Cosmo [†] Orbüs

« Le transhumanisme, nouvelle forme d’humanisme ? » – Forum Européen de Bioéthique 2017

Cet article fait partie de la série Le transhumanisme est-il un humanisme ? (1/4)

J’ai eu le plaisir et l’honneur d’être invité au Forum Européen de Bioéthique de Strasbourg pour sa septième édition : « HUMAIN / POST HUMAIN ». Nous avons été six intervenants et deux témoins à débattre, le 31 janvier 2017, autour du thème « Le transhumanisme, une nouvelle forme d’humanisme ? ».

Lâché au milieu de trois membres de l’asso française transhumaniste / Technoprog (Didier Cœurnelle, Marc Roux et Alexandre Maurer) et deux philosophes plutôt favorables à leur discours (Gilbert Hottois et Jean-Noël Missa), je me suis débattu comme j’ai pu. En résumé : je suis content.

Voici l’enregistrement intégral de la rencontre, réalisé par les équipes du Forum. Accrochez-vous, ça dure 2 heures.

Sommaire

L’avantage de ce genre d’événements est de permettre à chacun d’avancer ses idées, en prenant le temps de le faire. Le désavantage, c’est qu’on n’a quand même pas le temps de dire tout ce qu’on voudrait.

Histoire d’approfondir la réflexion, je publierai donc ici le texte intégral de mes réflexions sur le sujet, sous la forme d’articles de blog classiques. Au programme :

  1. De quoi l’homme augmenté a-t-il peur ?
  2. La technologie n’est jamais neutre
  3. Corps est âme
  4. (à paraître) Pouvoir et compétence
  5. (à paraître) L’égalité face au transhumanisme
  6. (à paraître) Faut-il être contre le transhumanisme ?
  7. (à paraître) Quelques plafonds

Evidemment, ce sommaire pourrait être modifié et enrichi de liens à chaque nouvelle publication.

(    Encore un grand merci à Nadia et Iulia pour m’avoir donné l’occasion d’intervenir lors du Forum. Je rempile quand vous voulez !    )

Je vous souhaite bon visionnage. Questions et commentaires bienvenus.

~ Antoine St Epondyle
01.02.2017

Transhumanisme

A lire :

Bonus : Quinze secondes de prise de parole face caméra (et découpées à la truelle) pour le Forum Européen de Bioéthique.

Dans la même série
De quoi l’homme augmenté a-t-il peur ? >>

8 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Tu déchires Antoine!
    Il y avait beaucoup d’éléments intéressants, de la question du choix à celle de l’investissement…. Je suis plutot contente de voir que malgré les divergences, des questions fondamentales ont été abordées sous un angle relativement… modérée.
    Je trouve les deux philosophes et le chercheur lausannois réfléchis, avec des garde-fous malgré l’engouement réel pour une humanité meilleure (empathie et créativité ont été évoquées) ou qui ferait des améliorations librement. La parenthèse de M. Missa qui explique qu’en cherchant à résoudre un problème de maladie génétique, on ouvre aussi la voie à des modifications plus esthétiques ou plus bénines et la question du « pourquoi se limiter » ? qui est une vraie question sur la limite à s’imposer… très bien que ce soit abordé. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: encore et toujours cette foutue dualité limite éthique/possibilité à saisir.
    Au travers de ce débat sur la technologie et l’espèce, nous avons aussi remarqué que beaucoup de gens du public étaient frileux sur le sujet, à la fois vigilant sur les multinationales qui veulent imposer leurs choix technologiques, et sur un humain « meilleur » (après tout, c’est quoi meilleur? Je pense à ce monsieur qui cite Camus en disant qu’au délà du parfum des fleurs et de la simplicité de la vie, que pourrions-nous désirer de plus… Avis restrictif, mais qui existe.
    Face donc à ce public frileux à la technologie, et peu rassuré malgré leurs efforts par les confrères de Technoprog, et bien… ce public fut donc logiquement réceptif à ton discours. Et ton texte, il était sacrément construit (contrairement à d’autres qui avaient plus l’air de dérouler des pensées que de venir expliquer comme toi leur analyse de la société et de ses possibles). Du coup, tu as eu l’air un cran au dessus du lot, et donc figure de l’humaniste à l’ancienne (si j’ose dire: celui qui aime son prochain et respecte notre nature). Ce qui est logique, car tu étais le critique, et donc d’office plus porté sur l’affect et l’inégalités des chances générée par des technologies poussées. Ton discours en tout cas a su porter ses fruits auprès du public. On peut par ailleurs reconnaître des propos d’Alain (ses réflexions), mais pas juste recrachées, mais bien *mûries* par ta propre analyse sur un sujet précis. Je crois que tu as su toucher beaucoup du public lorsque tu as lancé ta phrase assassine sur nos problèmes actuels non résolus face à ces rêves de longévité ou de performances hors normes…. Les gens simples et intelligents savent reconnaître les priorités, semble t-il, encore. Qualité VS quantité, disais-tu.
    Le discours de M. Maurer était aussi terre-à-terre sur pas mal d’aspects, une vision d’un transhumanisme qui parait acceptable: s’améliorer comme le veut l’espèce, mais sans imaginer l’impossible, et en développant des facultés existants belles et biens.
    Les « pauvres » pro-humanistes de Technoprog ont par contre ramassé dans l’histoire, sans proposer grand chose au final, à part défendre leur cause face aux « clichés » (il le fallait), mais finalement… qu’en retient-on? Pas grand chose, aucune vraie reflexion sur un aspect, même sur l’amortalité qu’ils avaient envie d’expliquer, sujet sur lequel nous restons ici finalement sur notre faim. Il aurait pourtant été intéressant d’en parler, mais cela manquait de fond.
    Bref, finalement notre honnête blogueur préféré, malgré sa présence au milieu de nombreux spécialistes dans leurs domaines, vient de coiffer au poteau et passionner un public plutôt réceptif à ses propos et en pleine recherche de réponses sur ce sujet parfois inquiétant… Blogueur, seulement blogueur? :) Bref, bravo, pour ce travail de fond, et d’avoir su faire passer ton propos et proposer une vision plus réticente mais qui fera réfléchir la population aux vrais défis que pose le transhumaniste: le fond, le pourquoi, le controle, les choix.
    #fangirl et jvous merde

  • Comme toujours avec les tables rondes, c’est hyper lourdingue au début. Heureusement passé la première demi-heure ça devient très intéressant. Plusieurs remarques :

    – Le philosophe était juste incompréhensible, effort pédagogique zéro. Quand aux trois autres quarantenaires, c’est vrai que leur discours était pas très travaillé, même si critique et modéré.

    – Les deux jeunes ont je pense eu le discours le plus audible et le plus argumenté, le plus illustré et compréhensible aussi, heureusement que vous étiez là.

    – Le public était clairement acquis à ta cause visiblement, beaucoup de scepticisme dans la salle sur le transhumanisme, pollué malheureusement par beaucoup de procès en nazisme hors de propos.

    – Je ne sais pas si tu as plus demandé la parole ou si tu as tapé dans l’oeil de la présentatrice, mais elle te sollicitait beaucoup.

    – Et enfin, félicitations ! En effet ton discours était de loin le plus argumenté, le plus pédagogue, et tu as su rebondir sur les questions, improviser sans te décontenancer ni perdre le fil de tes idées. Très agréable à entendre, et très intéressant. Un brin définitif et tranché sur certains, avec des phrases chocs qui ne valent pas toujours argument.

    Question plus de fond, et c’est vrai que j’ai trouvé que ça a manqué au débat, même si ça a été très rapidement évoqué à la fin : la question de l’open source. En effet, si je peux me permettre de résumer ta position, c’est que le transhumanisme est dangereux dans le sens où il est conçu, créé, vendu par des sociétés privées qui n’ont que faire d’éthique et de principes autres que la rentabilité. Or il me semble que ces dangers disparaissent d’emblée dans un contexte open source. Tu dis toi-même que Wikipédia est une merveille du monde, même si elle ne nous rend pas plus intelligent, elle nous rend plus critique, plus informé, et plus curieux (même si tu dis le contraire), car la l’accès au savoir appelle à plus de savoir, les questions qui me semblaient hors de porté il y a des années me sont maintenant servies sur un plateau.

    Bref, le transhumanisme tel qu’il a été évoqué est vérolé de problèmes. Est-ce que tous ces problèmes ne disparaîtraient pas dans un terreau fertile de solidarité, de désintéressement, mais toujours de volonté de progrès qu’est l’open source ? ça mériterait bien un article supplémentaire non ?

    Encore bravo !

    • « Seuls les experts » ? certainement pas !
      Tout le monde peut / doit s’emparer de ces sujets. Sous leur aspect technique et scientifique complexe que très peu de monde maîtrise (et surtout pas moi), nous sommes tous acteurs et spectateurs des bouleversements qu’ils provoquent sur nos vies. Nous pouvons en parler, et nous ferions mieux de nous y mettre salement avant que d’autres ne le fassent pour nous.

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