Cosmo [†] Orbüs

L’instant d’après

[Saint Epondyle présente
L’instant d’après]

Image : Minefos, par Moket (sa galerie)

Ce texte a été réalisé dans le cadre du projet 2, du site En Quête de Mots.

Jamais jusqu’alors il ne s’était senti aussi mal. Engourdi comme le lendemain d’un passage à tabac un soir de cuite, Wladek Kazhinski venait de passer quarante deux jours en sommeil artificiel. Tout en ouvrant gauchement le couvercle de son cercueil de plastique jaune, il tentait de rassembler ses pensées.

On appelait ces quelques minutes « l’instant d’après ». Le moment du réveil, lors duquel on avait l’impression d’être à peine tombé dans le sommeil depuis quelques secondes, tout en ressentant physiquement les désagréments de plus d’un mois de totale inertie. Impossible de s’habituer à cette sensation de fatigue extrême.

Titubant sur quelques mètres dans la cabine, Wladek commençait à se souvenir : Néo London, le voyage, l’équipage limité. Puis l’hibernation. On ne rêve pas en sommeil artificiel.

Déjà, la sonnerie stridente du téléphone par satellite se fit entendre ; avec la même violence pour Wladek qu’une balle de fusil tirée au contact de son oreille.

« – Oui ? demanda-t-il faiblement dans son micro-oreillette tout en se laissant tomber dans le vieux fauteuil de pilote ; éventré.
– Kazhinski ? demanda une voix grésillante.
– Oui Monsieur, je me réveille… à l’instant.
– Bon, Libovski n’a pas été capable de vous amener là où vous deviez arriver initialement. Vous devez rejoindre 102.12.8 par vos propres moyens.
– Ah, Wladek se remettait difficilement, les yeux toujours mi-clos, oui Monsieur, il a toujours eu du mal avec les coordonnées de pilotage…
– On s’en fout Kazhinski, la mission est maintenant de votre ressort, vous avez toutes les informations dont vous aviez besoin. A vous de jouer.
Sans laisser le temps à son interlocuteur d’assimiler tous ce qu’il venait de lui dire, Monsieur mit fin à la conversation.

Wladek s’était habitué au ton arbitraire de Monsieur, il ne s’en formalisait plus. Laissant tomber mollement l’oreillette sur le sol, l’officier ouvrit enfin les yeux sur ce qui l’entourait.

Comme lorsqu’il l’avait quitté, plusieurs semaines auparavant sur la plate forme orbitale de Neo London, la cabine de pilotage était un vaste et sombre espace métallique, qu’éclairaient de leurs lueurs blafardes les écrans des ordinateurs hors d’âge. Au fond de la pièce se trouvaient les trois sarcophages jaunes vif destinés à accueillir l’équipage lors des phases de sommeil forcé. Le premier sarcophage était occupé par Stanislas Libovski, son copilote ; le second était le sien ; et le dernier, destiné au troisième membre d’équipage réglementaire, était vide. Sur un vieux rafiot de onze mille tonnes comme l’Arkhangelsk, on en était plus à une infraction au règlement près, même si elle concernait un tiers de l’équipage.

L’inconvénient de cette organisation à deux équipiers, la sécurité mise à part, était le manque de contact humain. Pendant les huit mois de mission, les deux hommes alternaient les phases d’éveil et de sommeil forcé ; seul dans une mégalopole en ruine à bord d’un rafiot vieux comme le monde, sans jamais voir son équipier. Il y avait de quoi devenir cinglé.

Dans un coin aussi perdu que Paris, il était inutile d’essayer de capter Internet. D’autant plus que le navire n’était pas équipé des derniers systèmes de réception à onde ultra longues. Il y avait l’électricité et c’était déjà pas mal.

Heureusement, la vodka ne manquait pas.

Cette ville avait tout d’une cité fantôme. Quittée en masse par ses habitants après les événements du 24 décembre 2057. Une veille de Noël. Le « drame de Paris », comme on l’avait appelé dans les années qui suivirent, avait marqué la fin de la civilisation dans cette partie de la Terre. On ne comptait plus qu’un petit millier de villes habitées sur la planète, en Asie du sud-est pour la plupart.

Les immenses métropoles d’Antan, New York, Paris, Londres, Moscou, avaient perdu toute leur population. Elles étaient maintenant semblables à d’immenses cimetières de fer et de béton. Pas de zombi, de robot ou d’androïde ; seulement une absence de vie totale, sur une zone allant de l’Ecosse à l’Angola. Les seuls navires qui s’y aventuraient étaient les quelques désosseurs venus récupérer les matériaux qui pouvaient l’être, et les patrouilles gouvernementales qui assuraient le bon déroulement du pillage.

Paris n’était composée que d’immenses structures en métal et en béton noirâtre. L’endroit ne ressemblait plus à une ville, mais à un enchevêtrement de pylônes, de cubes, de pyramides, de cylindres métalliques et crasseux. Entre les tours suintait une brume persistante de pollution qui obstruait le ciel gris. Telles étaient les ruines d’une humanité décadente et révolue.

Alors que l’Arkhangelsk slalomait prudemment dans le brouillard, Wladek n’aurait pas pu deviner l’heure qu’il était ni à quelle altitude il se trouvait par rapport au sol. Malgré cet aveuglement, il pouvait se diriger avec une certaine assurance, en jugeant à l’œil de la direction. Se renversant entièrement dans son fauteuil de pilote grinçant, il prit une grande rasade de vodka. Après plusieurs années de navigation, il avait appris à supporter cette boisson synthétique en cubes lyophilisés. Le breuvage avait un arrière goût de céleri, ou peut-être de fenouil. Ca n’était pas bon, mais ça décrassait.

Wladek savait que d’ici quelques heures il arriverait sur les lieux de sa mission. Là, il aurait deux jours pour mener à bien un travail bien différent d’un simple désossage. Passé le délai des 48 heures, chaque minute ferait croître le danger.

Plutôt que de se perdre en conjectures, il valait mieux mettre un peu de musique et attendre de voir. Même si la musique « subversive » avait été interdite depuis longtemps, la cabine du navire était pleine de vieux disques de Pink Floyd, Queen et Led Zeppelin.

C’était interdit, mais si une patrouille décidait de fouiller le vaisseau, la musique serait vraiment le dernier de ses soucis.

St Epondyle – 2010 –
Pour En Quête de Mots

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22 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Epon ne t'inquiètes pas tu as toujours eu une bonne plume. Cette nouvelle te ressemble, j'aurais pu dire qu'elle était de toi, un univers post apocalyptique c'est un classique pour toi si je peux me permettre. C'est une bonne nouvelle. Le fait que tu en dises peu sur la mission et l'univers est frustrant mais j'imagine que c'est l'effet recherché. Le peu d'information donnés sur l'univers était il une contrainte dans le concours ? D'ailleurs comment ce fait le retour ? Sur la nouvelle en elle même je te l'ai dit c'est bien écrit mais tu es resté dans ts zone de confort. Mais comme j'en suis un amateur je ne vais pas te le reprocher. Good Job Epon.

    • Ton commentaire me va droit au coeur Alexander ! Vraiment !

      Je suis un peu surpris que tu parles de "classique", de "zone de confort", et autres "j'en suis un amateur". Comme c'est mon premier texte a proprement parlé, c'est quand même assez étrange. Mais j'imagine que je comprends ce que tu veux dire.

      Les contraintes de l'exercice sont rappelées ici. Pas d'obligation sur le côté obscur de l'histoire, c'est un parti pris personnel.
      Effectivement, j'ai opté pour un format assez court (une page informatique et demi), et j'ai tenté de rendre une impression et des bribes d'univers plutôt qu'une histoire.

      Content que ça te plaise en tous cas, et pour une première nouvelle, j'assume d'être resté dans mon élément. :D

  • Y'a pas de honte à rester dans son élément (j'ai fait pareil pour ma nouvelle), surtout que les contraintes se prêtaient bien à un univers comme tu le dépeins.

    Comme toujours un très bon sens de la narration, on ne décroche pas un instant entre le premier et le dernier mot. Quant aux bribes que tu veux bien nous faire partager sur cet univers, elles ne font qu'attiser un peu plus la curiosité. Si tu devais écrire une suite, je ferais partie de tes lecteurs !

    Simple question, je me demandais pourquoi tu as donné des noms si particuliers à tes personnages. (référence personnelle, parce que ça sonne bien, parce que c'est imprononçable ? ^^)

    • Merci de ton commentaire, je n’ai pour le moment que des retours positifs, et de la part de gens que j’estime beaucoup et que je considère comme des lecteurs dont l’avis compte. Si ça continue, je pense concrétiser mes autres projets d’écriture, mais pas une suite.

      Pour répondre à ta question, les noms de mes personnages sont polonais. En réalité il s’agit d’une habitude de jeu de rôle que j’ai, qui consiste à donner des noms germaniques, slaves, nordiques ou russes à mes personnages. Comme ça, j’évite les « Arrhëillun Gördahkan » et autres noms bidons qui ne riment à rien. Et puis la Pologne est un pays qui m’est très sympathique, sans que je m’explique pourquoi.
      Enfin, les noms slaves dans un univers post-apo, ça peut faire référence au jeu vidéo « Stalker, Shadow of Chernobyl ». Mais ça n’est pas forcément recherché.

  • À mon avis, humble et sincère.

    Univers post-apocalyptique (ou comment réparer l'apocalypse de ses dégâts) avec une impression très SF fait passer le dégoût (que je ressens) de l'apocalypse elle-même. Elle me rapelle des mangas du genre "Gumn", "AppleSeed" (pas sûr de l'exactitude des titres) ou, plus près de moi, l'univers de Enki Bilal (même s'il n'est pas trop futuriste.)

    Ton histoire est courte et vide mais elle offre des visions nettes et vastes du paysage ; où dormir est une corvée et parler, une plus grosse corvée mais où choisir d'être hors-la-loi ou patrouille ne se fait pas – faut prendre ce qu'il y a au passage, quitte à être des deux camps.

    La brièveté décrite m'a fait travailler les méninges et j'ai moi-même réuni un ensemble d'images imaginatives, qui pourrait coller à l'histoire. Et une intrigue qui incite à repenser à elle est une intrigue diablement bien écrite.

    • Salut Merquin, merci de ton passage par ici.

      A vrai dire, je ne sais pas tellement comment prendre ton commentaire. Le fait que mon histoire soit "vide" et "courte" est voulu, maintenant le fait d'être comparé à Gumn ou à Bilal est pour moi un honneur !

      La principale différence entre nos deux interprétations de cet exercice, réside dans la forme que nous donnons à nos "images" issues d'un futur indéterminé. Dans ton cas, tu fais le choix de donner de très nombreux éléments, quitte à inonder le lecteur, exactement comme il le serait s'il se retrouvait plongé dans cet univers, au milieu de ses personnages. De mon côté, je décris le ressenti d'un unique individu, seul dans l'immensité (ça pourrait rappeler Valérian), qui suit quelques pensés sans les mener à leur terme.
      Dans les deux cas, on effleure un monde, une situation, une trame qui a commencé et qui continuera avant et après notre passage. Néanmoins, les choix narratifs sont différents. C'est d'ailleurs toute la richesse de ce genre d'exercice d'écriture collective.

      Mais je passerai plus en détails sur ton site pour y donner un opinion plus direct et plus détaillé.

      • Comme une intro a une fresque post apocalyptique, ou un space opéra.

        Le contrebandier , l'ex veteran, ton Sf bien sur ,un peu desabusé

        Cadre littéraire – entre kdick (do androidsdreams…) pour le coté "gris et rouille " et aussi bilal(fresque ecolo avec des personnage dont les noms ont des sonorités russe/polonais)

        Pour donner mon avis ( je n'ai pas la prétention d'un critique littéraire – en vous lisant j'ai eu l'impression qu'elle était pourtant requise pour participer- )

        J'aime le style et j'aime l'histoire , Epondyle en fait beaucoup .. force le regard et l'immersion on sens le retour d'experience du JdR et moi j'adhere.

        Vivement la suite ; ya de quoi faire ..

        Mais dis nous " ô saint des saints", aurais tu l'audace de lancer un jeu concours "weberisé" de propositions de d'intrigue pour une (ou plusieurs) nouvelles sur cette base ?

        Le cas échéant je répondrais présent , et j'ai comme l'impression de ne pas être le seul à vouloir jouer..

        • Etre comparé à Bilal et K. Dick, c'est très flatteur et sans doute un peu excessif. Néanmoins j'en suis très heureux, même si ma petite nouvelle relève plus de la parodie ou du plagiat de ces grands auteurs.

          Ton avis est intéressant et bienvenu. S'il fallait être critique professionnel pour avoir le droit de donner un avis, le monde serait d'une grande tristesse et le web bien vide. Ce qui est d'ailleurs presque synonyme. ;)
          Je suis bien content que tu adhère, car je te connais suffisamment pour connaitre ta réputation de critique impitoyable, et pour savoir que tu ne dirais pas de bien de quelque chose sans le penser. D'autant plus sans y être obligé.

          Néanmoins, je ne ferai pas de suite, puisque j'ai rédigé ce récit comme un morceau autant suffisant, bien qu'un peu frustrant, je suis d'accord. Quant à cette idée de concours, je ne suis pas du tout parti sur cette optique. En effet, mon texte est déja une participation à un concours, et si je compte participer aux prochains défis d'En Quête de Mots, je ne vais pas lancer de concours de suite à partir de celui ci.

          Ceci étant dit, si vous souhaitez (Dluminus et les autres) proposer des suites à L'instant d'après, ma foi je suis tout à fait d'accord pour les publier à votre nom sur Cosmo.

          Merci encore de ton avis, et laisse moi te dire que je suis très content de voir que tu viens sur le site ! Reviens aussi souvent que tu le souhaite !

  • Salut!
    Je ne souhaite pas être indélicat, mais les trois premiers paragraphes ne sont-ils pas directement pompés du film Avatr de James Cameron???

    • Pas directement pompés, mais effectivement la situation initiale est assez inspirée de cette introduction. La phrase "on ne rêve pas en sommeil articifiel" est un clin-d'oeil direct. Bien vu Mr Covert. ^^

      Merci beaucoup, n'hésite pas à t'inscrire au concours pour écrire la suite ; tu y sera le bienvenu, Harry.

  • Une nouvelle qui peut paraitre un peu sombre mais qui demande que l'on s'y interresse de plus près. Je ne suis pas une experte en littérature et écriture, je n'ai que 14 ans. Je ne saurais jamais écrire de nouvelle comme celle que tu viens de proposer. Ton idée de concours d'écriture qui porte sur la suite que doivent imaginer les paticipants est effectivement exelente comme la affirmé le dernier commentaire. En tout cas, je sens que tu as un fort potentiel dans ce genre d'écriture et malgré que je ne suis pas sure de m'inscrive pas à ton concours, je serais ravis de lire les suites que l'on te propose. Merci de m'avoir transporté dans le monde post-apocalyptique de ta nouvelle. J'esserais tant bien que mal de t'écrire une suite.

    • Ton commentaire me fait grand plaisir et me touche. Mais sache que je n'ai jamais appris à écrire de manière académique ; j'essaie simplement de faire de mon mieux. En l'occurrence, et même si tu n'as "que" 14 ans, je serai ravi et honoré que tu accepte de participer au concours afin de proposer une suite à ce petit essai.

      Si tu as un clavier, et l'envie de t'y mettre ; le reste n'est que littérature. hu hu hu !

  • Merci beaucoup de ton commentaire. Je sais que je suis jeune er quelqu'un d'autres m'aurais ri au nez je le sens. Si je réussis à faire une suite, je te l'enverais volontié. Bonne chance à toi.

  • Je suis ici suite à ta rediff twittée ce jour. Je me suis empressé de lire le début de l’article parce que j’étais appâté par l’idée d’un concours d’écriture. J’arrive juste 1 an trop tard :(

    J’ai tout de même lu le début de ta nouvelle, mais en 2 fois. La raison est la suivante : je ne savais pas où j’étais. Le pitch nous permet de nous identifier à Alien ou Avatar mais la géographie (Paris, les capitales connues) nous circonscrit dans une zone limitée où le besoin de sommeil ne fait plus de sens (le sommeil artificiel étant essentiellement prévu dans la culture générale SF comme un moyen de « raccourcir » les durées de trajet sur les longues distances).
    D’autant qu’on parle d’un vaisseau de 11 000 tonnes dans les années qui suivirent 2057, ce qui n’est pas banal mais que tu lui attribues ensuite le qualificatif de vieux. Ce qui est d’autant plus perturbant :)

    Enfin, dans un texte court, il faut le plus possible prioriser l’avancée de l’histoire. Hors ici, point d’indication précise sur la mission. Et puis pourquoi des patrouilles pour réglementer du pillage ?

    • Dommage pour le concours, mais on en refera d’autres !

      Je comprend ta critique et je t’en remercie car elle est constructive. Effectivement, si on commence à reprendre les dates avec exactitude, ce texte serait plus à prendre comme une uchronie. Un peu comme dans le film Prometheus, qui place son action spatiale en 2091. Que ce soit en JdR ou en écriture, je place toujours la rigueur à ce niveau après l’ambiance.
      Effectivement mon idée dans ce texte déja ancien était de tirer un extrait de vie, ses réflexions et son ambiance plutôt que son action. Si tu regardes dans la catégorie « Cosmofictions » tu verras que c’est un peu toujours le cas dans mes nouvelles. Je suis plus dans la contemplation, et le nombre -très- réduit des personnages. Les nombreuses informations données sur le monde, la mission etc. sont justement présentes dans cette idée : suggérer sans montrer, pour faire marcher l’imagination.

      J’aime beaucoup de ta critique constructive en tous cas ; j’espère pouvoir continuer à progresser ! Je suis en train de lire un roman de Jean-Philippe Jaworski qui me fait dire que j’ai une très très grande marge de progression. :)

      Merci à toi !

      • Effectivement s’il s’agit d’un modèle uchronique, la datation importe peu. Toutefois, cela met encore plus en lumière une faille d’écriture qui, si elle m’a fait sourire, ne permet pas le lecteur de s’imprégner à 100% de ton univers.

        Je m’explique. Ici :
         » Elles étaient maintenant semblables à d’immenses cimetières de fer et de béton. Pas de zombi, de robot ou d’androïde ; seulement une absence de vie totale, sur une zone allant de l’Ecosse à l’Angola »

        Le rajout de « Pas de zombi, de robot ou d’androïde » qui voudrait être descriptif mais qui ne l’est pas, est, à mon sens, l’expression de ce que tu ne voudrais pas que tes lecteurs voient dans ton univers. Tu leur dis en substance : mon univers n’est pas fait de cela, comme vous auriez pu vous attendre. Alors que par le format que tu choisis, tu pourrais Écrire Simplement ce qu’est ton univers. « Désert de vie » ou « monde immobile aux brouillards creusés de mastodontes hors d’âge » (ce ne sont pas de suggestions hein – simplement ce que moi j’aurais pu mettre pour éviter que la description de ton univers ne devienne une conversation avec ton lecteur :) )

        En bref, préférer dire ce que l’on voit plutôt que ce que l’on n’y voit pas.

    • Pas de problème, j’aime pinailler. :)
      Une petite précision : ce texte à été écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture collectif (lien dans l’article), la consigne précisait que l’on devait écrire un texte de SF mais  » Pas de zombi, de robot ou d’androïde ». En reprenant la phrase telle quelle, je respectais la consigne tout en faisant un clin d’oeil aux autres participants.

      Ceci étant, ça n’enlève rien à la pertinence de ta remarque.

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