Cosmo [†] Orbüs

Black City Parade | Indochine

La belle couverture de l’album.

[Nos maîtres sont morts,
Et nous sommes seuls.
Black Ouverture]

Ma relation avec Indochine est un peu paradoxale. Si le groupe a largement contribué à mon entrée dans l’univers émo il y a quelques années, et même en comptant parmi mes amis quelques fidèles du groupe, je reste totalement hermétique à leur musique. Une constatation toujours d’actualité après que, plein de bonne volonté, je décidais d’écouter leur dernier album : Black City Parade.

Mes amis, quel effort ! Trop long, trop vide, désespérément fade, cet album est une dilution de vagues tendances électro-pop-new-wave assaisonnées d’une pointe d’amertume et de beaucoup, beaucoup de rien. Si quelques mélodies et introductions paraissent plutôt prometteuses, aucune ne créé de véritable déclic et l’album s’enfonce chanson après chanson dans les sables mouvants de l’ennui. Une fois de plus, le talent de Nicola Sirkis pour rendre n’importe quel air chiant à mourir est démontré avec brio.

Mais tempérons un peu ce discours à charges. Certes, Black City Parade me semble être un ratage parce que mon oreille est habituée aux sonorités rock plus brutes, que les teintes sombres d’Indochine ne sont pas. Essayant désespérément de trouver un relief auquel s’accrocher, mon oreille n’a pu qu’être sidérée par le côté lisse de l’album. Peut-être que les amateurs de pop y trouveront un intérêt, par exemple dans College Boy et son joli clip controversé, dans Black City Parade ou dans Anyway.

De mon côté, je dois bien avouer que mes plusieurs écoutes successives de l’album ne me laissent aucun souvenir impérissable, à part peut-être Black Ouverture le morceau introductif de cinquante secondes, ce qui est quand même assez mince. L’instrumentalisation est globalement réussie et une version instrumentale de l’album serait sans doute beaucoup plus intéressante sans les rimes en « Oooooh » et en « Aaaaah » du chanteur et le rythme interchangeable de toutes ses phrases. Au niveau des textes, je vous fait grâce d’une analyse détaillée de la vacuité de certaines chansons. Si peut-être quelques morceaux se distinguent sur le sujet, force est de constater que devant le niveau général des paroles, le groupe aurait plus que tort d’inciter à lire ses textes en détails.

Indochine est un groupe pour lequel j’entretiens avec difficulté une certaine affection. Un peu comme pour Johnny Hallyday et son esthétique de rocker beauf que je n’arrive pas à détester totalement, le groupe incarne une certaine esthétique émo à la française, pas si éloignée de Kyo en son temps. Pourtant, mes efforts forcenés se heurtent pour l’un comme pour l’autre à un mur infranchissable d’incompatibilité musicale. Finalement, écouter le dernier album d’Indochine c’est un peu comme boire deux litres d’eau à température ambiante. Ça ne sert à rien, c’est vaguement désagréable, et on l’oublie vite.

-Saint Epondyle-

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2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Hey !

    Moi qui aime beaucoup Indo, je n’avais pas réagi car effectivement l’album m’avait moins plu à la première écoute. Mais avant le concert (qui est maintenant demain) je l’ai bien réécouté.

    Je comprends ta remarque sur le côté lisse et pourtant… après plusieurs écoute ça y est je le dis… je l’écris… je l’aime bien ! Il fait donc parti pour moi des musiques plus « dures » d’accès par leur caractère non entêtant. Elles ne restent pas dans le tête et m’ont donc demandées plusieurs écoutes et plusieurs stades pour les apprécier sincèrement.

    C’est un album qui prend son temps, aérien et qui voyage aussi bien, je trouve, dans la musique que dans les paroles (eh oui désolée) qui laissent toujours une grande ouverture d’interprétations… « Parce que c’est pas français ! » certains diront. Pour ma part j’aime ce côté non réel et flou qui apporte plus une impression globale qu’une compréhension. ça raconte rarement une histoire, ça ne décrit pas précisément un sentiment… c’est très souvent des allusions et du flou laissant chacun s’y retrouver à sa manière (ou pas!)

    Je présente ici les points que j’ai trouvé positif puisque de ton côté tu n’en as pas, mais bien sûr je n’ai pas tout apprécié pour autant.

    L’idée n’est certainement pas de te faire changer d’avis car je sais trop bien ce que c’est que de ne pas aimer la voix d’un chanteur ou d’une chanteuse. Il est souvent difficile de passer outre… même si l’instrumentale pourrait elle te plaire effectivement.

    Bref, je suis contente d’avoir appréciée moi qui étais déçue par le côté beaucoup moins rock que les 3 albums précédents…et j’apporte donc un contre poids à tes propos assassins maintenant que j’en suis capable.

    Reste à voir ce que cela donnera au concert demain ;)

    • Arguments acceptés. D’autant que je ne prétend pas à l’universalité. Si les fans comme toi apprécient l’album c’est tant mieux,, j’ai d’ailleurs l’impression qu’Indochine propose une musique assez ciblée vers sa base et ne cherche pas (trop) à conquérir de nouveaux fans. Je ne lui reproche pas, au contraire, ça leur évite de tomber dans le gros commercial dégueulasse.
      Il n’empêche pour difficile d’accès qu’il soit, cet album m’a laissé totalement froid après plusieurs écoutes.

      Bon concert à toi. ;)

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