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DEUXIÈME PARTIE
LA VIE

¿’ — C’est du vent tout ça…
(p. 97)

Qu’est-ce qu’être en vie ?

Selon ses termes, Alain Damasio cherche à répondre à la question « Qu’est-ce qu’être en vie ? » comme une problématique récurrente à l’ensemble de son œuvre. La Horde du Contrevent toute entière est une proposition de réponse par l’exemple. Et sa propre conceptualisation est énoncée au sein de la fiction,[1] dans la bouche de ¿’ Caracole. Pour une fois, le troubadour parle à ) Sov sans se cacher derrière une énigme.

« « Qu’est-ce qu’être en vie » est ta quête, si j’en crois Ne Jerkka. Être en vie c’est être en mouvement & c’est être lié – tissé au ventre & lié aux autres. Tu affronteras en Extrême-Amont la solitude totale. Il te faudra inventer le sens de ta vie sans nous. Une terre sous tes pas. » (p.253)

En s’adressant à ) Sov, ¿’ Caracole parle à Damasio lui-même. « Ta quête » est la quête de l’auteur ; cette phrase résume à elle seule le niveau total d’identification de Damasio à son scribe dont il partage la profession, les questionnements et les doutes.

La triple définition de la vie apportée par ¿’ Caracole trouve une illustration permanente dans la quête du Contrevent.

Être en mouvement…

On l’a vu, le mouvement est une condition sine qua non de l’apparition de la vie – et même du monde avant elle. Ce mouvement tant extérieur qu’intérieur est un critère ontologique, éminemment damasien, de l’existence.

D’un point de vue extérieur d’abord, c’est ce mouvement qui fonde la différence de nature (disent-ils) entre les hordiers et les « abrités » qui s’enterrent et prennent racine dans des villes aux formes aérodynamiques pour parer aux aléas venteux, et se gardent ainsi d’une vie vent-debout. C’est pourtant cette vie ascétique, héroïque mais brutale (héroïque parce que brutale) qui ouvre à la Horde les portes de la connaissance de soi et forge les liens dans les douleurs de l’épreuve. On pourrait croire que ce combat est un leurre, en ceci que son objectif n’a pas de sens. Ce serait se méprendre sur son intérêt réel, qui n’est pas son hypothétique point d’arrivée, mais « [d’]affirmer le passage, [et d’]assurer la poursuite » (p. 12). Le contre se justifie en lui-même. L’Extrême-Amont n’est rien comparé à la richesse de liens, d’émotions, de liberté, de courage déployée au cours de vingt-trois vies parallèles passées à le chercher – ou construire.

La Horde est nomade par définition, et autosuffisante puisqu’elle rassemble toute une société dont les compétences permettent d’assurer sa survie. Elle suit une trace, ou ligne de fuite au sens de Gilles Deleuze : « La ligne de fuite est une déterritorialisation. […] Fuir, ce n’est pas du tout renoncer aux actions, rien de plus actif qu’une fuite. »[i] Fuir c’est quitter sans cesse, l’habitude, la sédentarité, la zone de confort, la peur ou la paresse.[2] C’est cesser d’imaginer ce qu’il y a derrière la ligne de crête, et aller voir.

Cette mobilité géographique, acquise à tous ceux qui arrivent à suivre la cadence sans se faire tuer, va de pair avec une mobilité intérieure, une mobilité de l’esprit, une « capacité au pli » ou « au décalage » que Lerdoan évoque lors de sa rencontre avec ¿’ Caracole.[3] La déterritorialisation n’est pas que physique, elle est surtout mentale. Mais tous les hordiers ne sont pas capables d’une telle réinvention de soi, et cette inaptitude causera la mort de plusieurs d’entre eux, notamment ∆ Erg le combattant protecteur.[ii] ¿’ Caracole en est capable, en tant qu’autochrone c’est même la condition de sa survie ; X Oroshi peut-être, pour assouvir sa soif de connaissance et remettre en question ce qu’elle croit savoir. ) Sov apprendra à le faire au fur et à mesure, et la lecture des blocs jumeaux intitulés « Vivre » dans la tour d’Ær sera pour lui une révélation.

« Vis chaque instant comme si c’était le dernier. »
« Vis chaque instant comme si c’était le premier. »
(p. 196)[4]

& être lié – tissé au ventre…

Tous les hordiers suivent la même Trace ; mais si l’objectif est commun, aucun n’est motivé par le même enjeu. La rage qui pousse chacun à mettre un pied devant l’autre sous Furvent lui appartient intrinsèquement, et ces motivations personnelles sont autant de liens à soi-même pour chacun des hordiers.

L’exemple le plus parlant est celui de Ω Golgoth, qui incarne plus que quiconque la volonté inébranlable de la Horde. Le Traceur ne tolère aucune scission dans « sa » horde, car rien ne compte pour lui que de remonter la Trace par le chemin le plus court. C’est un obsédé du Contre, qui n’épargne pas la vie des siens en choisissant toujours les traces les plus risquées si elles permettent de gagner quelques semaines. Ω Golgoth est une figure paternelle, brutale et intransigeante, qui entretient une relation de rivalité pathologique avec son père qui le hante jusqu’à la folie. Il porte en lui le vif de son frère aîné mort pendant l’épreuve de la Strace – et ne vit que pour contrer, battre ce père abandonniste qu’il méprise, prouver et se prouver qu’il vaut mieux que son frère mort. Il finira terrassé par la seule chose qui pouvait l’abattre : l’arrivée.

Ω Golgoth à la rage tissée au ventre. Il est le champ de bataille entre deux vifs surpuissants qui s’opposent mais le poussent vers le même but, c’est-à-dire le contre. En ceci, le vif de son frère lui permet d’avancer et lui donne le surcroît de force nécessaire à accomplir des prouesses physiques.

Car être « lié à soi » est aussi une question de vif, vitesse bouclée sur elle-même, dont la compacité dépend de ce qu’on la nourrit ou pas. En parlant du vif des abrités, X Oroshi ne dit pas autre chose : « …ces vifs-là manquent de vitesse et de densité, ils se délient très facilement à la première bourrasque. » (p. 71) Donner cette vitesse et cette densité à son propre vif, c’est assumer sa nature intrinsèque, c’est ne pas s’enterrer ou céder aux ralentissements. En fuyant sans trêve dans un monde de pur mouvement, la vie s’assume comme partie intégrante de l’univers – qui est flux. Être lié en soi, c’est aussi être lié au monde.

L’Extrême-Amont n’est pas une question de kilométrage mais une conquête intime, infiniment personnelle comme le sera la neuvième forme du vent que chacun ne pourra affronter que seul.

Seul, mais irrémédiablement…

… & lié aux autres.

Pour eux, c’est une évidence, eux qui partagent tout depuis leurs six ans, qui furent élevés et form(at)és ensemble, eux qui ne dorment jamais à plus d’une dizaine de mètres les uns des autres. Dans une promiscuité qui leur interdit toute intimité, ils sont devenus une meute si interdépendante et soudée que même leurs inimitiés, leurs amours partagés (jusqu’aux relations sexuelles par cycles[5]) et bien entendu leurs amitiés l’architecturent plus qu’ils ne le fissurent. Jamais la Horde ne se sépare, quoiqu’elle s’étiole parfois sur de longues distances figurant ainsi la dissension du lien qui unit le groupe en lui-même. La moindre adversité, Poursuite ou Crivetz, a tôt fait de la ressouder – goutte, delta, diamant – pour ne laisser au vent aucune faille dans laquelle s’engouffrer.[6]

« Dans les moments extrêmes […] le nœud seul ressort, la boule dure aux viscères […]. Le nœud qui me soudait à Caracole, en corde à rire, en fil de rien, une complicité et des regards, du bout à bout de joies en chanvre, tissées en laine de tout, ce nœud vibra alors plus dense qu’un métal, presque aussi puissant qu’un vif. » (p. 122)

Face à la violence du Contre, la survie n’est possible qu’au sein d’un collectif soudé au-delà de toutes les épreuves. Même pour des personnalités hors-normes maîtrisant le néphèsh au-delà les capacités humaines comme Te Jerkka, le Contre est impossible seul. Et avec lui la lente métamorphose des personnalités et des liens tissés dans la meute. Une tirade de ) Sov en tout début de roman résume cette relation des uns aux autres, et de la horde aux hordes précédentes. Car les membres de la 34ème sont liés entre eux, c’est entendu, mais ils sont aussi liés – on l’a vu – à la tradition des hordes, ces trente-trois générations précédentes qui leur apportèrent leurs connaissances et leurs techniques.[7]

« Ce lien, nul abrité, nul Fréole n’en comprendra jamais la force. Il est ce qui nous lève chaque jour que Vent fait. Il est ce qui nous tient debout sous la grêle, dans la pluie racleuse, face aux stries de la stèche, sans tituber, sans rompre. Il est ce qui ne nous fera jamais renoncer, à aucun prix, puisque derrière nous se tiennent confiants, ces morts altiers, que nous honorerons jusqu’au bout, non parce qu’ils sont morts, fut-ce en héros, mais parce que vivait en eux ce don, cette confiance furieuse qu’ils nous ont faite sans même imaginer quels seraient nos visages ou nos corps, notre propre quête. Ce qu’ils savaient est ce que nous savons : que les hordiers meurent, pas l’esprit du combat. Qu’il nous suffirait de voir un gorceau pointer le groin au vent, un buis résister à la rafale, pour comprendre, d’instinct, dans quel sens souffle le courage. » (p. 502)

Cet « esprit du combat » cité par ) Sov est un motif récurrent de l’œuvre d’Alain Damasio. C’est cet esprit que font vivre les hordiers les uns par rapport aux autres, génération après génération. Et c’est aussi cet esprit qui détermine la brutalité de leurs vies, et tisse entre eux des sentiments très forts, affects qui sont autant de sensibilité pour autrui que de capacité à affecter les autres et le monde.[iii] Le lien aux autres, critère essentiel de la vie, ouvre sur le dehors et améliore notre puissance d’agir.[iv]

La Horde en tant que personnage

Au regard de cette triple définition de la vie, on comprend comment le roman éponyme raconte l’histoire de La Horde du Contrevent et pas d’un de ses membres en particulier. La Horde est le personnage principal, elle est une forme de vie en soi, qui répond littéralement aux conditions de la vie citées par son troubadour.

La Horde est en mouvement par nature, nomade, entièrement dédiée au contre. Elle bouge physiquement (sa durée de séjour maximale dans le roman n’excède pas quelques semaines à Alticcio et Camp Bòban), mais aussi elle se réinvente, recrute de nouveaux membres pour remplacer les morts, réattribue les rôles si besoin – toujours pour pérenniser sa capacité à avancer, à « persister dans son être » dirait Spinoza, c’est-à-dire continuer ce pourquoi elle est faite, le Contrevent. Les hordes qui ont abandonné se sont toujours fixées géographiquement et pour les hordiers le renoncement prend toujours la forme d’un projet de sédentarisation.[8]

La Horde est aussi liée en elle-même – Fer et Pack – car cette cohésion est la condition de sa survie. Chaque membre joue un rôle crucial pour assurer la vie collective, et chacun est dépendant des autres. Sa cohésion lui permet de résister à la brutalité des éléments en faisant littéralement bloc dans l’adversité. Les formations de contre (qui rappellent la tortue romaine) servent à encaisser le flux sans ouvrir de faille qui donnerait aux bourrasques l’occasion de disperser le groupe. Dans les cas extrêmes, se disjoindre c’est mourir littéralement.

Enfin, la Horde est liée aux autres ; et si elle ne reste jamais longtemps auprès des populations qu’elle croise elle n’en joue pas moins son rôle. Rôle de parade et de prestige (auprès des fréoles) ; rôle de légende inspirante (on raconte leur histoire aux enfants) ; rôle mystique (en transportant les vœux des abrités et colportant leurs espoirs) ; rôle social aussi, lorsque Ω Golgoth s’insurge contre le traitement réservé aux Racleurs par l’Exarque d’Alticcio. Il n’hésite alors pas une seconde à mettre en péril l’ouverture de la porte d’Urle (nécessaire pour continuer) en provoquant le pouvoir en place au nom d’une certaine idée de la justice sociale. Mais la Horde ne se trompe pas sur son rôle, et si elle déclenche la lutte des Racleurs d’Alticcio contre les Tourangeaux, elle ne mène pas la révolution pour autant et repars le jour même pour suivre sa Trace. Son rôle est ponctuel, c’est une friction, un contact, mais il est pleinement assumé.

Le collectif est un personnage en soi, un corps social et un corps tout court, c’est-à-dire un lieu où « un sens advient » pour les philosophes Eva Lévine et Patricia Touboul :

« “Le” corps n’est pas ce que l’on croit : ni un assemblage mécanique de pièces étrangères les unes aux autres, ni le siège aveugle d’un fonctionnement plus aveugle encore. Il est un jeu souple de pièces qui se confrontent et se plient les unes aux autres à l’intérieur de rapports dynamiques. Il est aussi le lieu où un sens advient, ce pourquoi la physiologie ne doit pas être subordonnée à une morale mais comprise comme morale. […] On emploie le mot « corps » mais le corps recouvre un pluriel, le singulier un collectif. »[v]

La Horde figure ici une certaine vision de l’être au monde, une représentation de l’identité. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas contenus dans notre enveloppe de chair, siège d’une volonté pur-esprit qui guiderait nos actes et dirait « je ». Le choix de la focalisation multiple et de points de vue divers n’est, là encore, pas anodin. C’est un choix politique de narration qui suppose d’emblée un devenir dans le collectif. Le personnage-Horde cherche à agir sur le monde en lui découvrant une fin, ou origine, et s’assume de ce fait comme une partie intégrante de cosmos dont elle sait qu’elle est issue.

Comme le personnage-Horde, nous sommes une conjugaison d’influences et de frictions, d’une infinité de puissances éventuellement contradictoires qui cohabitent et s’entrechoquent, s’assemblent comme une vague venant se fracasser contre le monde. La Horde n’agit jamais d’un geste unique, sauf si le danger est imminent, rarement sans heurt et divergence de points de vue. Elle n’est pas indivisible mais elle est indéniablement une.

¿’ Caracole affirme directement cette idée dans un conte et met en garde contre la tentation de se limiter à une identité fixe.

 « […] nous sommes tous si fiers de nos formes ! Tellement imbus de nos contours, de nos limites, de nos carrures ou de nos peaux ! Tout ça est fait de la même chair pourtant, même vie dedans, même vent ! Il n’est que les vitesses qui changent et une certaine densité des grains, quelque part dans l’arc-en-ciel des compacités. Mais plus que tout, bien sûr, compte la direction, le sens des forces qui s’affrontent au-dedans, vent-contre-vent, au corps à corps, alliés-déliés. C’est tout ! Hissez les drapeaux ! C’est beaucoup. […] La peur règne et rôde : « Rester soi, rester soi » murmure-t-elle dans son abri de peau. » (p. 459)

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~ Antoine St. Epondyle

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[1] Procédé récurrent dans La Horde : ce qui est littéralement narré, illustré dans le roman est en même temps conceptualisé théoriquement par les personnages.

[2] Précisons d’ailleurs que pour Deleuze « [la déterritorialisation] n’est pas envisageable sans son pendant qu’est la reterritorialisation. La conscience retrouve son territoire, mais sous de nouvelles modalités […] jusqu’à une nouvelle déterritorialisation. » (Le vocabulaire de Gilles Deleuze, Stéphan Leclercq et Arnaud Villani, Les cahiers de Noesis n°3, 2003.), ce qui préfigure la fin du roman et le retour de ) Sov à la case départ, mais aussi le motif récurrent de l’Eternel Retour nietzschéen dans La Horde du Contrevent – quoiqu’ici modifié par Deleuze en un Eternel Retour sélectif, ou décalé, issu de la ritournelle (spirale plutôt que cercle).

[3] « [Le Mû] est une « aptitude immédiate, [une] disposition foncière à la rupture : rupture d’état, de stratégie, rupture du geste, décalage. Elle est indissociable d’une mobilité intime extrême, de variations incessantes dans la conscience du combattant, du troubadour, du penseur. » (p. 402)

[4] Ces blocs sont des citations attribuées à Epicure, et donc à prendre au niveau extradiégétique. De même que ses autres lectures de la tour d’Ær citées par ) Sov , il s’agit en fait de citations d’auteurs essentiels pour Damasio. Auteurs que l’on retrouve tout au long de son œuvre, et auxquelles il prête les vertus « d’armuriers » au sens de Foucault que j’évoquais en introduction, c’est-à-dire la capacité à produire des livres-armes, utiles comme des outils de combat, des « blocs de connaissance » comme des pavés… à lancer ? ) Sov : « L’écrit pour moi n’avait qu’une fonction nécessaire d’enregistrement et de cumul des connaissances, en rien l’impact d’une expérience vécue. […] De ces quelques phrases, je ne tire pas un savoir supérieur, encore moins une stature d’ærudit, plutôt la sensation d’avoir en permanence en main, et comme à disposition d’âme, une arme de jet apte à refendre sans cesse mon crâne — ce cube d’os si prompt, sinon, à se clore. » (p. 184)

[5] Tout le monde couche avec tout le monde… dans la limite stricte de l’hétérosexualité.

[6] Les fiches préparatoires d’Alain Damasio révèlent le détail de chaque formation de contre. Permettant au Pack d’être protégé par le Fer, elles sont toutes optimisées pour la marche face au vent en fonction des situations classiques.

[7] Le père de π Pietro leur fera d’ailleurs ce sermon : « Avant vous, il y a eu trente-trois hordes qui ont donné leur vie pour que vous soyez là ce soir. Que vous le compreniez ou non, que vous vous croyiez les meilleurs de l’histoire, vous n’êtes avant tout que le produit terminal de huit siècles de contre ! Vos techniques, la trace que vous avez suivie, votre constitution physique elle-même sont l’incarnation de cet héritage, un héritage que vous avez su magnifiquement refondre, je vous le concède, mais restez sobres. » (pp. 147 & 146)

[8] Le cas de Steppe est particulier. En favorisant le végétal en lui, suite à un passage malheureux dans un chrone « anital » (p. 178) qui le fait passer du règne animal au végétal, le fleuron assume sa transition et se réinvente radicalement autre. Pourtant, cette métamorphose l’amène à littéralement prendre racine sur les contreforts de Norska. Son mouvement intime et personnel (influencé, il est vrai, par le chrone) l’amène à une certaine forme de fixité. ‹› Aoi cherchera à la conjurer en replantant une bouture en aval avant de, peut-être, réussir à le ramener à sa forme humaine ?

[i] Dialogues avec Claire Parnet, Gilles Deleuze, 1977.

[ii] Lire le chapitre VII. Epreuves personnelles, effort collectif.

[iii] Créer la communauté, La croisée des souffles, La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, Stéphane Martin & Colin Pahlish, Archipel Essais volume 18, Maison d’Ailleurs, Lausanne, 2013.

[iv] Voir le chapitre VII. a. Ce que peut le corps.

[v] Le Corps, Éva Lévine, Patricia Touboul, Flammarion (Corpus), 2012. Cité dans Créer la communauté, La croisée des souffles, La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, Stéphane Martin & Colin Pahlish, Archipel Essais volume 18, Maison d’Ailleurs, Lausanne, 2013.

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