Cosmo [†] Orbüs
1000-jours-en-mars

« Tout ce qui en retombe vous appartient.
Si vous savez quoi en faire, prenez sans demander : il n’y a rien à voler. »

Né de la Nuit Debout, 1000 jours en mars est un projet d’écriture « à mille mains » qui propose à chacun d’écrire le futur du mouvement. Initié par le collectif Zanzibar au cours des événements du printemps 2016 ; c’est une histoire d’anticipation participative, directement branchée sur l’actualité brûlante.

Plutôt que de me perdre en paraphrase, voici ce qu’en dit le site dédié.

1000-jours-en-mars-nuit-debout

Le site La page Facebook Envoyer un texte

Boîte à textes bordélique et collaborative, 1000 jours en mars est un bel exemple du bouillonnement créatif qui règne aux Nuits Debout. Il ne fallait rien de moins que l’Internet libre pour permettre à un tel ovni d’émerger si vite, et dans ces proportions. Un ovni qui regroupe déjà un nombre impressionnant de participations.

Il y a un souffle poétique propre aux événements de ce genre ; du slogan facile aux discours argumentés en passant par quelques pépites d’anticipation politique. Mosaïque anarchique et anarchiste des futurs possibles à court et moyen terme, les 1000 jours permettent à chacun de projeter ses espoirs et sa vision des développements possibles de la situation actuelle, et particulièrement de la révolte qui gronde.

J’ai décidé de participer aux 1000 jours en postant mes craintes a propos du mouvement : spirale de la violence, répression sécuritaire, émergence de l’état policier. J’en ajouterai sûrement par la suite. Un goût naturel pour la dystopie ? Certainement, ainsi qu’un naturel pessimiste, et peut-être une tentative d’exorciser – par la fiction – les dangers de l’insurrection en d’inviter à la non-violence. Un exemple :

« 107 mars – De loin, on dirait un oiseau. Mais son vol stationnaire et son allure rectangulaire trahissent la nature artificielle de l’engin. Stable, silencieux, il survole rapidement la foule à la recherche de quelque-chose… de quelqu’un ? Œil numérique, pilotage automatique, vole le drone qui scrute nos mouvements, et de notre jeunesse ne perd pas une miette. »

On compte déjà pas mal de belles choses sur le site, et beaucoup sont en cours d’écriture à l’heure où je tape ces lignes. J’ai lu du pamphlet au kilomètre, de l’haïku énigmatique ; on parle ici de renouveau, là de guerre civile. Tel passage évoque des actions violentes jusqu’à l’assassinat, tel autre la structuration politique du mouvement. On rejoue l’éternel débat entre la Molte posée, réfléchie, discutaillante ; et la Volte ardente jusqu’à la violence. Réforme contre Révolution. Tout est possible, c’est à ça que sert la science-fiction. Chacun.e imagine son bout de futur et le verse au pot commun, chacun.e participe à la diversité plus ou moins cohérente des joyeux batteurs de pavés, de République et d’ailleurs.

-Saint Epondyle-

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8 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Comme souvent, les perles vont être noyées dans un amas inintéressant, c’est vraiment dommage. J’ai survolé et j’ai vu énormément de textes qui semblent juste être des règlements de comptes, à coté du sujet, ou tellement lapidaire qu’il n’y a rien.
    C’est sûr qu’il doit y avoir des textes qui valent le coup là dedans, mais je ne vais pas en lire 30 pour risquer d’en trouver un. C’est vraiment problématique et frustrant.

    • Mais non !
      C’est dans l’association de tous ces textes, bordéliques, anarchiques, plus ou moins cohérents et plus ou moins « intéressants » en tant que tels que se fait le patchwork d’ensemble. L’idée, je pense, est de capturer l’état d’esprit et les projections d’avenir du moment, c’est dans l’association qu’émerge une peinture commune, malgré ses dissonances.

      • Je comprends bien l’idée, et elle est en effet séduisante sur le papier. Mais au final, je pense qu’il y aura plus de contributeurs qu’il n’y aura de personnes qui vont lire au moins 20% du corpus complet. Plein de monde pour s’exprimer mais personne pour écouter.

        C’est bien d’avoir une vision d’ensemble, mais il ne suffit pas de jeter de la donnée dans un grand bol pour y avoir accès. J’ai peur que l’impact de ce projet ne soit très contenu si le site n’évolue pas pour nous aider à naviguer dans le corpus.

        • Et si lecteur / auteurs mêlés, c’était ça le truc ? Et si écrire sur une actualité brûlante, au jour le jour, rendant l’anticipation uchronique au fil des jours, si c’était pas justement, un truc éphémère qui n’avait aucune vocation à durer ? Et si on tentait l’expérience complètement, en acceptant les propositions de tous, quoi qu’on en pense, comme partie intégrante, sans souci du résultat final ?

          Je dessine beaucoup. Et un truc primordial en dessin, c’est de ne pas se préoccuper du résultat. Noircir des milliers de pages, et si les 999èmes premières sont à chier, y’a peu de risque qu’il y ait pas une évolution entre la première et la 1000ème.

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