Cosmo [†] Orbüs

[Jeu vidéo] Starcraft II – Wings of Liberty

[Certaines choses méritent qu’on se batte pour elles.]

Il y a quasiment un an, honte sur moi, j’annonçais en grandes pompes sur Cosmo (tout neuf à l’époque) la sortie imminente puis l’avant-première de Starcraft II – Wings of Liberty. Je me proposais d’en faire une critique « dans quelques semaines » afin d’avoir le temps de tester le jeu et de me faire à son sujet un avis complet. Dix mois après, mon avis a eu le temps de se former, et je reviens donc à présent sur le meilleur jeu de stratégie en temps réel (RTS) auquel on a eu l’occasion de jouer depuis longtemps.

Si vous ne le saviez pas, Starcraft est un jeu vidéo édité par Blizzard Entertainment ; petit frère de la saga Warcraft et cousin éloigné de Diablo. Le premier opus, sorti en 2000 posait les bases d’un univers de space opera au sein duquel s’affrontaient trois races : les Terrans, descendants des humains peuplant la terre ; les Zergs, nuée insectoïde à l’esprit de ruche dévastant et corrompant les mondes qu’elle visite ; et les Protoss, race extra-terrestre ancestrale à la puissance incommensurable mais sur le déclin. Malgré les obligations du jeu, le monde construit autour des campagnes de Starcraft et de sa géniale extension Broodwar demeure assez cohérent et marrie bien des éléments classiques du genre avec de nombreuses bonnes idées dans le scénario.

Au niveau du gameplay, on se situe dans la plus pure tradition des Warcraft-like. Deux ressources uniquement : le minerai et le gaz, plus la limite de ravitaillement, doivent être contrôlées pour fabriquer des bâtiments, entrainer des unités et développer des améliorations. Chaque race à assez peu d’unités différentes, mais toutes sont absolument uniques en termes de spécificités et de capacités spéciales. En mariant bien les unités entre elles, on développe seul ou en équipe des stratégies destinées à anéantir l’adversaire.

Les années d’attentes avant la sortie de Starcraft II ont permis à Blizzard de s’enrichir (dans tous les sens du terme) des expériences de Warcraft III et de World of Warcraft, afin de nous proposer un jeu complet et parfaitement équilibré, qui reste toutefois très fidèle au genre. Car Starcraft II n’est pas une révolution, mais une puissante évolution bien équilibrée et très bien conçue du premier opus. En effet, le jeu reste résolument ancré dans le modèle créé par son prédécesseur et abandonne certaines spécificités initiées dans Warcraft III, comme le système des héros et la limite totale de 90 unités par joueurs. Ces caractéritiques, et en particulier la première, se justifiaient dans un monde d’héroïc fantasy avec ses héros et ses pouvoirs magiques, elle aurait été ici beaucoup plus superflue.

De fait, même si le jeu pourrait paraître simpliste en comparaison d’autres wargames plus compliqués, notamment sur l’aspect gestion, il n’en est rien et réussit le tour de force d’être assez puissamment tactique. Alors bien entendu, une force plus importante permettra bien souvent d’anéantir sans finesse toute trace de vie de l’autre côté ; toutefois une petite force bien gérée et utilisée finement pourra largement renverser la balance dans certaines parties. Ceci est surtout valable en multijoueurs, la campagne étant par définition plus scriptée.

La campagne justement, reprend la grande structure classique du genre, et y apporte quelques nouveautés plus ou moins intéressantes. L’interface du menu représente l’intérieur du vaisseau amiral de Raynor, le personnage principal de l’action. Les scènes de semi-cinématiques s’y déroulent entre chaque mission, ce qui permet une bonne immersion assez cinématographique. D’autre part, de très nombreuses unités sont utilisables en mission (y compris l’intégralité des unités terranes du premier opus), et améliorables entre pendant les temps hors-jeu. Chaque choix d’amélioration hors-mission détermine un choix suivant, ce qui oblige à renoncer à certaines améliorations et rend donc la campagne plus intéressante et facilement rejouable.

Côté scénario, la campagne est assez décousue et pour tout dire pas franchement emballante. On est contents de retrouver nos anciens amis et ennemis, comme Jim Raynor, Sarah Kerrigan (seconde photo), Zeratul (troisième photo), Arcturus Mengsk ou l’Overmind, mais globalement je suis resté un peu sur ma faim. Néanmoins, je sais que cette phase de lancement de l’histoire sera reprise dans les deux prochains volets de ce jeu qui sort en trois parties. Je fais donc confiance, par expérience, à Blizzard pour nous sortir le grand jeu le moment venu. En attendant on est content de rencontrer de nouveaux amis comme Tychus Findlay (première photo) par exemple.

Même si le scénario en lui-même n’est pas à se rouler par terre, la narration est quand même assez originalement menée. En plus de permettre au joueur de choisir ses missions et d’avancer à son gré dans la galaxie, la campagne permet également de prendre l’un ou l’autre parti pendant le jeu, ce qui détermine la mission suivante. Encore une fois, ceci permet de rejouer la campagne, pourquoi pas en augmentant le niveau de difficulté. Personnellement, j’ai terminé le jeu en mode normal et suis en train de ramer vers la fin du mode difficile. Quand au mode brutal, son seul nom suffit à me faire frémir.

Un autre point amusant : le jeu nous emmène jouer des parties « vues » dans les visions du futur d’un des personnages. Plutôt que de suivre un mode systématiquement linéaire, on nous entraîne à « voir ce qui arrivera si… ». Le plus drôle est qu’on interprete des personnages Protoss inconnus pour le moment, ce qui laisse supposer qu’on les retrouvera dans le dernier épisode de la saga (dédié à cette race) : Starcraft II – Legacy of the Void. En attendant, la campagne se termine sur une sensation un peu frustrante, ou l’histoire n’est pas terminée. Même si une fin partielle existe, on a pas le droit à notre formidable conclusion enflammée des épisodes précédents de Warcraft et Starcraft. Néanmoins, les passages importants de l’histoire sont appuyés par de magnifiques cinématiques, encore une marque de fabrique de la maison depuis ses origines.

Pour parler technique à présent, le jeu réussit le challenge d’être magnifique pour les joueurs dôtés de grosses machines bien puissantes, et jouable pour ceux -plus nombreux- qui possèdent des ordinateurs un peu anciens. Mon extension artificielle personnelle étant un beau portable Toshiba de plus de deux ans et demi, je suis extrêmement satisfait du niveau auquel il permet de jouer à Starcraft II. Même si les effets de lumière complexes, l’environnement sonore 3D et les textures hyper HD++ ont du être mise en veilleuse, le jeu demeure à la fois beau et extrêmement fluide. C’est appréciable car je ne supporte pas de jouer à un jeu qui rame.

Enfin, les possibilités sont absolument infinies grâce au mode multijoueurs basé sur le réseau maison : Battle.net. Encore amélioré par rapport à sa version précédente la plateforme permet de trouver en quelques minutes des parties équilibrés, seul ou en équipe, au sein de sa ligue. Victoires et défaites participent bien entendu au classement général, et les actions les plus méritantes sont récompensées par des trophées virtuels, les « Hauts Faits », que chacun peut mettre en vitrine ou pas, de manière à rouler des mécaniques face à l’adversaire. Enfin, un aspect « réseau social » permet de se faire des amis et de jouer en équipe, tout en discutant de la stratégie à adopter grâce à un système de transmission vocale intégré. (Mon nom sur b.net est simplement « Epondyle », si vous voulez me proposer une partie n’hésitez pas !)

Même si la campagne solo ne permet de jouer que les Terrans (ou presque à une ou deux missions prêt), le jeu multijoueur permet d’incarner n’importe laquelle des trois races. Celles-ci sont bien équilibrées et donc jouées à égalité sur le réseau. A chaque joueur d’affiner sa stratégie selon les adversaires qu’il a face à lui. Le tout battle.net étant complètement gratuit à partir de l’achat du jeu. Ça aussi, c’est appréciable.

En conclusion, Starcraft II – Wings of Liberty est le premier épisode idéal à une saga d’anthologie. Si la campagne n’a qu’un temps, son intérêt sera réactivé dans les deux prochains épisodes : Heart of the Swarm et Legacy of the Void. En attendant, le multijoueur permet de continuer à jouer et se perfectionner sans cesse, tout en renouvelant l’expérience de jeu au cours d’affrontements dantesques. Là aussi, de nouvelles unités permettront d’étendre le jeu dans les extensions.

Comme dans les séries Warcraft et Diablo, Blizzard nous prouve encore une fois son savoir faire en matière de jeux vidéo est sans cesse renouvelé. Même si Starcraft II ne révolutionne pas fondamentalement le genre, il est un monument qui fera date dans l’histoire du jeu vidéo comme ses glorieux prédécesseurs. Alors que la première extension promet énormément pour 2012, force est de reconnaître que le cahier des doléances est pour le moment parfaitement rempli. Je gage sans prendre de risque, qu’Heart of the Swarm saura élever encore le niveau d’un cran. Nous autres fans de Blizzard avons l’habitude d’exiger la perfection dans nos jeux, soyons suffisamment honnêtes pour la reconnaître lorsqu’elle nous est servie sur un plateau.

-Saint Epondyle- 

(Les magnifiques cinématiques ne manquent pas pour illustrer cet article.
Mais pour éviter le spoiler, je me contenterai de l’introduction.
Les autres sont disponibles sur Youtube.)

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2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • ça craint de faire un article sur ce jeu…
    J'avais réussi à l'oublier et à ne pas l'acheter… maintenant il va falloir que je l'achète, bravo ^_^

    Merci pour ce "test" complet en tout cas.

  • De rien pour l'article, et désolé si tes finances en souffrent. :p

    Ceci dit l'investissement est bon car, pour peu que ton ordinateur puisse suivre, c'est un jeu auquel on jouera des années. Jusqu'a la sortie de Warcraft 4 en fait, autant dire qu'on a le temps.

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