Cosmo [†] Orbüs

J’ai abandonné Les Ecrinautes

[Ecrire, c’est se confronter quotidiennement à l’échec.
– Karine Tuil]

Après avoir lancé ce challenge d’écriture en novembre, les habitués s’en sont rendu compte, je n’ai plus écrit pour Les Ecrinautes depuis des mois. Etant donné l’objectif de publication régulière, et le rythme auto-imposé, il faut bien appeler ça un échec.

Vous l’avez peut-être compris, je suis submergé depuis quelques mois par les obligations de toutes sortes. La première moitié de l’année 2014 aura certes été égayée ça et là par de brillants soleils, elle a également parfois atteint des summums de brutalité. Faut-il y voir un signe du vieillissement précoce de ma carcasse sénile ? J’ai de plus en plus de mal à me remettre sur pieds après une période de frénésie, et l’accumulation de la privation de sommeil finit par dessiner dans ma tronche blafarde des crevasses violacées que je n’ose plus appeler cernes.

Ces derniers temps, l’écriture a été difficile. Parfois un calvaire. Une obligation que mille raisons rationnelles, la santé en premier lieu, tendaient à me faire abandonner. Je tins pourtant aussi bon que possible, préférant honorer le sacro-saint rythme d’une publication (même légère) par semaine plutôt que risquer une longue période d’inactivité, pernicieux prélude d’un abandon définitif du blog. Je publiais donc ces derniers mois quelques textes insuffisants à mes yeux, gravissant les marches de la longévité bloguesque -à l’encontre de ma santé mentale et physique- comme autant de Golgotha hebdomadaires.

Dans ce contexte, l’écriture de fiction n’a pas suivi. Les Ecrinautes ont échoué.

Comme j’y reviendrai peut-être plus tard, l’écriture m’est un exercice difficile lors duquel je m’arrache de trop pesantes tournures et de trop approximatives démonstrations en tentant de transcrire des pensées incohérentes. L’inspiration et l’envie de m’exprimer sur un sujet sont des choses très erratiques, imprévisibles et encore moins contrôlables. A moins d’avoir de bonnes idées et l’envie (parfois dévorante) de les développer, je n’arrive à rien. Alors faute de temps je note tout, je commence des articles en vrac et les termine parfois, juste avant de les publier. Mais me forcer à pondre de la fiction à date fixe m’a été impossible sur la durée.

Alors qu’apprendre de ce renoncement ? En premier lieu, je reconnais d’autant plus de mérite à Neil Jomunsi et son Projet Bradbury. Inspiré de ce défi incroyable, Les Ecrinautes m’ont permis de comprendre la difficulté à laquelle il se soumet depuis des mois, en écrivant une nouvelle par semaine. Alors bien-sûr nos aspirations sont différentes et sa quête à lui s’approche plus de la conquête de soi que ma petite envie de jouer à l’écrivain. Il n’empêche, mon propre échec aux Ecrinautes me fait prendre la mesure de son combat, et la gloire de son succès. Félicitations copain, et tiens bon !

J’ai également compris de ce renoncement que je ne me rêve pas romancier. Je suis un mauvais conteur. Dans mes nouvelles comme mes jeux-de-rôles, j’aime travailler l’atmosphère avant tout ; en l’associant à quelques idées originales quand même. Mais je suis nul en scénarisation, en invention de personnages, en conception d’univers. Si j’adore écrire, je suis avant tout un chroniqueur. Peut-être bientôt, un essayiste.

Lorsqu’on cède compulsivement à toutes ses envies, il arrive que certaines se dégonflent en cours de route. Mais le fait de ne pas poursuivre ce challenge ne m’empêchera pas de continuer à écrire, bien au contraire. J’ai aujourd’hui plus de cent vingt brouillons enregistrés sur Cosmo, et parmi eux quelques histoires de fiction qui finiront bien par sortir tôt ou tard. J’achève avant son terme ma participation aux Ecrinautes avec quelques regrets, mais pas trop d’amertume. Je m’apprête à clore la Saison IV du blog et à profiter du mois d’août pour restructurer mes attentes à son sujet ; tout en m’adonnant à quelques gros, très gros projets.

Déjà, le clavier me démange.

-Saint Epondyle-

~Cet article a été rédigé dans le cadre du challenge Summer of Fail : l’été de l’échec.~

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