Cosmo [†] Orbüs

Orages ordinaires | William Boyd

La couverture aux éditions du Seuil

[C’est comme ça qu’on disparaît au vingt et unième siècle, on refuse simplement de participer.]

Dernière lecture en date, et première confrontation avec l’oeuvre de William Boyd, Orages ordinaires est un thriller réaliste et palpitant entre ombre et lumière artificielle. Le roman, paru en 2010, aborde le thème de la disparition dans la société contemporaine. Ou comment un individu lambda peut passer dans la clandestinité du jour au lendemain, et comment il peut y survivre tant bien que mal. Pitch.

Adam Kindred est étudiant en climatologie. Alors qu’il cherche à se reconstruire à la suite de déboires amoureux éprouvants dans une nouvelle ville, Londres, il sera le témoin impuissant de l’assassinat d’un inconnu. Au mauvais endroit au mauvais moment, il deviendra aussitôt le suspect idéal pour la police, ainsi que la cible d’un tueur à gages cherchant à l’éliminer. Obligé de prendre la fuite, il doit apprendre à survivre dans le milieu de la rue et à se faire une place auprès de ses habitants.

Parallèlement Ingram Fryzer, capitaine d’industrie pharmaceutique millionnaire se retrouve dans la tourmente. Alors que sa compagnie s’apprête à lancer sur le marché un médicament révolutionnaire, le médecin en charge des essais cliniques est brutalement assassiné. De quoi assombrir son avenir radieux, et celui de ses associés.

Orages ordinaires est l’occasion pour William Boyd d’aborder un thème contemporain, c’est-à-dire le flicage constant des individus au travers de tous les services offerts par la société moderne. Le héros, Adam Kindred, est en effet contraint à la disparition pure et simple pour éviter le pire, ce qui signifie quitter totalement sa situation et sa vie pour passer sous les ondes radars. Le roman explore le monde de la rue dans le Londres contemporain, ainsi que celui des affaires dans l’industrie pharmaceutique, et les personnages particuliers qui les peuplent.

Le récit est bien mené et ménage un vrai suspense grâce à des ficelles classiques (les flics, le tueur à gages, l’histoire d’amour…) intégrées dans le thème de la disparition. Le personnage principal fait office d’antihéros plongé dans des tourments beaucoup plus grands que lui, renforçant ainsi le sentiment d’identification. Ou plutôt, ce qui devrait renforcer l’identification puisque malgré son caractère de monsieur tout-le-monde, Adam Kindred réagit un peu trop facilement à sa nouvelle situation et l’auteur insiste assez peu sur la difficulté de renoncer du jour au lendemain à la vie « normale ». Malgré tout, l’intrigue prend très bien et le thriller emprunte volontiers à la peinture sociale de différents milieux, et aux histoires de luttes d’influence, ce qui rappelle volontiers des romans comme Le Bûcher des Vanités de Tom Wolfe.

Moi qui ne lis pas énormément de romans réalistes ou de thrillers, j’ai apprécié cette plongée dans les bas-fonds de Londres. Et malgré quelques facilités et un manques d’originalité, j’ai vraiment apprécié cette histoire bien menée aux thématiques intéressantes. Loin des très racoleurs Harlan Coben et compagnie, William Boyd nous propose dans Orages ordinaires un thriller profond, à hauteur humaine, qui me donne envie de découvrir ses autres romans.

-Saint Epondyle-

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