Cosmo [†] Orbüs

Navet, nanar

[- Philiiippe ! Je sais où tu te caches ! Viens ici que je te bute enculé !
– Ta gueule ! Viens ici sale enculé !
– Salaud !]

Dans l’ensemble des oeuvres cinématographiques qui nous arrivent par container chaque année, il convient de distinguer deux catégories particulières : les navets et les nanars. Malheureusement amalgamées, ces catégories sont pourtant très différentes et s’interpénètrent en continu.

  • Peuvent être considérés comme des navets les films nuls, ennuyeux, sans imagination, déja-vus, et donc totalement dénués d’intérêt.
    On pourra par exemple citer l’ensemble des block-busters à deux francs qui n’innovent pas mais se contentent de réutiliser des recettes efficaces au niveau commercial (Spiderman 1, 2, 3 et suivants, Iron Man, Benjamin Gates). Mais aussi les films qui misent leur réussite sur l’absence d’exigence de leur auditoire (Transformers 1, 2, 3 et suivants) ; ou encore les adaptations qui recopient pas-à-pas l’oeuvre dont elles sont issues afin d’en récupérer le lectorat conquis d’avance (Narnia, Twilight)…
    En fait de navet, les exemples et les catégories ne manquent pas et se renouvellent sans cesse. Qu’Hollywood créé un succès cinématographique et commercial (Harry Potter), et Hollywood se chargera de le duppliquer à l’infini, jusqu’à épuisement totale des ressources en la matière (Narnia, Twilight, Percy Jackson (le voleur de foudre), l’Apprenti Sorcier…).
    Le navet est donc le film que l’on s’ennuie en regardant, un film qui peut avoir un très gros budget mais généralement pas plus.
  • Le nanar ou « mauvais film sympathique », est une catégorie très différente et largement plus bas-de-gamme que le navet. Les nanars sont tous les films de série B à Z et suivantes, totalement fauchés et essayant désespérément de plagier leurs aînés. Ces films là par comparaison, sont dotés d’une imagination sans limite !
    Qu’il utilise des ninjas, des zombies, des soldats, des flics, des monstres ou de quoi que ce soit d’autre, le nanar garde toujours cette saveur si particulière, cette absence totale de charisme et de moyens qui l’enchaîne au fond du gouffre. Curieusement, comme on peut le constater par une visite détaillée du site Nanarland.com, les auteurs se sentent capable d’assumer toutes les fantaisies en dépit d’un manque affligeant de moyens. Tel est donc le point commun entre les batailles épiques crocodiles/ninjas et les aventures de homme élastique philippin, pour ne citer que ceux ci.
    Pour qui sait l’apprécier, le nanar n’est pas une seulement une daube cinématographique, c’est un trésor d’acteurs mauvais, de dialogues risibles et de doublages ratés. Il doit donc être savouré pour ce qu’il est : un bon film à deux balles.

Pour conclure, et pour que chacun comprenne bien que mon entrée en matière est une citation, voici la vidéo-phare de Nanarland : le dialogue le plus fin du 7° art, issu du film culte Hitman le Cobra.

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3 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • La différence entre le navet et le nanar tient aussi dans le degré de honte qu'on peut avoir à connaître des répliques de ces films.
    Dans le cas du navet, on s'abstient de les citer pour éviter de montrer qu'on connaît. Dans le cas du nanar, on le fait volontiers sauf quand la situation sociale nous en empêche, notamment quand on est caissière et qu'une dame cherchant son mari s'arrête devant la caisse et se met à crier "Philiiiiiippe !"…
    J'en ai eu les larmes aux yeux de ne pas pouvoir rire.

  • comme je te le disais j'aime bien les nanards,
    d'ailleur , j'ai fait jouer il y a quelques mois un petit WUSHU: "Américans héros never die" où Mc Gyver, Barracouda, John Mc lane, Cordel Walker et le Professeur Junior Jones (96 ans) combattent les extraterrestres ( des Ewoks). J'en dis pas trop plus car je vais essayer de le refaire jouer pour le perfectionner et de le proposer à un Mag de JDR. peut etre qu'ils le mettront dans le numéro d'avril.

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