Cosmo [†] Orbüs

[Jeu vidéo] Assassin’s Creed II

[Requiescat in pace.]

La figure de l’assassin fait partie des personnages classiques de la culture geek, reprise à d’innombrables occasions et  dans de nombreux styles différents. Pas grand chose de commun en effet entre les contemporains comme Codename 47 ou le Tueur, et entre les anciens de la Morag-Tong ou de la Confrerie Noire (The Elder Scrolls) ou encore avec l’Assassin Royal, si ce n’est leur profession commune.

Lors d’une prochaine série d’articles, je reviendrais sur les raisons de succès de cette figure si appréciée dans les divers média geek. Mais nous y reviendrons en temps voulu. Toujours est il que ce spectre de l’assassin (hyper classe, trop mystérieux et méga fort) s’est concrétisé depuis quelques temps dans une nouvelle franchise de jeux vidéo : Assassin’s Creed. Et après un premier opus convaincant sans casser pour autant trois pattes à un canard, les studios Ubisoft Montréal se sont payés le luxe de concevoir l’un des meilleurs jeux vidéos jamais inventé.

Les gamers les plus aventureux prétendent parfois que leur loisir vidéo serait digne de briguer l’appellation de « 10ème Art », et bien qu’un peu hâtive dans la plupart des cas, cette appelation est quelquefois justifiée par des productions qui sortent partiuclièrement du lot. Malgré son excellence en terme de divertissement défoulatoire, je n’irai jamais prétendre du dernier Call of Duty qu’il s’agit d’une oeuvre d’art ; toutefois, avec Assassin’s Creed II, jamais un jeu n’aura été aussi proche de ce statut (philosophiquement difficile à cerner). Abordons donc dans l’ordre les motifs de satisfaction, et les quelques regrets prodigués par ce jeu.

Assassin’s Creed II fait suite au premier opus du même nom, en nous proposant d’endosser le très seyant costume à capuche blanc ; quelques siècles après les croisades qui servaient de cadre moyenâgeux jusqu’ici. Loin de la Terre Sainte de l’assassin Altaïr, c’est dans l’Italie du quinzième siècle que nous aurons l’immense plaisir d’incarner le jeune cliché d’italien-tombeur-macho Ezio Auditore. Malgré ce changement radial dans la personnalité du personnage principal, la trame de fond de l’histoire, elle, ne change pas puisqu’il s’agit encore une fois de prendre part à la guerre secrète menée par les Assassins contre les Templiers.

Le cadre de l’action est donc directement la reconstitution des villes les plus mythiques de l’Italie de la Renaissance (à l’exception de Rome). De Florence à Venise en passant par San Giminiano, Monteriggioni et Forli, on pourra arpenter toutes les rues et escalader toutes les façades ; sans la moindre exception. A l’occasion on quittera les grandes agglomérations pour chevaucher un pur-sang dans une campagne toscane de carte-postale.

Moi qui ai eu la chance de visiter ces villes en vrai, à l’occasion de vacances torrides (au sens propre, d’autant plus au vu de ma physionomie de geek héliophobe), je dois dire que le fait de les visiter à nouveau sous cette forme est un vrai plaisir. Si on considère en plus l’énorme travail de reconstitution sur les décors mais également les costumes et la société de la Renaissance ; on ne peut qu’adhérer. Ce travail est visible dans tous les aspects du jeu, du scénario à la réalisation graphique et ne sert pas simplement de prétexte à un jeu qui en serait détaché. J’applaudis d’ailleurs ce parti-pris des concepteurs, qui ont tenu à ancrer le jeu dans un univers historique réel (quoique romancé) plutôt que dans un énième monde héroïc-fantasy, nécessairement moins riche, crédible et donc mémorable.

L’intrigue du jeu y prend une place prépondérante et est, comme tout le reste, particulièrement réussie. Ainsi, ce qui commence comme une affaire de rivalités entre familles nobles très classique, devient peu à peu la guerre entre les sociétés secrètes citées ci-dessus. A la fin du jeu (sans spoiler), l’intrigue prend une tournure à la fois épique et inattendue ; qui laisse présager du meilleur pour les suites qui ne manqueront pas de sortir.

Bien que très romancées et adaptées pour coller aux besoins du jeu ; l’intrigue prend directement racine dans l’histoire réelle. En particulier au début lors de la conspiration des Pazzi contre leurs ennemis de toujours : les Médicis.

Une autre des réussites d’Assassin’s Creed est largement contenue dans son gameplay très particulier. A mon sens, on peut classer ce bijou comme une sorte de GTA à l’âge de la maturité. La liberté d’action totale permet une très bonne immersion et un confort absolu de jeu. La prise en main est un peu difficile au début ; mais laisse peu à peu le joueur s’habituer afin de permettre un jeu à l’instinct.

L’escalade urbaine occupe une place centrale dans le jeu puisqu’elle permet de se déplacer à une grande vitesse, d’infiltrer les lieux les plus sécurisés, de semer les hommes de la maréchaussée ; mais également d’espionner depuis les hauteurs ou de repérer la carte de la zone. Ainsi, le fait d’atteindre un point haut pour repérer le terrain avant une opération sensible devient vital. Chose rare, Assassin’s Creed réussit à nous donner le vertige et l’ivresse des hauteurs lorsque peu à peu, pendant l’ascension d’un clocher de cathédrale, la clameur de la ville s’estompe pour laisser place au vent frais et aux cris des oiseaux. Toutefois, il s’agit de reprendre ses esprits après avoir savouré cet instant, surréel pour ne pas faire de faux-pas pendant la descente périlleuse de l’édifice.

Enfin, l’autre innovation vient bien entendu du système de combat très dynamique. Chose rare, Assassin’s Creed ne cède pas à la tentation du Hack & Slash ou du Beat Them All, mais propose au contraire une simulation d’escrime très convaincante. En choisissant ses armes avec précision (et en les améliorant au fur et à mesure du jeu), le joueur devra s’adapter selon le type et le nombre d’ennemis qu’il aura à affronter. Les duels à l’épée légère et à la dague laisseront des souvenirs mémorables jamais vus jusque là dans un jeu vidéo.

Un bémol toutefois ; le système de combat étant prévu pour permettre des affrontemetns d’envergure autant que des duels à nombre réduit, il demeure malgré tout assez facile à maitriser. Quel dommage que le jeu ne propose pas de difficulté réglable et qu’en maitrisant les différentes bottes et en sachant les utiliser on puisse si facilement venir à bout de n’importe quel combat ! A mon avis la limite unique du jeu est contenue dans ce seul inconvénient : les combats d’Assassin’s Creed sont assez faciles, et autant épiques qu’ils puissent être, la victoire n’est généralement qu’une question de temps. De ce fait, l’infiltration n’est jamais indispensable et tout problème peut plus ou moins être réglé par la violence.

Heureusement, le combat ne fait pas tout et les développeurs ont eu l’idée de parsemer le jeu de très nombreuses quêtes annexes qui vont de l’assassinat à la course contre la montre, en passant par l’exploration, l’infiltration et la collecte d’informations. Les tombeaux d’assassins sont une idée appréciable, qui troque le mode de jeu classique pour une séquence de plate-forme sans combat (ou presque) dans des donjons magnifiques. L’exploration de l’intérieur de la cathédrale de Florence et de la basilique Saint Marc de Venise sont absolument mémorables.

En conclusion, Assassin’s Creed II réussit à créer un style qui lui est propre en se développant sur les bases saines du premier opus. En réussissant une alchimie difficile ; le jeu conjugue avec succès le grand spectacle hollywoodien, des intrigues complexes, la vérité historique et l’art classique de la Renaissance. En proposant un gameplay equilibré et novateur, sans perdre le public gamer par ses prises de risques à tous les étages, le jeu se hisse au niveau des plus grands titres, toutes catégories confondues. Le fait de créer son propre genre et de prendre de nombreux risques place d’emblée la marque Assassin’s Creed comme une référence de la scène vidéoludique actuelle. Enfin, la profonde documentation réalisée sur l’univers et la période du jeu ; ainsi que ses références permanentes à l’art classique font de ce titre à nul autre pareil une véritable oeuvre d’art.

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2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • J'ai entendu dire que le 2.5 (Brotherhood) était très bon aussi même si il ne révolutionnait pas l'aventure solo. Tout ce que je peux souhaiter c'est que le prochain Assassin's Creed ait lieu pendant la Révolution Française, ça serait un super cadre pour ce jeu.

    • Oui en effet, c'est une des pistes étudiées par Ubisoft parait-il.

      A mon avis, le choix est fait depuis longtemps car le jeu est prévu pour la fin 2012. La Révolution serait vraiment originale et passionnante !

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