Cosmo [†] Orbüs

Druide | Oliver Peru

La superbe couverture, illustrée par l’auteur lui-même.

Ce livre m’a été chaleureusement prêté par Plumeline du blog Antre de livres.

[La forêt est éternelle.]

Je ne suis pas un très gros lecteur de fantasy contemporaine. Plutôt attiré par le fantastique et les bouquins plus anciens, j’ai tendance à concentrer mes lectures dans ce genre sur les classiques, de George RR Martin à Robin Hobb. Pourtant, lors d’une rencontre entre blogueurs littéraires organisée il y a quelques mois sur la communauté Livraddict, je me suis laissé prêter avec plaisir le roman Druide, de l’auteur français Oliver Peru.

Le livre nous emmène dans un monde de fantasy médiévale classique séparé entre deux royaumes rivaux et une immense forêt, « Mère Verte » dont les druides sont les gardiens séculaires. Pas foncièrement original et sur certains aspects assez simpliste, l’univers imaginé par l’auteur cache pourtant de nombreuses trouvailles et demeure parfaitement cohérent avec l’histoire qui nous est racontée.

Depuis 1123 ans, un pacte lie les trois forces en présence et impose la neutralité totale de la forêt, ainsi que l’interdiction formelle pour les hommes d’y pénétrer. Mais lorsque le massacre d’une quarantaine de soldats frappe la citadelle frontalière de Wishneight et menace la paix fragile entre les royaumes humains, le druide Obrigan et ses disciples Kesher et Tobias sont envoyés sur les traces des coupables. Ils disposent de vingt-et-un jours pour les démasquer afin d’éviter une guerre. Au cours de leur périple, les druides seront confrontés à leur passé et leurs convictions seront ébranlées par les plus noirs secrets de la forêt.

S’il n’est pas foncièrement transcendant, le scénario de Druide est bien ficelé autour de l’enquête d’Obrigan et de ses apprentis. Les personnages sont bien pensés et cohérents, même si Obrigan est un héros un peu trop parfait, mais ne brillent pas par leur originalité. Sans temps mort, les scènes alternent entre les questionnements des personnages, leurs dialogues, leurs voyages et les scènes de thriller plus mouvementées. La contrainte temporelle qui plane sur le récit est intéressante, et rappelée constamment par le découpage des chapitres. Dommage toutefois qu’elle passe très vite en second plan et qu’elle perde de son importance lors de quelques incohérences notamment sur les temps de déplacement des protagonistes.

Malheureusement, on peut noter que le monde dans lequel se déroule Druide est façonné dans l’unique but de servir l’histoire, chaque élément étant tôt ou tard rapporté à l’intrigue. Finalement, l’univers du livre tout entier est cousu de fil blanc là ou l’histoire devrait s’enraciner dans un monde cohérent indépendamment d’elle. En grattant un peu le vernis de l’univers on risque de tomber sur du vide, ce qui est gênant dans un genre littéraire ou l’on est friand des légendes millénaires et des secrets enfouis depuis l’aube du monde. Pour autant, Oliver Peru maîtrise son récit entre mystères et révélations jusqu’à la conclusion. Le rythme est bon et l’écrivain jongle avec brio entre différentes atmosphères en fonction des lieux, des personnages et des situations évoquées. Le livre qu’on m’avait promis « terrifiant » révèle quelques passages vraiment sombres mais reste globalement plus dans le gore que dans la terreur. L’auteur possède un style d’écriture travaillé et personnel, très agréable à lire et à l’occasion plutôt poétique, qui flirte avec le cabotinage à l’occasion.

En conclusion, Druide est un roman qui porte très bien son nom puisqu’il nous propose une histoire ultraclassique de druides dans un monde ultraclassique de fantasy sculpté sur-mesure pour elle. Heureusement, j’ai été accroché par le talent de narrateur d’Oliver Peru et par sa maîtrise des belles lettres. Je ne m’explique pas l’énorme succès de ce livre auprès d’un certain nombre de blogueuses littéraires de ma connaissance, et j’en conclus qu’un lectorat féminin y trouvera sans doute plus d’intérêt (Jarekson peut-être ?). Il n’en demeure pas moins que, sans être surprenant du tout, Druide reste une belle découverte.

-Saint Epondyle-

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