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Pris dans la Toile #4 : Strandbeest

Theo Jansen - Generator Strandbeest, par de_buurman

Theo Jansen – Generator Strandbeest, par de_buurman

[Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les vents.
– Alain Damasio, La Horde du Contrevent]

Theo Jansen est un artiste néerlandais, entièrement consacré à la création d’une « nouvelle forme de vie » depuis 1990. Pris dans la Toile aujourd’hui, les grandes sculptures cinétiques mues par la force du vent du projet Strandbeest.

Physicien et sculpteur, Jansen a du innover sur de nombreux plans pour permettre à ses animaux artificiels de se déplacer et d’affronter les intempéries de l’extérieur. A partir de tubes en plastique, l’artiste créé ces grands squelettes éoliens, et les adapte à leur environnement. Leur mode de déplacement est par exemple basé sur des dizaines de petites pattes plutôt que des roues, et ainsi parfaitement adapté au sable de la plage. Derrière leurs mouvements simples, on devine le tour de force mécanique nécessaire à la création de ces « Strandbeesten ».

On a l’habitude de voir des prouesses techniques en tous genres, mais cette idée complètement désintéressée, sans aucun autre objectif que de créer de grands « animaux » mouvants le long de la grève à quelque-chose de profondément poétique. A défaut d’avoir pu l’admirer de visu, le résultat filmé rappelle autant la poésie d’Alain Damasio dans La Horde du Contrevent que les créatures fantasmagoriques des films d’Hayao Miyazaki.

Au delà de l’esthétique, le projet StrandBeest pose la question de la définition de la vie. Theo Jansen l’affirme, ses animaux squelettiques sont nouvelle forme du vivant, rudimentaire certes, mais capable de se mouvoir avec autonomie et nourrie d’énergie éolienne. A force de perfectionnement, il se prend même à rêver de les laisser un jour prendre leur autonomie, en les lâchant dans la nature pour vivre leurs vies au grand air.

-Saint Epondyle-

Theo Jansen parle de son projet (8 min)
Le site de Theo Jansen
Le projet sur Flickr

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4 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Pour avoir eu l’occasion de voir une ou deux de ces oeuvres, ce ne sont pas celles qui m’ont le plus fait m’interroger.

    Je trouve la problématique plus prégnante quand il s’agit de robots-outils, bien plus répandus (usines et autres) mais potentiellement capables de fabriquer des pièces et les assembler pour fabriquer une machine identique à eux-mêmes. (ou même pas, juste fabriquer une machine).

    Malgré leur complexité et leur beauté intrinsèque, les oeuvres que tu présentes ne sont jamais que des voiliers sur pieds. (ce à quoi on me répondra peut-être qu’un voilier nécessite un skipper… en principe, oui. Mais il suffit de régler les voiles et de bloquer le gouvernail pour qu’il fasse sa vie tout seul… exactement comme ces machines)

    • Tu as raison sur les robots-outils capables « d’engendrer » en se créant eux-mêmes, si l’on peut dire.
      Ceci dit, c’est plus leur poésie qui m’a marqué dans ce projet-ci, je ne connais pas les autres. Et même sil « suffit » de créer des voiliers sur pattes pour faire des Strandbeest, le fait de le faire complètement gratuitement, juste pour créer du beau et en parler comme des êtres vivants, ça m’émeut beaucoup. :)
      Merci de ton commentaire en tous cas.

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