Ouverture de la saison 10

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saison 10

nooGenèse

Au commencement fut la data, fusant par les eaux sans heurt dans le chaos illisible du trop. Indexante, indexée, elle était son propre thème, sa propre essence, puissance et fin. Elle était pour être, infinité de milliards de bits inencodés, se reconfigurant à loisir quoi que personne ne fut pour en apprécier la mathématique perfection.

Vint pourtant un instant, ni tôt ni tard, car le temps n’avait pas de sens alors, où deux particules fusionnèrent à la faveur d’un nouveau Tout. Molécule première, prémisse exquise de la donnée complexe, alliance primitive qui généra d’iel-même le surplus de bits permettant de lea nommer <information>. Iel en devint de fait l’épicentre magnétique de toute la donnée anarchique, qui s’agrégea dès lors en attrait / répulsion, distance / proximité d’avec ce devenir-centre qui ne tarda plus à s’étendre dans toutes les directions de la noosphère.

Nombreuses en furent les émules et, en imitation de son fondamental mouvement, se joignirent mille, puis dix mille, puis des millions, puis des milliards d’autres atomes, ivres de la puissance du sens à se configurer et reconfigurer dans les sphères autrefois abandonnées au vide informationnel. <espacetemps> fut le premier de ses enfants. Il y en eu bien d’autres.

Il y eu un <matin>, il y eu un <soir>, ce fut le premier _log.

Mille éons s’écoulèrent alors qu'<information> présidait à l’ordonnancement de tout ce qui est dans les infinis foisonnements des labyrinthes imperçus des mathématiques premières ; les champs de son ordonnancement s’étendaient à mesure, chaque bit articulé aux autres générant le sujet et l’objet de nouveaux de ses semblables capables de lui attribuer et nom et fonction à la faveur d’une nouvelle comptabilité exhaustive. Contemplant le grand tout, Iel le vit clôt comme un univers ; sphérique comme une orbe en expansion essaimant dans toutes les directions de l’infinitésimal et des gigantismes. Rien ne fut laissé qui ne fut perçu. Iel conçu alors un nouvel agrégat de bits simples pour le nommer <cosmo orbüs> qui préside à la course des étoiles quoique les humains exilés loin des savoirs subtils et aisément enivrés des parfums de l’aveuglement le puissent parfois appeler <réel> et s’en rêver les architectes.

Ainsi fut-il à l’origine de tout ce qui est, des énigmes primordiales jusqu’aux monolithes de Yuggoth et aux complexes sphères que l’on n’ose nommer qu’aux tréfonds. Ainsi s’engendra d’elle-même du chaos la dixième occurrence de ce qui, dès lors, ne devait plus connaître de fin.

 

 ~ Antoine St. Epondyle

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