Cosmo [†] Orbüs
Cyberpunk Reality
Cet article fait partie de la série Cyberpunk reality (1/7)

« Ils prétendent s’acharner à bâtir un paradis.
Et voici que leur paradis est peuplé d’horreurs. »
– Watchmen

Introduction

La science-fiction est une philosophie de l’imaginaire sur laquelle se fondent des milliers d’œuvres, dans des genres parfois très différents. C’est un pilier de l’imagination collective dont la richesse est infinie.

On pourrait définir la science-fiction comme le postulat narratif selon lequel le surnaturel est exclu au profit des lois de la nature. J’entends par là que tous les éléments qu’elle met en scène, même exotiques ou incroyables, trouvent une explication rationnelle dans leur cadre de référence fictionnel. Point de magie, la science-fiction est un genre éminemment matérialiste.

On considère souvent le roman Frankenstein ou le Prométhée moderne, écrit par Mary Shelley et publié en 1818, comme la première œuvre du genre. L’histoire de la création par des moyens scientifiques d’un monstre presque humain (un homoncule) permet à l’auteur de proposer une réflexion profonde et universelle sur le sens de la vie, la nature humaine et la toute-puissance de la science. Bien plus qu’une « simple » œuvre de fiction, le roman se fait le vecteur de thèmes philosophiques majeurs, préfigurant tous les développements fictionnels qui s’ensuivirent.

Si les ramifications et les sous-catégories de la science-fiction sont quasiment aussi nombreuses que les sous-genres de heavy metal, leur pertinence devient également discutable passées les premières strates de définitions. Malgré tout, les courants principaux communément admis peuvent servir de base à la réflexion et à la discussion. Cyberpunk reality est dédié au sous-genre classiquement appelé « cyberpunk ».

Plusieurs très grands noms de la science-fiction participèrent à forger le cyberpunk. En littérature, on citera Philip K. Dick et William Gibson, les maîtres du genre. Ce fut également le cas de Enki Bilal, Alan Moore et Katsuhiro Ōtomo respectivement en bande-dessinée franco-belge, comics américains et mangas japonais. Au cinéma, on se devra de citer le Blade Runner de Ridley Scott, toutes les adaptations de K. Dick, la trilogie Matrix et le film d’animation Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Le jeu-vidéo, forme d’art en pleine invention, n’est pas en reste avec notamment les franchises Half-Life, Deus Ex et Metal Gear, dont les derniers opus développent en profondeur des intrigues et univers typiques du genre.

Le cyberpunk est un genre dystopique (ou contre-utopique) dont le nom trouve son origine dans le slogan punk « No Future! » des années 1970. Les auteurs cyberpunk se proposent de créer un univers parmi les pires imaginables et mettent en scène le futur dans ses versions les plus noires. L’humanité est généralement condamnée à une existence aliénée au sein de mégalopoles ultra violentes et polluées à l’extrême, gouvernées par des régimes totalitaires et des multinationales sans foi ni loi. Perdus dans cette fourmilière éclairée aux néons publicitaires, les personnages cyberpunk sont des anti-héros incapables de changer quoi que ce soit, en particulier de conquérir une vie meilleure en s’évadant de leurs enfers artificiels. Ils sont contraints, pour supporter l’aliénation de leur monde, de s’y enchaîner davantage par les drogues, la technologie et la fuite de la réalité.

L’esthétique du genre est très sombre, dégradée, brutale et réaliste. Les récits se construisent autour de la lutte contre la déshumanisation du monde, et de la révolte remettant plus ou moins profondément en cause le « système » ; c’est-à-dire l’organisation de la société basée sur le néocapitalisme sauvage et la domination totale d’élites ultra minoritaires. Car le cyberpunk est un genre foncièrement politique, employé par ses créateurs pour interroger le monde et prophétiser les dérives de nos civilisations postmodernes.

Si ce tableau très sombre relève largement de la fiction, il est marquant de constater aujourd’hui à quel point l’essence du genre trouve de nombreux échos dans notre monde actuel. Et si bien entendu la réalité n’est pas (encore) aussi sinistre, force est de constater que les points de comparaison ne manquent pas. Après plusieurs millénaires de civilisations humaines, serions-nous à l’aube de confirmer les pires prévisions de nos auteurs d’anticipation favoris ?

L’ambition de Cyberpunk Reality est de proposer des clefs de comparaison entre notre univers réel et la culture cyberpunk. Je vous invite dans les pages qui suivent à une descente « au fond du terrier du lapin blanc », au plus sombre de la science-fiction, en plein cœur du monde réel.

-Saint Epondyle-
Version augmentée, janvier 2015.

Sommaire

I. La chute des villes
II. Des machines et des hommes
III. Les rois du monde
IV. True lies
V. Conclusion

Bonus : Le temps des transhumains

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Converture : « Base. » par Guian Bolisay. Creative Commons CC BY SA 2.0

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