Cosmo [†] Orbüs

Blade Runner | Philip K. Dick

La superbe couverture aux éditions J’ai Lu.

[Do Androids Dream of Electric Sheep ?]

Écrit au départ sous le titre Les Androïdes Rêvent-Ils De Moutons Électriques ? Blade Runner est un court roman de l’écrivain américain Philip K. Dick qui fut adapté au cinéma en 1982 par Ridley Scott. Si l’énorme succès du film éclipsa a tort l’oeuvre originale, celle-ci n’en demeure pas moins un des piliers fondateurs de la science-fiction dystopique et de la culture geek en général.

A l’instar de Dracula de Bram Stocker, de L’appel de Cthuhu de HP Lovecraft ou de 1984 de George Orwell, Blade Runner est une nouvelle relativement méconnue du grand public qui étend pourtant son influence dans un nombre considérable d’univers de fiction. En véritable maître du genre, Philip K. Dick y propose l’une des visions les plus sombres et les plus abouties de son oeuvre, remplie des questionnements existentiels.

L’action se situe sur une terre dévastée par la guerre, alors que l’humanité s’est retirée vers la planète Mars en laissant derrière elle d’immenses villes inhabitées, polluées à l’extrême, et hostiles à toute vie. A la suite du cataclysme, les animaux sont devenus si rares que les derniers habitants les collectionnent pour affirmer leur situation sociale. Ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir un vrai animal se rabattent sur les répliques électriques.

L’inspecteur Rick Deckard est un « blade runner », une section de la police spécialisée dans la traque des androïdes : ces cyborgs à forme humaine évadés des colonies. Utilisés comme esclaves sur la Lune et sur Mars, ces créatures artificielles sont réputées incapables de ressentir les émotions humaines, et sont supprimées afin d’éviter leur assimilation à la population. Pour les déceler parmi les humains ordinaires, les blade runners recourent donc au test d’empathie Voigt-Kampff censé mettre en évidence l’absence de sentiments humains. Suite à la panne de son mouton artificiel, Rick voit dans l’arrivée d’un groupe d’androïdes Nexus-6 à San Francisco une véritable aubaine. Grâce aux primes touchées en tuant les robots, il espère pouvoir s’offrir un vrai mouton, son rêve.

Dans un monde sinistre et ravagé, où les humains sont des fantômes vivant dans des immeubles vides et rêvant d’émigrer vers les colonies, Blade Runner aborde un ensemble de questions philosophiques existentielles. La frontière entre humain et machine est très floue et alors que les uns rêvent de quitter la terre, les autres viennent s’y réfugier. Les uns utilisent des procédés artificiels pour ressentir certaines émotions positives (comme la joie d’aller travailler le matin) alors que les autres aspirent à ressentir des émotions. Totalement ambiguës, les personnages se confondent entre humains et robots, entre rêves fabriqués de toutes-pièces et réalité.

Oeuvre fondatrice, le roman de Philip K. Dick a été adapté dans les années 1980 au cinéma avec Harrison Ford dans le rôle de Rick Deckard. Si le film est devenu un classique dans son genre, il s’affranchit pourtant du roman original afin d’en créer une vision propre au réalisateur Ridley Scott, à l’époque où il faisait encore de bons films. Plus récemment, l’excellente série suédoise Real Humans abordait des thèmes largement similaires dans sa première saison diffusée en 2013, ne cachant pas une filiation évidente dans les questionnements abordés.

Premier pas incontournable pour entrer dans l’oeuvre immense de Philip K. Dick, Blade Runner est également un monument de la littérature de science-fiction en général, classique d’entre les classiques. A mon sens beaucoup plus intéressant que son grand-père Isaac Asimov, Philip K. Dick pose dans Blade Runner les bases d’une vision du monde sombre et profonde, et du même mouvement celles d’une énorme partie de la science-fiction mondiale.

-Saint Epondyle-
Mis à jour le 26.06.13

Soutenez Cosmo ^{;,;}^
Vous pouvez soutenir Cosmo en réagissant par un commentaire, en partageant les articles et/ou en m'offrant un café (tip tip !). C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Merci d'être là.

Devenez mécène

4 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Le film est cultissime. Le bouquin aussi. D'autant plus étonnant qu'ils n'ont finalement pas grand chose à voir.

    Ridley Scott a même admis ne pas avoir lu la nouvelle il me semble.

    Je garde un bon souvenir du jeu, super ambiance, plusieurs fins, plutôt joli.

    • Le film à un peu vieillit, mais plutôt bien. Les voitures volantes qui côtoient les villes éclairées par des néons de couleur, ça fait très rétro futuriste.

      Sur le jeu, je n'en garde qu'un souvenir lointain. Mon frère y jouait dans le temps, mais pas moi. Je rapproche plus cet univers à des jeux comme Deus Ex

Laissez un commentaire ici plutôt que sur Facebook.