les points de vue, et intègre une créativité typographique jamais vue – résultat du travail combiné de Damasio et de la typographe Esther Szac.

La lecture des Furtifs offre donc la récurrence de plusieurs motifs et thèmes bien connus des lecteurs de Damasio. Récurrence qui forme en elle-même l’incarnation concrète d’une de ses obsessions ; la ritournelle, concept emprunté à Deleuze lui-même s’inspirant de l’Éternel Retour de Nietzsche. Comme la ritournelle (« la réponse des milieux au chaos, c’est le rythme »), les romans d’Alain Damasio s’inscrivent dans une continuité, comme une spirale partant d’un centre pour s’élargir progressivement. Plusieurs thèmes en commun y sont filés et enrichis au fur et à mesure, densifiant l’œuvre à chaque nouvelle occurrence. Exactement comme le phénomène de la genèse du monde par décélération du « purvent » décrit dès la première page de La Horde du Contrevent. Les convictions philosophiques vitalistes et humanistes de l’auteur s’y font jour, reconnaissables mais dérivées, enrichies. Mûries par l’expérience vécue à n’en pas douter – et notamment la paternité qui prend ici une place centrale.

Les Furtifs placent l’amour filial en thématique principale, animale, mais aussi le principe de transmission inversée de la fille pour ses parents. A la faveur de l’enquête de Sahar et Lorca, ceux-ci doivent s’ouvrir et se réinventer, changer leur compréhension du monde pour la comprendre comme leur fille – très belle occurrence de l’idée nietzschéenne que les enfants sont des êtres ouverts et créateurs, non encore englués dans les passions tristes des adultes incapables de les comprendre. Je gage que pas mal de parents qui liront ces pages pleureront toutes les larmes de leurs corps.

L’œuvre de Damasio boucle donc, entre autre, sur des sujets bien connus, réitérations de motifs et de figures croisées dans son œuvre. Mais ce faisant, il ne repasse jamais deux fois au même endroit : il s’élargit. Pour qu’à chaque mouvement plus ample, il englobe à la fois les mouvements précédents, les prend pour acquis, les digère, y apporte de la matière supplémentaire. En ce sens Les Furtifs sont une évolution logique et parfaitement cohérente du parcours impeccable de l’auteur. Parcours dont il nous offre ici une nouvelle occurrence à la fois nouvelle et reconnaissable entre mille.

Je ne vois pas un hasard dans le fait que La Zone du Dehors (écrit à 22 ans) correspondait à une soif jeune et brûlante de changer le monde, un désir révolutionnaire ; que La Horde du Contrevent explorait entre autres la notion de clan, de horde, autant dire de famille, et incarnait un nouveau mode d’être au monde en actes ; et donc que ce nouveau roman combine les deux au sein d’une réflexion à la fois personnelle et globale sur les enjeux de l’humanité au XXIe siècle, en tant qu’individu, en tant que société, en tant qu’espèce et partie du vivant.

furtifs alain Damasio
Alain Damasio par Yohanne Lamoulère.

Du neuf avec du neuf

C’est déjà dans le registre général, et la structure narrative que Les Furtifs surprennent et désarçonnent. Le registre est ici celui de l’enquête en territoire traqué ; moins démonstrative et didactique que la quête épique et ouvertement philosophique de La Horde. Damasio recentre sciemment le lieu de l’action à portée d’anticipation directe, en France, vers 2040. Le monde des Furtifs est glaçant de réalisme en prenant volontairement racines dans les travers de notre époque, à grands renforts de noms connus à peine ou pas du tout masqués dans les lieux, les noms de marque comme Orange, Talto, Civin… Bref : le ton est donné dès le départ, Les Furtifs s’assument comme un ouvrage ouvertement politique qui troque l’allégorie du précédent pour un désossage en règles de la société de contrôle… doublé d’une piste concrète et d’une image allégorique pour en sortir. Fortiche !

Les Furtifs établissent donc un lien entre la lutte sociale contre le monde carcéral qu’ils décrivent, et la découverte des furtifs en eux-mêmes. Le combat entre détection / fixation et furtivité / mouvement se superpose à la notion de réinvention, de perpétuel mouvement dont font preuve les furtifs – capables de se réinventer constamment en faisant corps avec leur environnement plutôt que de chercher à le contrôler.

Récurrence de la littérature d’Alain Damasio : le fait pour les personnages de poursuivre un but hautement poétique avec des moyens excessivement techniques (mais pas que), ancrés dans une matérialité qui n’a rien de rêveuse. Les chasseurs de furtifs (le chapitre 1. Le Blanc le montre très distinctement) sont surentraînés, suréquipés, ce sont des militaires (même s’ils font figure d’outsiders dans l’armée régulière) qui déploient une discipline et des techniques parfaitement rodées pour tenter de voir et capturer l’invisible. Comme la Horde déployait mille stratagèmes, techniques et entraînement pour remonder vers l’Extrême-Amont. Atteindre le bout du monde, ni plus ni moins, de même Les Furtifs partagent cette folle ambition pour ses personnages, éminemment poétique et chargée de sens comme un crivetz de grésil. Atteindre le bout du monde à pied ou voir l’invisible, deux manières d’intensifier la vie pour incarner un nouveau rapport au monde,  une vie alternative face aux forces du contrôle et de la peur (qui procèdent du même enlisement). Marqueur de la littérature damasienne : rendre plausible, technique, parfaitement imaginable, une recherche qui doit tout à la poésie et à la métaphore littérale.

Anticipation

La description est acerbe et documentée, très créative aussi, de ce monde où la prédation des sociétés multinationales à définitivement (non) assimilé la citoyenneté. Chacun ne devenant plus qu’un centre de profits découpé en tranches de data et intégré dans des circuits de « valorisation » économique permis par une surveillance globale constante.

La densité des thématiques abordées est vertigineuse et dénote une connaissance extrêmement pointue des enjeux de la surveillance globalisée. Le moindre détail, dialogue ou slogan publicitaire révèle le monde qui vient de manière glaçante et malheureusement crédible – tellement crédible en fait que la notion de futur ne tient pas longtemps : c’est bien du monde actuel que nous parlent Les Furtifs, sous un prisme à peine grossissant.

« Optimisez bien votre soirée ! »

Le roman fait un grand écart constant entre les villes « libérées » c’est-à-dire vendues littéralement au privé, et les zones de contre-réaction qui s’organisent en ilots d’occupation militantes et de reconquête. Autant de ZAD autogérées et joyeusement foutrac où cohabitent une foule de militants de diverses mouvances. Autant par le déroulé de son récit que par la description qu’il en fait, le roman est une véritable déclaration d’amour aux militantismes de tous bords, certains très reconnaissables pour s’inspirer de mouvements réels, d’autres plus poétiques comme les voltigeurs de la Traverse ou de la Celeste, courant le ciel en parkour pour y installer des logements temporaires.

Ceci étant, Les Furtifs ne cherchent pas à documenter exhaustivement la société de contrôle en elle-même. Le cœur du sujet n’est pas là, la chose a été décrite de nombreuses fois et elle advient suffisamment dans le monde réel pour ne pas avoir besoin de s’y appesantir. La Zone du Dehors, déjà, décrivait avec moult détails le fonctionnement et les logiques internes de cette dystopie molle basée sur l’inter et l’intracontrôle. Le rachat des villes en faillite par les multinationales (« Nestlyon » !), le contrôle par les bagues connectées comme autant de smartphones jumelés à des bracelets électroniques, tout ça relève de la même logique et – actualisant le propos – n’a pas à être beaucoup plus détaillé. Seulement nous en parviennent des images par flashs, ciblés, où Damasio snipe des points bien précis de ce nouveau contrôle normé, des « conforteresses » et « technococons ».

Les villes « libérées » des Furtifs sont en elles-mêmes des cocons de cette sorte. Plus que d’inspirer la révolte par une répression orwelienne et brutale (en tous cas, pas tout le temps), elles dégagent une mélancolie de villes mortes, une tristesse qui peine à réellement se transformer en révolte tant la société de contrôle assied son pouvoir dans le confort et la strangulation « douce », progressive ; celle d’un taxile automatique où l’on converse avec une sorte de poupée gonflable holographique paramétrable pour tenir la discussion de son choix, sur le ton de son choix, en buvant du whisky sans alcool. A ce titre, Alain Damasio s’amuse beaucoup à inventer et décrire ces dispositifs normatifs déshumanisés, et nous les sert avec un humour un peu jaune et néanmoins très drôle.

La trace est partout, tout est toujours suivi, enregistré, traqué, archivé, profilé, mais pourtant ce traçage est largement invisible pour les utilisateurs-citoyens qui n’en vivent que les effets. Chacun ajuste son comportement en fonction, les drones, les bots et les « accès réglementés » changent leurs services, modifient les droits d’accès des utilisateurs, proposent des offres personnalisées en fonction des « besoins » supposés des individus… qui eux-mêmes ne perçoivent jamais réellement ce qui est capté d’eux. Leurs traces sont essentiellement invisibles, ou du moins ils n’en contrôlent rien à part en refusant de porter la « bague ». Ce faisant, ils sont paradoxalement plus surveillés car fichés comme a-normaux, comme le sont les radicaux, les extrémistes, les terroristes, les étrangers et les migrants… fourrés dans le même sac de l’anormalité, suspecte par définition.

La dystopie à la Damasio est moins affaire de coercition que de modification des comportements. Les Furtifs sont un digne et bel héritier du Meilleur des mondes où la profonde injustice et violence du système est globalement intégrée et acceptée par la majorité des citoyens rendus incapables de penser ce qu’ils en perdent, à force de propagande et de valorisation des réflexes primaires de fermeture à l’autre et de peur.

A l’image de ce drone-smiley jaune, qui vient chasser les enfants « standard » des squares « premium » avec un canon à ultrasons (quelle horreur), l’autorité est toujours masquée au maximum, « seamless », sans couture, relativement indolore. Les comportements sont plus induits qu’obligés, chacun rendu libre de « gérer sa vie » comme il l’entend… dans les espaces clôts qu’on lui attribue. Le « technococon », concept damasien classique, outille les paresses et isole chacun dans sa « libertouille » (terme de l’auteur) : la liberté de customiser son mini-monde virtuel à l’envie, excluant d’office le fait de s’en passer. Les Furtifs touchent ce principe de l’individualisation à outrance, enfermant chacun dans un univers qu’il est le seul à voir, et dans lequel il reste stimulé par son MOA, « My Own Assistant ». La description du parc où jouent les enfants avec leurs propres jouets virtuels, chacun les siens inaccessibles aux autres et aux parents, sont révélateurs de ce paroxysme de l’individualisation des personnes dans ce qu’on appelle aujourd’hui sa bulle de filtres.

Dévitalisation

De la description de ces villes nouvelles, on peut tirer un profond sentiment de tristesse et de déshumanisation. L’attention est focalisée sur l’absence de rapports humains et la coercition des corps entravés dans des processus de marchandisation qui permettent d’en extraire tout ce qui peut l’être… mais surtout d’asseoir sur eux un certain contrôle. Cette mélancolie, des parcs vides, des espaces « protégés » (en fait vidés de toute vie), des squares, rues, avenues et magasins « premium », ne cache pas complètement la violence inhérente à la société des Furtifs.

On y découvre une vision du travail glaçante de réalisme, où la domination s’exprime d’abord sur les corps (comme lorsque Velvi est prise par les milices et condamnée à un « TIC » de deux ans (Travail d’Intérêt Commercial)). On assujetti les prétentions à la liberté d’arpenter les espaces par une assignation à être rentable, dans un espace clôt, sous surveillance, une contrainte à remplir des objectifs commerciaux en vendant des forfaits aux passants (vous avez dit « salariat » ?)… Les « vendiants » forment une classe sociale du bas de l’échelle, celle des clochards maintenus pile au-dessus du niveau de la déchéance finale par une contrainte de rentabilité. Ils mendient pour leurs marques et servent d’exemple aux actifs, comme un avertissement. Cette idée que la répression soit un outil de segmentation de la population en même temps qu’elle réponde à un rôle social (et que donc personne n’a intérêt à aider les vendiants à sortir de leur situation) rappelle bien-sûr Michel Foucault dont on sait qu’il fut une inspiration essentielle de Damasio depuis La Zone du Dehors.

Par opposition à ce monde de coercition et de dévitalisation d’une dystopie sécuritaire « cool » basée sur la surveillance et la recherche de contrôle, Damasio propose deux alternatives sur deux plans différents et complémentaire. La première vient des luttes sociales, décrites avec grands détails et une grande poésie, la seconde vient des furtifs eux-mêmes, en tant que créatures indétectables et donc, par nature, catalyseurs des combats militants.

Les furtifs, ces créatures qui vivent dans les interstices du regard humain et dont la traque constitue l’activité principale du Récif, branche de l’armée dédiée à leur chasse et étude, forment la part métaphorique de l’imaginaire posthumain du roman. Ils promettent une dimension supplémentaire à la nécessité de la lutte – qui demeure forcément une réaction à un système oppressif premier. Ils incarnent l’idéal damasien de « ce qu’être en vie veut dire », une autre voix, articulant le mouvement brut, le lien au monde (par leurs capacités de s’y fondre), et le lien aux autres dans le dialogue qu’on peut établir avec eux. Ils sont la création d’un Dehors, que le roman nous invite moins à chasser / figer (voir un furtif c’est le tuer) qu’à rencontrer pour renouer avec l’infiniment vivant : ce qui change, ce qui bouge, l’invisible ou presque, l’insaisissable.

En ceci, Alain Damasio nous offre un très grand livre – et qui joue un rôle fondamental dans ce qu’il appelle lui-même « la guerre des imaginaires ». Telle est sans doute l’ambition folle des Furtifs, rompre avec les chapelets de mauvaises nouvelles qui nous viennent de la prospective et des œuvres dystopiques, conjurer l’angoisse en recréant des avenirs désirables, ouverts et poétiques. Un roman de reconquête de l’imaginaire du futur, un faisceau de manières de vivre, un idéalisme concret, loin de toute transcendance, une utopie comme programme.

« Il n’y a pas de lendemains qui chantent,
il n’y a que des aujourd’hui qui bruissent. »

~ Antoine St. Epondyle


Sommaire de mon exploration des Furtifs :

  1. Chapitre 1 : Anticipation et dévitalisation (cet article)
  2. Chapitre 2 : Un monde à entendre
L'étoffe dont sont tissés les vents
En 2019 paraîtra mon analyse philosophique, personnelle et complète de La Horde du Contrevent. Inscrivez-vous à la mailing-list sur cette page pour être tenu(e) au courant. Pas de spam, bien entendu, vous me prenez pour qui ?

Un grand merci aux Éditions La Volte de m’avoir permis de lire le roman en avant-première !

3 Commentaires

  1. Bel éloge d’une œuvre romanesque qu’il me reste à découvrir. J’avoue être un peu embarrassé par le discours épique de  » La Horde du Contrevent  » . Il faut dire que dans mes petites histoires, je donne plutôt dans l’allusif. Tournure d’esprit sans aucun doute. Une remarque à propos de ta présentation enflammée que tu fais de Damasio, je ne sens pas trop ni dans ce que j’ai commencé à lire, ni dans ta présentation pleine de lyrisme et fort bien écrite l’influence d’un intellectuel qui m’est cher, je veux parler de Peter Sloterdijk si ce n’est peut-être dans ce roman à paraître sous le thème des villes mises à l’abri de la plèbe parce que rachetées par les multinationales comme îlots de « gâteries  » . Bien amicalement et chapeau !

    PS. Je crois comprendre en découvrant  » La Horde du Contrevent  » ce qui emballe à ce point un amateur de JDR. Beaucoup d’ingrédients sont sans doute présents dans son œuvre.

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