Cosmo [†] Orbüs

Linkin Park

[I don’t know what’s worth fighting for,
Or why I have to scream,
I don’t know why I instigate,
And say what I don’t mean,
I don’t know how I got this way,
I know it’s not alright,
So I’m breaking the habit,
I’m breaking the habit tonight !
– Linkin Park, Breaking the Habit

Il y a des groupes comme ça, que l’on voit grandir et qui évoluent avec nous. Au bout d’un certain temps, leur succès et leurs aspirations finissent parfois par diverger des nôtres. On se retrouve alors au pied du mur et, de la même manière qu’on perd de vue un ami qui nous est cher, on finit par abandonner totalement le groupe. Malgré tout, on aime parfois se replonger avec nostalgie dans le temps où nous écoutions cette musique qui résonnait si bien à nos oreilles. C’est mon cas avec Linkin Park.

Linkin Park donc, est un groupe de rock alternatif à tendance neo Metal, qui fit une entrée fracassante sur la scène musicale du début des années 2000 avec un premier album classé immédiatement en disque de diamant : le génial Hybrid Theory. Dans cet album culte, le groupe pose les bases du genre qui le définit, un rock très énervé aux accents urbains directement empruntés aux cultures Hip Hop, Rap et RnB. Si le second album (Meteora) gardait l’esprit du premier (faisant des chansons des deux réunis une tracklist inoubliable), les suivants ont à mon sens dérivé vers une purée-pop nettement moins intéressante, ou les relents U2esques le disputent à un mauvais Coldplay (pléonasme). On regrette donc la violence jubilatoire des premiers refrains, et l’esthétique urbaine délaissée au profit de vagues dénonciations consensuelles. C’est dommage que quatre albums aient suffit à faire monter si haut une formation culte, jusqu’à la faire entrer dans le rang des rockeurs gentillets de supermarché. (à quand un duo avec les BB Brunes ?) A mon sens, le groupe a perdu une part de son identité dans son succès, c’est bien dommage car certains arrivent jusqu’à la gloire sans renoncer à leur identité (Je pense à Muse en particulier, groupe dont j’affirme être un fan de la première heure.)

Ce qui était si bon dans les premiers temps de Linkin Park, c’était cette fraîcheur et cette jeunesse incroyable, associant deux cultures jusque là antagonistes : le rock et le rap. Même si fondamentalement le groupe reste ancré dans le genre du rock alternatif (ou du Neo Metal, selon les définitions), les apports du DJ et du rappeur sont vraiment bien dosés et pertinents. Du coup, le duo formé par les deux chanteurs dans les premiers albums fonctionne très bien et malgré une structure assez semblable et des morceaux globalement très courts, certaines pièces sont absolument cultes comme From The Inside, Breaking The HabitsIn The End ou One Step Closer par exemple.

Toutefois, il n’est pas forcément dit que Linkin Park soit un groupe définitivement perdu. Alors qu’Indochine par exemple ne se renouvelle plus depuis 1902, peut être que les prochaines réalisations de ce groupe reviendront vers une musique plus personnelle, plus risquée au niveau du style et donc nécessairement plus intéressante. A mon avis, une prise de risque musicale basée sur un retour aux sources pourrait être salvateur pour un groupe à l’esthétique engagée et abordant des thèmes de la rébellion et de la quête de soi (le malaise adolescent, encore une fois).

Du côté de son esthétique, le groupe s’attache à créer une image qui lui est propre en alliant encore une fois l’univers urbain à celui du rock, tout en y ajoutant une dose d’influence manga/japanimation. Ce mariage avait déjà été initié par le groupe Kyo avant lui, et pourrait aussi rappeler l’univers visuel de Gorillaz bien que plus violent, plus rock.

Pour moi, Linkin Park fait partie de ces groupes d’anthologie qui, au même titre que Nirvana ou Queen, sont morts aujourd’hui. Néanmoins, une résurrection est peut-être possible si le choix était fait de revenir aux fondamentaux, au risque de perdre en « bankabilité ». Mais à l’heure ou la prise de risque artistique n’est plus à la mode (en musique comme au cinéma), une telle volte-face serait aussi bienvenue qu’elle est improbable.

-Saint Epondyle- Bonne fête de la musique !

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Un seul commentaireVous en pensez quelque-chose ?

  • Je n'ai pas entendu le dernier album, mais j'avais également trouvé Minutes to Midnight, le précédent, particulièrement décevant, d'autant plus que celui d'encore avant, Meteora, était bon.

    Je reste impressionné par l'album de remixes qui avait suivi Hybrid Theory; pas tou y était bon, mais il comptait pas mal de perles (dont la vidéo de "Pnts of Authrty").

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