Cosmo [†] Orbüs

Sleeping With Ghosts | Placebo

L’album, qui n’est pas une pub pour un jeans.

[Soulmate dry you eyes,
’cause soulmates never die.
– Placebo, Sleeping With Ghosts]

C’est peu dire que le quatrième album de Placebo, sorti en 2003 est pour moi un album particulier. En effet, ce fut l’un des premiers que j’achetais par moi-même, du moins sur l’impulsion d’un vrai goût musical. C’était à cette époque où j’avais quinze ans et où on achetait encore la musique ; pour les finances d’un collégien elle représentait même un investissement non négligeable.

Sleeping With Ghosts donc est un petit bijou de rock alternatif, comportant un certain nombre de titres cultes. Sur à peine treize pistes, le groupe propose un grand nombre de variations autour des thèmes des relations et des souvenirs. Des sujets directement inspirée de la propre vie et des sentiments de Brian Molko, dont on imagine sans peine les circonvolutions mentales et sentimentales. Ce sont les fameux fantômes -ceux de nos relations- évoqués dans le titre, que nous transportons avec nous à chaque instant, qui s’accumulent au long de la vie, et ne disparaissent jamais.

Musicalement, Sleeping With Ghosts opère une rupture par rapport aux albums précédents. Les sonorités empruntent plus volontiers au registre électro et pop, et s’enrichissent de ces apports tout en conservant intacte l’identité musicale du groupe. A mon avis, ils la renforcent même.

Toujours aussi nasillarde, la voix si particulière de Brian est supportée à la perfection par une instrumentalisation très travaillée, dans une richesse de registres différents. Alors que les tubes les plus connus comme The Bitter EndProtect Me From What I Want et This Picture sont très accessibles grâce à leur côté pop/rock, certains morceaux un peu plus confidentiels sont également très riches et encore plus intéressants lorsqu’on prend le temps de s’y pencher. C’est par exemple le cas de Something Rotten et de Special Needs, balades planantes aux rythmes entêtants, ou de l’excellent Sleeping With Ghosts au riff magistral, paradoxalement peu connue alors qu’elle donne son nom à l’album. Malgré cette diversité la setlist reste véritablement cohérente, et chaque piste aborde un type d’émotion lié aux souvenirs au travers d’une musique typée et personnelle, capable de s’adresser directement à l’intime.

Dans sa version collector, l’album était accompagné d’un titre bonus, une traduction en français de la chanson Protect Me From What I Want, et d’un disque additionnel comprenant dix reprises. On y trouve quelques perles comme la magnifique reprise du Where Is My Mind des Pixies et une adaptation de La Ballade de Melody Nelson de Serge Gainsbourg notamment. Enfin, le titre Running Up That Hill originalement composé par Kate Bush est également devenu un classique du groupe, joué dans la majorité de ses concerts.

Placebo fait partie de mes amours musicaux de jeunesse. Si je découvrais le groupe pour ses tubes pendant mon adolescence, j’y ai trouvé par la suite toutes les raisons d’y rester fidèle. Autant dans les thèmes qu’il aborde que dans son univers musical unique, il m’accompagne depuis longtemps, de façon plus ou moins présente selon les périodes. Un peu comme ces fantômes évoqués dans l’album, qui vont et viennent, nous accompagnent et façonnent qui nous sommes. Echo rock d’une période chaque jour un peu plus lointaine, Sleeping With Ghosts est pour moi un classique, tous genres confondus.

-Saint Epondyle-

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