Cosmo [†] Orbüs

Dans les forêts de Sibérie | Sylvain Tesson

Tesson-Sibérie

Le livre a été couronné du prix Médicis de l’essai en 2011.

« Le ton sur lequel nous parlons au monde est celui qu’il emploie avec nous.
Qui donne le meilleur reçoit le meilleur. »

N’avez-vous jamais rêvé de tout quitter, travail, amis, famille, afin de vous retrouver seul(e) face à la nature sauvage et à vous-même ? C’est l’expérience un peu folle à laquelle s’est livré Sylvain Tesson, écrivain philosophe et voyageur, en partant vivre pendant six mois dans une cabane en Sibérie, totalement seul.

Dans les forêts de Sibérie est donc le récit incroyable de l’expérience réalisée par l’auteur. Un essai sans-doute, mais avant tout une histoire, celle du quotidien d’un parfait parisien s’auto-contraignant à un ermitage aux confins du monde, sur les rives du lac Baïkal.

Rédigé à partir des notes de son journal quotidien, le livre aborde le récit de la vie dans la cabane de manière chronologique. Ayant quitté la vie trépidante de Paris volontairement, Sylvain Tesson se retrouve seul face à lui-même dans une petite cabane de bois, pêchant sa nourriture, coupant son bois de chauffage et meublant ses journées entre exploration de la région, lecture et écriture. Avec l’écoulement des saisons, la nature se transforme. Les glaces laissent place à une faune et une flore luxuriante, l’auteur fait évoluer sa vision du monde et de l’ermitage, et rencontre également quelques personnages locaux. Des coureurs de Taïga, des touristes, des météorologues, avec lesquels il converse et écluse des dizaines de litres de vodka.

Si bien-sûr le livre est plutôt avare en événements, la contemplation de la nature vierge qui l’entoure, les discussions avec les autochtones et surtout ses propres médiations meublent les journées de l’ermite. Petit à petit, en se nourrissant de la pensée des philosophes du monde entier, il découvre que le retour à l’essentiel ouvre les portes de la sérénité.

Résigné, l’ermite ? Pas davantage que le citadin qui, hagard, saisit soudain sous les lampions du boulevard que sa vie ne lui suffira pas à goûter à toutes les tentations de la fête.

Le lac Baïkal, qui n’a rien à envier aux décors de cinéma. Photo par Sylvain Tesson.

Contrairement à mon idée première, Dans les forêts de Sibérie est un livre prenant dont j’ai eu du mal à décrocher avant de l’avoir terminé. Si le récit du quotidien est logiquement peu riche en événements (le premier voisin habite à trois jours de marche), l’ermitage est propice à la méditation et aux commentaires des nombreux livres lus par l’auteur.

Entre Robinson Crusoé et Into The Wild, le livre développe l’idée d’ermitage volontaire et sans se répandre en attaques contre le mode de vie contemporain, l’auteur fait l’éloge de la simplicité, du retour aux sources et du silence, devenu si rare. Au fur et à mesure de son expérience, Sylvain Tesson aborde une grande variété de thèmes parmi lesquels la relation de l’homme à la Terre, la vie sauvage, l’isolement… La fin de ses six mois de vie en solitaire sonne plus comme un déchirement que comme une libération ; finalement ni l’auteur ni son lecteur n’ont eu le temps de s’ennuyer.

Dans les forêts de Sibérie est un livre philosophique plus qu’une histoire. Au même titre que les autres oeuvres citées ci-dessus, c’est un ouvrage qui invite à la réflexion et à la prise de recul sur nos modes de vie contemporains. Bien que l’ermitage total peu sembler un peu excessif, la poésie et la réflexion qu’elle engage sonne comme une ode à la nature et une invitation au recueillement. Personnellement, ça me donnerai même envie de tenter l’aventure.

-Saint Epondyle-

Soutenez Cosmo ^{;,;}^
Vous pouvez soutenir Cosmo en réagissant par un commentaire, en partageant les articles et/ou en m'offrant un café (tip tip !). C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Merci d'être là.

Devenez mécène

2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

Laissez un commentaire ici plutôt que sur Facebook.