Cosmo [†] Orbüs

H.P. Lovecraft, contre le monde, contre la vie | Michel Houellebecq

[La vie est douloureuse et décevante. Inutile, par conséquent, d’écrire de nouveaux romans réalistes.
– Michel Houellebecq]

Je terminais la semaine dernière un petit essai de Michel Houllebecq consacré au Reclus de Providence, HP Lovecraft. Dans ce court texte de 130 pages environ, l’écrivain à succès reviens sur la vie et la psychologie de cet auteur hors-normes de façon à la fois documentée, sincère, intelligente et réfléchie. H.P. Lovecraft Contre le monde, contre la vie n’est pas une biographie mais plutôt une analyse des répercussions de sa vie dans l’oeuvre sans égale du Maître de Providence.

On comprend, tout au long de l’essai, les différentes manifestations de la mentalité de l’auteur dans son oeuvre, en particulier de sa haine de la modernité, de son matérialisme et de son racisme, omniprésent. Particulièrement misanthrope et déjà considéré comme un réactionnaire à son époque, il nourrit donc naturellement son oeuvre de cette haine de la modernité et de son prochain.

Lovecraft a toujours été pauvre, et a vécu à la fois des quelques sous que lui apportait son métier d’écrivain fantastique (pour Weird Tales) et d’un petit héritage familial. Son inadéquation totale avec les exigences de l’économie américaine des années 1920-1930 l’empêcha toute sa vie de trouver un travail, au contraire de nombreux immigrés, ce qui nourrit sa rancoeur et son racisme.

Sans justifier ni amoindrir la mentalité du Reclus de Providence, Houllebecq l’analyse et l’explique, pour dresser une étude pertinente qui nous permet de comprendre comment la haine et la peur peuvent inspirer une oeuvre totalement unique dans la littérature fantastique. Son recueil permet donc de comprendre les racines du Mythe de Cthulhu et donc de (re)lire en parfaite connaissance de cause les « Grands Textes » de Lovecraft.

La lecture de ce petit bouquin suppose une bonne connaissance de Lovecraft, ou du moins d’avoir lu un bon nombre de ces écrits les plus emblématiques (les « Grands Textes ») ; il apportera au connaisseur éclairé une bonne compréhension de la naissance du Mythe. Sans justifier ni partager ces opinions d’un autre âge, Houllebecq les décortiques et nous sert, une puissante manifestation de son admiration du Maître.

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2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Mon cher Epon,

    Comme tu le sais suite à ta présentation de ce livre je t'ai donné mon avis concernant Houllebecq. Celui ci bien que peu documenté était déjà une vision quasi complète de l'auteur. Aussi, pour ne pas qu'il soit dit que je ne suis pas justifié dans mes avis j'ai fait quelques recherches et achats à son propos. Je viens de finir "Extension du domaine de la Lutte" de 150 pages et m’apprête à terminer "Plateforme" un peu plus conséquent. Cette auteur grinçant donne de notre système économique une vision pour le moins réaliste et dérangeante. Toutefois, il ne se limite à l'essai Economique (d'autant que ses écrits sont surtout des poèmes et ses écrits des romans) mais également à la description de la misère sexuelle de l'homme occidental actuel. On peut adhérer ou non a sa vision du monde toutefois, force est de dire qu'il est convaincant.
    Après lecture de ses écrits, de ce que l'on a écrit sur lui et de sa biographie je dois tout de même signaler que les avis racistes de Lovecraft trouvent je pense un écho tout de même en l'auteur de l'ouvrage présenter ici même si celui-ci est léger. Jamais un personnage de couleur (quelle qu'elle soit) n'est présenté de manière agréable dans ses écrits et sont décrits parfois avec une rare violence. Mais je ne désire pas lui faire un procès d'intention.
    En résumé cet auteur est un très bon auteur que je conseil mais pas aux dépressifs, ni à ceux qui pensent que notre système libéral du point de vue économique et sexuel (j'insiste c'est un point important de son oeuvre) est le meilleur qui soit. Quant à l'essai sur Lovecraft je te laisse seul juge de la qualité de son écrit, tu es bien plus qualifié que moi en matière Lovecraftienne.

    Permettez moi de m'excusez pour la longueur de ce commentaire.

    • Le « racisme » et ‘l’anti-sémitisme » de H.P Lovecraft n’est pas ni nouveau, ni très surprenant au titre du contexte sociologique et historique dans le qu’elle a vécu.

      Pour le côté, ennemis de la modernité, je ne sais pas trop si l’analyse est si pertinente que ça. Rationaliste et passionné de science (astronomie, chimies) je crois que Lovecraft n’aimait pas l’idée que la vie deviennent plus simple par les inventions grand publique, mais n’avait rien contre les avancés technologique propre à son époque.

      A noter que Lovecraft a écris quelques nouvelles de science fiction, certes confidentiel et peu connus, mais existante.

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