Cosmo [†] Orbüs

Le Bûcher des Vanités | Tom Wolfe

[Chacun de nous est la somme de
ce qu’il n’a pas calculé.

– Tom Wolfe, L’Exil de l’Ange]

Le Bûcher des Vanités est une oeuvre littéraire titanesque, de quasiment mille pages, qui fut le premier roman de Tom Wolfe et devint après sa sortie, en 1987, un best-seller mondial.

Ce roman est une fresque parfaitement orchestrée, qui met en scène des personnages issus de différents milieux du New York des années 1980, reliés par leur rôle dans une histoire centrale : le déclin d’un golden-boy de Wall Street, Sherman McCoy. Très bien documenté, le roman prend le temps d’immerger totalement le lecteur dans ce monde aux mille visages afin de raconter son histoire. Moi qui n’ai aucune habitude en matière de romans réalistes ni de thrillers contemporains, j’ai trouvé dans Le Bûcher des Vanités une parfaite association des deux, qui m’a totalement convaincu.

Sherman McCoy est un trader, dont la profession est le négoce d’obligations pour la banque Pierce & Pierce à Wall Street. N’ayant jamais connu aucune difficulté d’aucune sorte, il mène une vie dorée dans un appartement gigantesque et pavé de marbre sur Park Avenue. Totalement intégré dans son monde fait d’avocats d’affaires, de décoratrices d’intérieur, de voitures de luxe, de soirées de charité et de costumes sur mesures, McCoy mène une vie luxueuse entre sa femme, sa fille, sa maîtresse et son bureau.
Un soir, alors que McCoy se trouve en compagnie de sa maîtresse dans sa Mercedes Benz, Sherman rate la sortie de la voie rapide et se perd dans les rues d’une autre planète que la sienne : le Bronx. C’est alors qu’il essaie de quitter le quartier que Sherman va percuter, dans des circonstances obscures, un jeune homme noir, et le laisser sur place sans aucune idée de son état de santé.
Peu à peu, cet accident a priori banal va prendre une ampleur insoupçonnée. Au cours des semaines qui suivent va se nouer un inextricable imbroglio dans lequel l »intouchable homme d’affaires va se retrouver confronté à la police, la communauté noire, des avocats, des juristes, des journalistes et des gens du Monde.

Le Bûcher des Vanités est un modèle de roman réaliste plein de détails et qui retranscrit à la perfection les différents univers qui se côtoient sans vraiment se parler dans le New York du vingtième siècle. A la lecture, on à l’impression de connaitre cette ville et ses habitants, dans leur diversité et leurs univers. Sans aucun manichéisme, l’auteur explore la pensée des personnages et retranscrit avec une grande précision leurs états d’âme, leurs sentiments et leurs réactions.

En plus d’être un excellent roman pour qui ne redoute pas de lire des pavés, Le Bûcher des Vanités est une vraie plongée dans un monde complet, complexe et passionnant. Par ailleurs, un rôliste averti pourra largement s’inspirer de la description de cette mégalopole américaine et du fourmillement de ses habitants pour préparer sa prochaine partie de COPS.

Que vous soyez allergique à la finance, aux romans policiers, que vous ne ne connaissiez rien à New York ni aux communautés qui y habitent, il vous faudra un alibi bien plus valable pour ne pas lire un pareil monument de la littérature américaine contemporaine.

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2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Heureux que tu ais pu enfin le terminé je me suis laissé dire ( et je me laisse souvent dire…) que c'était un excellent beaucoup bouquin. Ce que tu dis me conforte dans cet avis.
    Et puis maintenant tu n'as plus d'excuse pour finir G.R.R Martin si tu vois ce que les Targaryens veulent dire….

    • Ça fait un bon moment que j'ai terminé celui-ci. Mais avec mes 7 bouquins du moment en cours de lecture, difficile d'avancer vite sur le Trone de Fer.

      Dans tous les cas, je pense que le Bûcher des Vanités te plairait beaucoup.

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