Cosmo [†] Orbüs

Pris dans la Toile #2 : Le Projet Bradbury

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C’est un truc un peu fou, un projet d’apparence irréaliste, lancé il y a quelques mois par un auteur inconnu au départ. Le principe du Projet Bradbury est simple : l’auteur a décidé de s’imposer l’écriture de 52 nouvelles pendant les 52 semaines d’une année. Tout au long du projet, il s’auto-édite en distribuant ses textes sur Internet de manière payante. Deux solutions pour les lecteurs, l’achat à l’unité ou la souscription à l’année.

Challenge littéraire bien sûr, le Projet Bradbury est pourtant bien plus que ça. C’est également un choix de vie pour son auteur, une expérimentation économique grandeur nature et un bon coup de communication. Entrons un peu dans les détails.

Écrivez des histoires courtes, une par semaine. […] Au bout d’un an, vous aurez la joie d’avoir accompli quelque chose : vous aurez entre les mains 52 histoires courtes. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises. C’est impossible.”

– Ray Bradbury

Neil Jomunsi. Photo par Valeska Ebeling.

Fondamentalement, le projet est avant tout un défi d’écriture sous contrainte de publication régulière. Puisque Neil s’engage à publier une nouvelle toute les semaines, il doit trouver chaque semaine quelque-chose de nouveau à raconter, et une façon de le faire. Au bout de l’année, suivant le conseil de son maître ès écriture Ray Bradbury, il aura forcément progressé, en plus d’avoir accompli quelque-chose de concret ; plus concret en tous cas qu’un interminable projet de roman jamais terminé.

D’autre part, Le Projet Bradbury est un vrai choix de vie pour son auteur qui a décidé de s’y dédier entièrement tout au long de l’année. L’absence d’une activité professionnelle annexe permet à Neil Jomunsi de se consacrer entièrement à l’écriture, et donc de proposer des textes vraiment travaillés, autant dans le cadre du projet que sur son blog. L’auteur se dédit entièrement à son art car « Ecrire est un métier. » Corollaire évident : Neil ne gagne aucun autre revenu que la vente de ses textes, ce qui est un vrai risque financier consenti pour l’amour de l’art.

Plus que jamais, il souffle sur le web un vent d’innovation économique. De plus en plus de créateurs comme Le Fossoyeur de Films ou Ploum, passent à la vitesse supérieure et imaginent vivre de leur passion. Quelle idée magnifique ! Le Projet Bradbury se situe lui aussi dans cette démarche, comme un test en conditions réelles de la viabilité de l’auto-édition et de l’auto-promotion des auteurs en ligne.

Le concept a beau être encore expérimental et donc à consolider, l’existence même du Projet Bradbury est à mon sens un plaidoyer pour la transparence et la confiance dans les modes de distribution de la culture. Certains y verront sans doute une nouvelle illusion néo-hippie anarco-trotskiste issue de l’esprit enfiévré d’absinthe de quelque artiste marginal anticapitaliste. Personnellement, je pense qu’associé à un financement innovant comme Flattr, Le Projet Bradbury pourrait bien débroussailler la piste des modèles économiques de demain.

Optimiste ? Et pourquoi pas ?

-Saint Epondyle-

Le site du Projet Bradbury
S’abonner au projet
Neil Jomunsi sur Twitter

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