Cosmo [†] Orbüs

[Chapitre premier] Genèse

[Le dormeur, s’est éveillé !]

Tout commença un obscur jour d’été en l’an de grâce 2003, quelque part en Basse Normandie, où je passais mes vacances en famille. Ayant finis mon année de Quatrième, je m’apprêtais à entrer en Troisième.

Collégien de base, j’étais comme beaucoup de mouflets de mon âge relativement sensible aux jeux vidéos et aux films et séries issus de la médiaculture globale. Je citerais en particulier WarcraftStarcraftBaldur’s Gate et Morrowind. J’avais déjà été relativement familiarisé aux univers d’héroïc-fantasy par les cartes Magic (Wizard Of The Coast), dont j’étais un joueur et un collectionneur fervent, tout comme mon frère et mes cousins. Toutefois, même en étant passionné par les cartes Magic, je souhaitais me diversifier. Je me cherchais une réelle passion, sans le savoir réellement, praticable avec les gens de mon âge de manière régulière, car je jouais somme toute assez peu aux cartes. C’est tout naturellement que je réfléchissais à me lancer dans l’aventure passionnante mais pécuniairement délicate que constituait (et constitue toujours) le jeu de figurines star, créé et distribué par Games WorkshopWarhammer.

Or, les moyens financiers dont je disposais du haut de mes quatorze ans ne me permettaient pas de me lancer dans cette nouvelle activité sans une réflexion préalable, posée et attentive. En effet, la conception d’une armée de Warhammer demande d’acheter les figurines, dont certaines sont très chères et de les peindre avec minutie et exactitude par rapport à l’univers du jeu. Suffisamment de temps et d’argent seraient potentiellement investit dans cette activité pour me faire réfléchir avant de passer à l’acte. L’idée de pouponner ma petite armée, de la faire évoluer avec le temps et d’affronter celle de mes amis me plaisait vraiment, c’était pour moi le stade supérieur des cartes, puisque cette fois les armées étaient visibles et matériellement existantes plutôt que simplement dessinées sur des cartes. D’autre part, il faut avouer que le jeu en question était très à la mode au collège.

Après être allé plusieurs fois dans des boutiques spécialisées dans les Warhammer à Rouen, j’avais conclu que c’était bien le jeu auquel je voulais jouer ; et décidais donc de passer à l’achat d’une troupe et de la faire évoluer avec le temps.

Je me rappelle fort bien de cette nuit, où je dormais sur un matelas pneumatique en vacances, au pied du lit de mon grand frère. En effet, lors de cette nuit d’été, toute la famille était réunie dans une seule maison et la place manquait. Toujours est-il que dans l’obscurité de la chambre, j’exposais mon projet non encore concrétisé à mon grand frère. Quel ne fut pas le revirement de situation salvateur que cette discussion allait engendrer !

En effet, Frost m’expliqua longuement son point de vue sans concession sur le jeu Warhammer ; il m’exposa l’aspect marchand du jeu en question, qui pousse les joueurs à racheter toujours de nouvelles figurines hors de prix sous peine d’être exclu du cercle des « vrais fans », il souligna qu’au bout de quelques mois j’aurai fait le tour des autres joueurs de mon entourage et que je devrais rejouer indéfiniment les mêmes parties jusqu’à me lasser, enfin, il ajouta qu’il avait déjà joué aux Warhammer et que les règles du jeu étaient approximatives, irréalistes et basées de manière trop importante sur la chance. Son avis ayant toujours été très important pour mes choix, je tombais des nues et perdit quasiment d’un coup mon entrain pour le jeu. J’ouvre ici une petite parenthèse pour préciser qu’aujourd’hui, j’ai pratiqué une fois ce jeu et qu’effectivement, Frost avait raison sur un grand nombre de points. On notera également que certaines de ces figurines en métal coûtent vraiment des prix exorbitants. Je ferme ici la parenthèse.

Après avoir sans le savoir démonté un de mes gros projets du moment, Frost embraya en m’expliquant un jeu auquel il avait joué récemment : « Comme Baldur’s Gate II, mais pas sur ordinateur. » Un de ses amis de toujours, Pix, l’avait initié avec d’autres de leurs amis à un jeu de rôle dont je ne connaissais rien : Donjons et Dragon 3. Là dessus Frost m’expliqua en détails sa partie en une séance, les interactions entre les personnages, les intrigues, le Meujeu…

A ce moment, le JdR fit son entrée dans ma vie où, chanté par les Walkyries des âges anciens, je l’attendais depuis toujours sans toutefois en avoir conscience.

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