Cosmo [†] Orbüs

Thomas Fersen

[Je voletais dans les ténèbres,
A l’allure d’un convoi funèbre,
Je goûtais l’air de la nuit,
Je ramais sans faire de bruit
Dans l’épaisseur du silence,
Lorsque je fus ébloui,
Par une chaude incandescence,
Qui émanait d’un beau fruit.

Ma mère m’avait prévenu :
« Méfie-toi des ampoules nues,
Ne t’approche pas de ces globes,
Qui mettront l’feu à ta robe.
Les papillons insomniaques,
Y trouvent un aphrodisiaque,
La mort est au rendez-vous,
Au mieux tu deviendras fou.

– Thomas Fersen, Pégase]

Si la chanson française actuelle devait se limiter à un seul interprète, je serai déchiré à l’idée de devoir choisir entre Thomas Fersen et Damien Saez. Là ou le second s’énerve, le premier joue sur les mots ; là où Saez se base sur le monde réel pour écrire ses chansons, Fersen écrit à partir de son propre imaginaire, particulièrement riche.

Thomas Fersen est un auteur-compositeur-interprète aux atouts multiples. Capable à la fois de mener des chansons avec toute l’instrumentalisation classique de la chanson française, il s’essaie également à un minimalisme de bon ton, avec son seul ukulélé pour appuyer sa belle voix rauque.

Outre cet aspect technique, Fersen compose des textes particulièrement savoureux et imaginatifs, qui nous emmènent toujours dans des univers particuliers à des époques surannées et poétiques, pleines de charmes. C’est ainsi qu’on peut par exemple suivre la romance entre une chauve souris et un parapluie (La Chauve Souris), les pensés d’un conscrit aux cabinets (Marie-des-Guérites), ou la passion mortelle d’un petit papillon de nuit pour une ampoule allumée (Pégase). D’une chanson à l’autre, les univers changent, les rôles alternent et le décor se plante différemment. Chaque titre est donc une immersion dans un monde nouveau, plein d’images, d’humour et de poésie.

Dire que ce musicien appartient à la Nouvelle Scène française serait un peu hasardeux, puisque Fersen arpente les salles de la francophonie depuis de nombreuses années et est à l’origine de huit albums studio et trois albums live. Il reçut la Victoire de la Musique 1994 en tant que Révélation masculine de l’année.

Toutefois lorsqu’on parle de musique, un exemple vaut souvent mieux que toutes les palabres du monde. Afin de vous faire une idée précise de ce dont je parle, et de découvrir le talent de ce grand monsieur, je vous suggère d’aller jeter un oeil par ici. De plus, voici une petite sélection du peu de vidéos que l’on peut trouver sur Internet à son sujet.

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  • Tu a rendu a Fersen ce qui été a Fersen. Le chalant a pu découvrir ici Monsieur probablement, du moins à mes yeux sa meilleure chanson, mais il y a également, Bijou, une romance entre un « vieux hibou » et Bijou, Zaza, l’histoire d’une chienne particulière et de son maitre, Croque, celle d’un croque mort, Chat Botté, celle d’un vendeur de mules en serpent bref tout un monde très particulier servit avec virtuosité par un sens du rythme certain.

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