Cosmo [†] Orbüs

Le Nom de la Rose | Umberto Eco

[Ce sont les inquisiteurs qui créent les hérétiques.
Umberto Eco, Le Nom de la Rose]

Le Nom de la Rose fait partie de ces romans qui nous accompagnent sur une durée relativement longue (du fiat de leur longueur), que l’on lit peu à peu et qui au fur et à mesure de notre avancé, infiltrent notre vie. Une fois terminé, ce type d’ouvrage laisse une sorte de vide créé par l’absence soudaine d’un bloc de savoir condensé en un petit millier de pages. Car Umberto Eco n’est pas le genre d’auteur à traiter un sujet superficiellement, même lorsqu’il se propose d’écrire un roman « policier » historique.

Dans le nord de l’Italie du douzième siècle, le moine franciscain et ancien inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné par le jeune moine bénédictin novice Adso de Melk (le narrateur), se rend dans une abbaye afin d’y enquêter sur les récents décès inexplicables qui s’y produisirent. Sur place, les deux moines feront la connaissance de l’ensemble des frères de l’abbaye et commenceront à essayer de démêler les fils de l’intrigue et de découvrir la cause de ces morts suspectes. Mais très vite, l’ombre de la grande bibliothèque du monastère, dont on leur interdit l’accès, attisera leur curiosité et leurs soupçons.

Mélange bien dosé d’enquête pure et dure avec des passages haletants pleins de suspens, et de fresque historique, Le Nom de la Rose est à la fois très bien écrit et très très bien documenté. Néanmoins, il faut bien avouer que le type d’écriture peut perdre un peu le lecteur novice, entre les dizaines de variantes monastiques, de dogmes et d’hérésies existantes à cette époque troublée. Les (très) longs passages de discussion théologiques entre les protagonistes pourraient vous paraître un brin trop lourds si comme moi vous n’avez pas instinctivement en tête l’ensemble des variations dans le dogme franciscain de la fin du douzième siècle et la dernière actualisation au 14 avril 1327 de la liste des excommunications ordonnée par le Saint Siège.

D’autre part, ce léger « excès de culture » se répercute sur l’intrigue proprement dite, puisque les nombreuses énigmes auxquels sont confrontés frère Guillaume et Adso (souvent en latin) ne peuvent pas être résolues par le lecteur lambda que je suis.

Il n’en demeure pas moins que le roman se lit assez bien, pour qui n’est pas allergique à une certaine densité. Il permettra même de vous plonger dans l’univers monastique et celui des conflits entre les différents dogmes catholiques du moyen-âge. Plus qu’un simple ouvrage d’ambiance ou d’immersion historique, Le Nom de la Rose est une vraie histoire policière palpitante et très bien construite, dont le suspense est permanent et les avancés très finement dosées.

Un film à été réalisé sur la base du roman, réalisé par Jean-Jacques Annaud et mettant en scène de nombreuses têtes d’affiche, dont Sean Connery et Michael Lonsdale. L’ayant vu il y a longtemps, je ne peux pas m’avancer sur la qualité du film. On peut toutefois accorder le bénéfice du doute, au vu du réalisateur.

Si vous vous sentez le courage de vous lancer dans un roman excellent mais passablement lourd ; si la densité ne vous effraie pas, alors n’hésitez pas et jetez vous dessus. Pottermaniaques éhontés et fanatiques de Twilight, passez votre chemin.

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