Cosmo [†] Orbüs

Le groupe en live. Photo de moi.

[I see death as an act of creation,
I see death as a part of life.
– The Long Escape, The Road To Awe]

Moi qui n’écoute généralement que de la musique, certes typée, mais essentiellement grand public, j’ai toujours considéré comme inaccessibles les petits groupes méconnus qui pullulent dans les bas-fonds des grandes villes et les ruines de MySpace. Suivant une idée préconçue selon laquelle ces groupes par leur nombre et leur amateurisme ne méritaient pas beaucoup d’attention, je suis resté longtemps à l’écart de ce milieu et dans l’ignorance absolue de tous les artistes qui y évoluent. Récemment, ce préjugé a été largement remis en cause par ma rencontre avec le groupe The Long Escape.

C’est en 2010 que, jeune ouvrier de l’Internet fraîchement débarqué à Paris, je fus mis en contact avec celui qui devint par la suite le manager du groupe. Me sachant métalleux et photographe à mes heures, celui que je nommerai JR me proposa de venir rencontrer le groupe dont il s’occupait déjà à l’époque, lors d’un concert afin de prendre des photos. L’eau coulant sous les ponts, et le courant artistique fonctionnant plutôt bien entre le groupe, son leader, son manager et moi, je devins fan et accessoirement photographe attitré de ce groupe de rock progressif parisien. Voila pour l’autobiographie.

The Long Escape donc, est un groupe de rock métal dit « cosmique ». Mené par son chanteur, compositeur et ex-trader Kimo, le groupe propose sa vision du monde, hantée de questions existentielles. Et si j’ouvrais le présent article par une tirade sur mes préjugés concernant les groupes amateurs pas toujours au niveau, c’est justement en contre-pied absolu de cette image que vient se placer The Long Escape. Et entendons-nous bien, je ne m’autoriserais jamais de dresser un portrait hypocritement élogieux de qui que ce soit sur Cosmo. Le copinage à ses limites et je n’ai jamais été un bon menteur.

The Road To Awe. Photo de moi.

Si j’ai tant apprécié d’être associé à l’aventure de ce groupe qui monte en puissance par mon rôle de photographe, c’est simplement parce que je suis devenu tout à fait fan de sa musique et de son univers.

A la croisée du rock et du métal, la musique du groupe est difficile à classer précisément. Organisé sur un modèle classique de groupe de rock (chant, guitare, basse et batterie), The Long Escape propose des chansons en anglais sur la vaste variété de tons maîtrisés par le chanteur. Tantôt planantes (Depression), énergiques (The Road To Awe) ou plus violentes (Return To Chaos), les mélodies occupent toujours une place centrale dans les morceaux et traduisent une large palette d’émotions puissantes. Si les influences emocore ne sont pas loin, le groupe se présente plus volontiers comme cousin de Tool, et de A Perfect Circle. Emo peut-être, mais la maturité en plus.

L’univers de The Long Escape se distingue de la foule des métalleux classiques par une esthétique cosmique et des questionnements philosophiques inspirés de l’expérience de Kimo -qui compose pour le groupe- nourrie de la culture SF dont il s’inspire. Ancien trader, le leader du groupe puise également dans son expérience un sentiment de révolte et de désespoir notamment par rapport au monde de la finance et de l’économie dans les chansons Crisis et Collapse.

Je le disais en introduction, mes goûts musicaux ont beau être orientés, ils se limitent essentiellement à de gros groupes internationaux et nationaux. The Long Escape est pour moi l’exception qui confirme la règle, puisqu’il a pu me faire découvrir non seulement l’univers des groupes amateurs, mais également une musique que j’apprécie énormément. Le second album du groupe, The Triptych, est sorti l’année dernière et a reçu d’excellentes critiques sur divers sites spécialisés, dont metalorgie.com qui a déclaré que le groupe était je cite « LE coup de coeur de l’année 2011 ». Ce qui tombe bien, c’est que l’album en question est en téléchargement libre et gratuit sur le site officiel du groupe. Vous n’avez donc pas d’excuse pour ne pas aller y jeter une oreille.

Par ses influences variées, sa musique très travaillée et son univers atypique, The Long Escape est un groupe unique dans le paysage métal. Malgré son statut de semi-professionnel, le groupe place un point d’honneur à s’affirmer comme l’une des valeurs montantes du moment. C’est donc avec une grande fierté que je participe à mon niveau à l’aventure au sein de l’équipe formée autour du groupe. Aimer son travail, c’est bien. Et croire en ce pour quoi on travaille, c’est encore mieux. Personnellement, je crois réellement que The Long Escape à aujourd’hui en main les clefs d’un avenir cosmique et grandiose, au niveau des plus grands.

-Saint Epondyle-

Quelques liens :
Le site officiel
La page facebook
Mes travaux photographiques pour le groupe

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4 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • J’ai un avis un peu plus contrasté sur The Triptyh, l’album en question, mais il est quand même très intéressant. L’avoir mis à disposition gratuitement est un geste fort sympathique qui contribuera peut-être à le faire connaître.

  • Je tiens à remercier St Epondyle qui m’a fait connaître The Long Escape. L’article rend bien honneur à la musique (à écouter bien fort!). Bravo au groupe et j’espère les voir en live un de ces quatre!

    • @Alias > Effectivement, d’autant que d’après mes sources le nombre de téléchargements sur le site a largement dépassé les espérances. En tous cas, l’avenir semble prometteur. :)

      Merci à vous de votre passage sur Cosmo.

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