Cosmo [†] Orbüs

Imaginaerum | Nightwish

La couverture de l'album, du kitsch comme on aime.

[I see all those empty cradles and wonder,
If man will never change.
– Nightwish, Song of Myself]

Sorti en décembre 2011, Imaginaerum est le septième album de Nightwish et le second réalisé avec la chanteuse suédoise Anette Olzon. Ecrit comme une histoire unique plutôt que comme une suite de morceaux isolés, l’album raconte la vie d’un vieil homme et de sa recherche onirique du pays de son enfance. Un thème intéressant et empreint de nostalgie, à l’heure ou de nombreux fans se sont détournés du groupe dans les dernières années. Pour moi, la découverte de cet album était également l’instant de vérité lors duquel je pourrais enfin savoir si j’avais eu raison de défendre bec et ongles le groupe depuis sa séparation d’avec Tarja Turunen.

L’album Dark Passion Play fut un tournant pour le groupe en tant que premier album réalisé avec la nouvelle chanteuse. Malgré quelques maladresses et un traumatisme évident lié à ce changement brutal pour les amateurs du groupe, il laissait toutefois entrevoir de bonnes perspectives, plus folk, malgré un risque d’essoufflement du genre. Imaginaerum fut donc confronté à sa sortie aux attentes monumentales de la communauté. Et autant vous dire dès maintenant que dans mon cas, les attentes furent plus que comblées.

Le groupe, visiblement dans sa période bleue.

Ce septième album de Nightwish refonde les bases de l’univers musical et esthétique du groupe, au travers d’un ensemble de treize morceaux aussi variés que cohérents.  Si la voix d’Anette est moins lyrique que celle de Tarja, la musique n’en souffre pas puisque l’ensemble de ses textes ont été écrits pour elle par Thuomas Holopainen, le leader, compositeur et claviériste du groupe. Inspiré par la musique traditionnelle scandinave, celte et par l’héritage classique du heavy metal, l’album décline les différentes facettes d’un univers onirique entre les balades presque jazzy (Slow, Love, Slow), les envolées lyriques (Song of Myself) et les pistes plus heavy, dans l’ancien genre du groupe (Storytime). De nombreuses innovations sont présentes dans l’instrumentalisation des morceaux, puisqu’aux voix d’Anette et de Marco Hietala le bassiste s’ajoutent de nombreux instruments classiques et traditionnels, ainsi que des choeurs d’enfants dans certaines chansons. A noter qu’une version instrumentale de l’album existe également dans son édition collector.

Lorsque se cumulent ces nouveautés dans un seul et même morceau, comme I Want My Tears Back, on comprend que le groupe s’est offert beaucoup plus qu’une nouvelle chanteuse, et dépoussière d’un seul coup sa musique et son image. Si l’on a pu craindre que le changement de la figure emblématique de Nightwish ne relègue le groupe dans les archives du passé, Imaginaerum prouve que celui-ci à encore beaucoup à dire.

Cela faisait longtemps qu’un album ne m’avait pas mis les larmes aux yeux. Avec Imaginaerum, le groupe opère non pas un bon coup commercial et une reconversion réussie, mais une renaissance artistique et esthétique à tous les niveaux ; pour notre plus grand bonheur.

-Saint Epondyle-

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Un seul commentaireVous en pensez quelque-chose ?

  • J’ai adoré l’album aussi. Je n’ai jamais été contre le changement de chanteuse, ça permet que le groupe se renouvelle et rebondisse.

    Par contre, je trouve un peu bizarre l’orientation visuelle légèrement steampunk de l’album, ça ne me déplaît pas mais j’espère qu’il y aura une progression ou une diversification par la suite.

    Sinon pour les morceaux, j’adore le genre de storytime, je trouve dommage qu’il n’y en ait pas une chanson de ce genre en plus dans l’album.

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