Cosmo [†] Orbüs

Hommage goguenard à Harry Potter

[Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment.
– Albus Dumbledore à Harry Potter, tome 2]

Daniel Raddcliffe est Harry Potter

Il est temps de faire le point sur la vérité (et toute la vérité) à propos de la double saga Harry Potter. En plus d’être un phénomène commercial, cette série à la fois de romans et de films (faut-il préciser ?) est devenue un pilier de notre culture geek. Plutôt que de distinguer les faces d’une même pièce, je décide de m’attaquer à plus fort que moi et de les affronter en même temps.

Déjà je sens les fanatiques se crisper ; mais rassurez-vous, je suis tout aussi acquis que vous à cette phénomène générationnel. Ca n’est cependant pas une raison pour se complaire sans l’adoration, l’esprit critique en marche : allons-y !

En guise de rappel historique, il me faut indiquer que j’ai découvert la série des romans lors de la sortie du quatrième volume, en 2000. A la suite de la lecture, j’ai avalé dans la foulée les trois volumes précédents. Plusieurs fois, en attendant les prochains.

L’énorme intérêt pour moi, en plus de l’histoire en elle même, c’est bien entendu le fait d’avoir eu le même âge que les protagonistes pendant toutes les années de la parution. Les lecteurs de ma génération et moi, qui avons suivis les parutions en temps réel, nous avons exactement le même âge qu’Harry. Bien entendu ceci a été confirmé et renforcé par l’adaptation de la série au cinéma ; puisque Daniel Radcliffe (photo) et moi sommes nés la même année : en 1989.

[Spoiler]

Intrigue et histoire

De fait, l’identification à joué à plein régime lors de ma découverte des aventures de nos amis. Pour les incultes, faisons un petit point de résumé maison :

Harry Potter, c’est l’histoire d’un garçonnet orphelin qui découvre le jour de ses onze ans qu’il n’est pas tout à fait comme les autres. En effet, il possède des pouvoirs magiques enfouis qui ne demandent qu’à s’exprimer, une fois qu’il aura appris à les dompter. Aussitôt dit, aussitôt fait, le marmot s’embarque pour l’école de magie Poudlard (Hogward pour les intégristes), et découvre petit à petit le monde de la magie, dont il ignorait jusqu’à l’existence.

Toutefois le temps des illusions n’a qu’un temps, puisqu’Harry apprend à ses dépends que si le monde de la magie est entre autres peuplé de gentils bienveillants, il n’est pas exempts de méchants particulièrement maléfiques et acharnés. En outre, Harry apprend qu’il est le seul sorcier à avoir survécu à l’assaut d’un Seigneur des Ténèbres Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, juste après que celui-ci ait assassiné ses parents. Ces événements indépendants de sa volonté font de lui une célébrité dans le monde des sorciers, une cible pour tout méchant qui se respecte, et un élu en puissance destiné à combattre le Mal afin de lui faire rendre gorge une fois pour toutes (d’une manière assez contrainte d’ailleurs, puisque les méchants attaquent toujours en premiers).

Dans son épopée, dont les neuf-dixièmes se déroulent dans l’enceinte de la labyrinthique école de sorcellerie, le jeune héros va grandir, apprendre, se battre, rire, aimer, haïr. En chemin il rencontrera des dizaines de personnages hauts en couleurs, depuis les amis les plus chers jusqu’aux ennemis jurés les plus détestables.

En prenant un peu de recul par rapport à ce synopsis que nous connaissons tous, on constate plusieurs choses qui peuvent expliquer en partie le succès des aventures d’Harry. Pour moi, Harry Potter est un manga de type shōnen (manga pour adolescents), et plus particulièrement un nekketsu. Je m’explique. Comme l’indique parfaitement Wikipédia, le nekketsu est un style de manga assez codifié, qui met en scène des personnages de jeunes garçons orphelins, dôtés de pouvoirs exceptionnels, qui combattent le Mal en compagnie de leurs amis. En général conçue comme un rite de passage, l’intrigue sert de cadre aux changements de la période d’adolescence, et aux découvertes de l’amitié à l’amour. Une dose appréciable de baston et permet de donner un sens épique à la vie finalement très commune des héros. Ces mangas mettent en scène de façon récurrente les personnages-types du Mal Absolu (Voldemort), du Maître (Albus Dumbledore), du Meilleur Ami (Ron et Hermione) ou encore du Rival (Drago Malefoy). C’est typiquement le style des mangas comme Naruto, ou One Piece (parait-il).

Alors bien entendu, Harry Potter n’est pas japonais mais anglais, et n’est pas un manga mais un roman. Et pourtant, il est évident que le style de la narration et les thèmes abordés dans l’ensemble de ses aventures appartiennent au même champ narratif, et partagent en partie le même lectorat.

L’intrigue de la série des Harry Potter est pour ainsi dire inexistante sur les grandes lignes, puisque l’éternel combat entre le Bien et le Mal est la seule trame existante. Dans chaque épisode toutefois, on pourra se passionner pour les intrigues intermédiaires concernant les personnages et leurs relations. Ce sont d’ailleurs les personnages qui apportent une grande partie de l’intérêt de la saga, puisqu’ils sont à la fois nombreux et variés.

L’histoire d’Harry Potter est la plus manichéenne qui soit ; puisque chaque personnage est affecté d’emblée à un camp. On voudrait nous faire croire que le personnage de Severus Rogue (Severus Snape en VO) est totalement ambivalent ; ce à quoi je répondrais sans peine que c’est bien le seul, et qu’accessoirement je n’ai jamais douté de son véritable camp, qu’on apprend à la toute fin du dernier volume. Pour des personnages réalistes et complexes, on repassera.

Enfin, le scénario et l’univers sont attrayants à première vue, sans pour autant résister à une analyse un peu poussée. Les incohérences se chiffrent en billions, autant dans le comportement des personnages que dans l’organisation du monde de la magie. Néanmoins, la grande force de la saga est de réussir à combiner l’ensemble des croyances et légendes basées sur la magie, afin de leur donner une existence dans un monde parallèle à celui des « moldus ». Ainsi, tous les mythes et légendes prennent corps dans cet univers, que ce soient les dragons, les loups-garous, les balais volants ou les baguettes magiques.

C’est ce rapprochement entre des éléments très variés, ainsi qu’un manque évident de travail sur l’univers dans sa globalité, qui cause les incohérences de l’univers sur lequel repose le scénario. Plutôt que d’en faire une liste exhaustive sans être constructive, autant fermer les yeux et apprécier l’univers tel qu’il vient. Dommage toutefois de savoir que l’univers qu’on voit dans la série, n’est qu’une façade valable uniquement depuis le regard du personnage principal.

Ambiance

Le caractère évolutif de l’histoire et des personnages de la saga est accompagné d’un glissement progressif du style narratif et graphique des deux séries. Alors que les romans stagnent un peu dans un style narratif trop simple, voire simpliste, à la porté des jeunes lecteurs, la série au cinéma a réussi à abandonner totalement la naïveté et les hésitations des débuts. Les mioches des premiers épisodes ont bien grandi et savent maintenant donner le change devant une grosse caméra IMAX 3D.

Selon moi, le basculement se produit à partir du quatrième épisode : Harry Potter et la Coupe de Feu, qui voit le retour du grand méchant et la mort d’un des amis d’Harry. L’ambiance de village de noël et de méchants bon-enfant des débuts est remplacée par un univers sombre aux relents gothiques du plus bel effet ; on assiste plus aux cours, et les sarcasmes du professeur de potions deviennent largement secondaires. Dans la fin de la série, les personnages sont considérés comme des résistants face aux forces du Mal plutôt que comme de simples élèves. On apprécie le changement de registre, mais on ne peut pas s’empêcher de noter la nouvelle flopée d’incohérences qui découlent de cet état de fait.

Attention toutefois, car de l’esthétique gothique la série ne reprend que certains codes visuels (en particulier pour les méchants). Les thèmes quand à eux ne relèvent pas du tout de cette sphère, mis à part quelques interrogations de seconde importance, sur la mort ou le destin par exemple. Ainsi, les derniers Harry Potter mettent en avant un gothique de façade, qui ne suit pas dans les sujets traités. C’est pour cela qu’on ne peut pas considérer la série des films comme une oeuvre gothique à part entière.

Au risque d’en faire trop, la fin de la saga vire carrément dans le pathos grandiloquent lors du trépas de l’un des personnages principaux, à la fin du tome 6. En se laissant prendre au jeu, on sort volontiers les violons et les mouchoirs ; on pleure un bon coup, et on se remet de nos émotions pour la happy end.

Malheureusement, le dernier volume n’est pas à la hauteur de la montée en puissance dramatique des précédents, et déçoit franchement. On n’aura donc pas droit à une véritable fin dramatique, ouverte sur le futur et laissant l’espoir d’un avenir meilleur ; JK Rowling préfère nous infliger un triomphe total de la gentillesse sur la méchanceté. Pire, l’auteur termine son dernier volume par un « 10 ans plus tard » du plus mauvais effet, afin de nous empêcher totalement la moindre supposition sur l’avenir des personnages après la victoire.

J’imagine que ce choix rassure le lectorat d’adolescentes inaptes à l’imagination ; et j’aurai préféré ne pas partager mon plaisir de lecture avec elles. Aujourd’hui, ce lectorat s’est reporté sur Twilight et moi sur d’autres sujets. Difficile de dire si nous nous recroiseront un jour en tombant d’accord sur un même roman.

Un certain nombre de grandes figures interviennent dans l’histoire afin de donner à l’ensemble une structure tragique, qui s’intensifie avec le temps. Dans le camp des ennemis, les plus populaires ne sont d’ailleurs pas les psychopathes ou les maîtres du Mal, mais plutôt le rival (Drago) et le professeur machiavélique (Rogue) ; autant de personnages que l’on peut rencontrer dans la vie courante et qui identifient le lecteur à ses héros. Le fait que l’intrigue se déroule dans une école joue bien sûr le même rôle.

Les gens de ma génération et moi avons été accompagnés par Harry Potter tout au long de notre propre adolescence, jusqu’à maintenant. De fait, le glissement vers une ambiance plus sombre et à l’allure gothique ne nous as pas gêné puisqu’il a accompagné notre propre prise d’âge et de maturité. Je me demande bien quelle pourrait être la réaction d’un enfant de onze ans aujourd’hui, qui avalerait tous les tomes, et/ou tous les films d’un seul coup. A mon avis, cette expérience pourrait avoir quelque chose de déstabilisant (voir traumatisant) pour un enfant qui s’identifierait à un personnage grandissant beaucoup plus vite que lui.

Hommage

Malgré l’ensemble des critiques que j’ai pu énoncer jusque là, et le fait que malgré tout je reste goguenard en appréhendant cette saga, force est de constater qu’elle est aujourd’hui devenue culte. En espérant que le dernier film de la série achèvera en beauté ce qui a été commencé, nous pouvons toujours relire les derniers volumes en romans.

Comme je le disais à la sortie du premier film du septième épisode, Harry Potter fait aujourd’hui office de pilier de la culture geek, au même titre que ses glorieux prédécesseurs. Tout est question de génération ; et pour nos petits frères et soeurs, Harry Potter fera office de mythe fondateur là ou nous avions Le Seigneur des Anneaux et Star Wars, et ou nos grands frères eurent Dune, Asimov et Star Trek.

Le jour où nous ne verront plus le moindre intérêt aux phénomènes générationnels des geek de demain, il sera l’heure de passer la main. En attendant ce jour tragique où  la vieillesse aura raison de notre enthousiasme, je voudrais rendre à la saga Harry Potter un très sincère, et très vibrant hommage.

Que le combat ne semble pas gagné pour autant. En juillet prochain sortira le dernier film, et je serai là parmi d’autres. Alors même si la victoire pourrait sembler acquise, attention de ne pas finir sur une amère déception. « Le dernier ennemi, c’est la Mort. »

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12 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Mon cher Epon,

    Avant de faire part de petits désaccords (et tu t'en doute que j'en ai sinon je ne laisserait pas de commentaire), je fais comme a mon habitude et signe toutes les assurances possible pour t'assurer (drôle n'est ce pas ? ) que tu n'es pas loin de toute la vérités sur notre cher HP.

    A oui j'ose a peine te dire, mais pour des raisons qui ne peuvent être comprises que par toi que ta référence japanisante ma presque "fait vomir".

    Bref, le style de JRK Rowling est simpliste a tes yeux ? Peut être, en effet la traduction Française l'est (c'est une litote) mais a moins que tu ais lu les versions Anglaises (ce dont tu me permettras de douter…) tu ne peux pas dire que le style est simpliste.
    Le fait est que les personnages sont pour la plupart très vite classé dans le bien ou mal (voir Greyback, Voldemort, Queudver…) mais d'abords permet moi de remettre en doute le fait que tu n'ais jamais douter de l’allégeance de Severus Rogue. De fait, une partie monumentale du bouquin repose sur son ambivalence et tu n'aurais probablement pas apprécié autant cette série sans cela. De plus, a la fin de la série des personnages plus ambivalent se font jours également, si les Lestrange sont tous sauf ambivalents on peut se poser la question de Narcissa Malefoy qui bien qu'anti moldu et supremaciste (entendre en gros venant de Serpentard) n'est pas totalement acquise aux idéaux de Voldemort, certes surtout après la chute de son mari et les risques encourus pas son fils mais vaut mieux tard que jamais. On peut faire exactement la même analyse sur Drago qui certes devient une chiffe molle sur la fin, mais il a tendance au repentir. Enfin Slughorn est légérement ambivalent lui aussi. En conclusion de ce chapitre tu ne peux pas affirmer non plus que l'opposition Griffondor Serpentard qui est tout de même la trame des premiers est celle bien/mal, dans le premiers plus simplistes c'est peut être vrai mais les exemples que je vient de citer et le bon sens nous amène a penser que tous les sorciers issus de Serpentard ne sont pas des méchants.
    Sur l'évolution des personnages je suis tout a fait d'accord avec toi, heureusement que l'on a grandi avec. Mais ta peur pour des moufflets de 11 ans je te rassure, a cette age la on ne lie pas et encore moins les grandes saga. Moi même qui suis et tu le sais un grands lecteurs a cette age alors que l'on m'avait mis le Premier Potter dans les mains je les tranquillement laissé s'empoussiérer dans ma bibliothèque jusqu'a ce que la découverte du 5 me le fasse l’exhumer.
    Pour l'univers gothiques c'est vrais que ce n'est qu'une façade, enfin la plupart du temps, mais je ne sache pas que les réalisateurs ont pris le partis de dire haut et fort que c'est dans le gothique pure souche. Même si en effet, la fin heureuse et les 10 ans plus tard sont comme un cheveux sur la soupe.
    Enfin, l'Epon, comme tu m'as l'air plutôt accommodant avec les fanatiques permet moi de signaler que billions n'est pas du plus correcte dans la langue de Mollière mais est un affreux anglicisme signifiant milliard. L'Académie m'en sera reconnaissant.

    Je conclurais par une dernière assurance en affirmant de nouveau la qualité ce article sur "Mr Potter" (voix française de Rogue dans le premier film lors de leur arrivé a Poudlard…)

  • Quoi que ma lecture des livres est maintenant un peu loin, et ayant beau être un peu plus jeune que Potter, je me trouve dans la situation délicate où la mémoire flanche. J'ai commencé à lire les livres, quasiment dès leur sortie, j'avais 8-9 ans, et contrairement à d'autres, trop vieux pour tomber dans la rêverie qui n'appartient qu'à un certain âge, j'ai attendu le jour de mes 11 ans, qu'Hagrid m'emmène à Poudlard ; parce que j'ai eu la chance de grandir avec Potter, mais aussi qu'il me fasse rêver. Malgré tout, les détails de l'histoire se sont envolés.

    Je me souviens seulement, et par là je m'oppose à tes propos, qu'il fut fort intéressant de connaitre ce que les protagonistes deviennent 10 ans plus tard, c'est cucul, c'est gnangnan, mais c'est pertinent de savoir comment l'auteur voit, pense ses personnages ; alors que nous mêmes n'arrivons pas à nous situer dans un futur proche. Alors dans 10 ans, quand Potter and co ont fait leur vie, où serons nous? Peut être, fus-je juste un peu frustrée qu'ils ne m'aient pas attendu pour vieillir.

    Et, la mort de Dmbldr. est tragique, il est interdit de se moquer de ceux et celles qui se sont laisser avoir au piège des violons ; qui d'ailleurs n'a aucun effet dans le film. Un des passages les plus mal retranscrit au cinéma (d'après moi ).

    Passant d'un style cucul, à travailler, les livres suivent l'évolution des personnages, leur maturité. Et peut être que J.K. Rowling, souhaitant tout d'abord s'adresser aux enfants, surprise par le succès du livre auprès des adultes, décida d'utiliser un langage plus adapté, suivant ainsi même l'évolution de ses lecteurs.

    Ceux-ci ne sont que des idées. D'ailleurs, je ne sais de quelle référence parle Alexander, mais sur le côté japanisant, je te prierai de ne plus comparer Potter à un manga!

    A première vue long, l'article se lit d'une traite : gage de qualité.

  • je ne crois pas que billion soit un anglicisme. Je me trompe peut-être mais on m'a toujours appris que dans l'ordre venaient : million (10^6), milliard(10^9), billion(10^12), billiard(10^15), trillion(10^18), trilliard(10^21), quadrillion(10^24), quadrilliard(10^27), quintillion(10^30), quintilliard(10^33) …

    je comprends donc que en l'occurrence, epon voulait dire qu'il y avait de l'ordre de 10^12 soit mille milliards d'incohérences, soit près d'une tera-incohérence, ce qui fait beaucoup mine de rien, c'est à peu près le nombre de grains de sable fin contenus dans un cube de 1 mètre de côté. En admettant qu'une incohérence par seconde se glisse dans le film, on trouve alors une durée de film incohérent de 100 000 années (1 année = 3.10^7 secondes seulement !). Or la saga entière doit durée moins de 25 heures. Par l'absurde j'en déduis l'usage d'une figure de style récurrente chez notre cher epon : l'hyperbole.

    (bon d'accord j'ai regardé sur wikipédia pour trouver le mot, on est homme de lettre ou on ne l'est pas)

    Grâce à moi l'ambigüité est levée sur ce passage, merci, merci, au plaisir.

  • J'avais dit que je viendrais lire cet article, et j'aime particulièrement ta comparaison aux mangas… même si pour moi le schéma Harry Potter (le pauvre petit orphelin qui combat le mal entouré de ses potes) est tellement universel qu'il est difficile de s'en tenir à un unique genre d'un seul pays à titre de comparaison.
    Malgré ça, je suis d'accord avec toi sur… mettons 90%. Pour le reste, quelques petites nuances à apporter (et ce faisant je risque de répéter un peu ce qui a déjà été dit, vous m'en voyez désolée^^).
    D'abord, pour le style "simpliste"… je dirais plutôt que la traduction française est exécrable (d'autant qu'il me semble que dans les premiers tomes, des paragraphes entiers ont bel et bien disparu de la version française… Je ne vois pas l'intérêt d'élaguer un bouquin comme ça, mais de toute façon traduttore traditere, blabla…) Tout ça pour dire que sans que son style soit génial, carrément transcendant et merveilleusement travaillé, Rowling n'écrit pas mal (voire même plutôt bien!) et qu'il est dommage que la traduction donne cette impression de simplicité…
    Pour ce qui est des films (et c'est normalement à ce moment que je me planque sous un bouclier "liberté d'expression et droit à la subjectivité"), le fait que les jeunes acteurs parviennent à "donner le change" devant la caméra me laisse sceptique. Certes, ils se sont améliorés sur la voie de la médiocrité, mais impossible pour moi de les trouver vraiment convaincants… et particulièrement dans les deux derniers films, justement parce que comme ils ont grandit, ils n'ont plus l'excuse de la jeunesse et de la naïveté, et le contraste devient d'autant plus flagrant. Mais bref, ça, c'est encore de l'avis totalement personnel, j'ai par ailleurs beaucoup apprécié l'ambiance du dernier film en date, même si j'ai un peu peur de l'adaptation ciné de la fin parfaitement guimauve de cette série…
    Bref, tout ça pour dire qu'au final je partage une bonne partie de tes avis sur la question, que tu as mis le doigt sur pas mal de points intéressants, et que je peux, après avoir essayé d'être un minimum objective et critique, brandir mon petit drapeau "Harry Potter au pouvoir!" et entamer ma relecture du tome 2 :p

  • C'est assez vrai que le modèle du jeune orphelin contre les forces du mal est assez universel ; mais je pense que la ressemblance avec le Shonen explique la succès d'HP, au moins en partie.

    Quand à ma remarque sur le style simpliste, c'est vrai que je n'ai lu les romans qu'en français. Dans ce cas je fais amende honorable sur ce point, quoique je reste un brin sceptique.

  • Je viens seulement de lire cet article – et tout ses commentaires, veuillez m'en excuser.
    Tout d'abord, je voudrais préciser que l'on écrit "Hogwarts" et non "Hogward". J'assume parfaitement mon statut de puriste, oui monsieur.

    A part ça, je voulais réagir quant aux personnage : les personnage du "bien" sont creux. Ca c'est certain. Abonnée depuis des années à la série Harry Potter, tant par les livres, que les films en passant par divers dérivés, je peux te décrire quasiment chacun des personnages "gentils" en quelques mots, et viser plutôt juste sans trop de difficultés. Cependant, pour les personnages incarnant le mal, notamment certains mangemorts, ils restent bien plus mystérieux. Et j'admets que j'aurais parfois aimer connaître un peu plus la vie de certains, et par là rendre la série un peu plus noire. Mais c'est vrai, à la base, c'est sensé être presque un conte pour enfant, faudrait pas non plus effrayer le jeune public.

    Bref passons, pour ce qui est du sujet, il n'y a pas pire pour moi que le dernier chapitre du Tome 7, arguant un triomphant "19 years later…" qui m'a fait à la fois autant rire que pleurer. Nul, nul, supernul.

    Attention, spoiler !

    Pourquoi caser Drago Malefoy là-dedans ? Foncez droit sur fanfiction.net ou tout autre site consacré aux fictions en tout genre. Allez vous promener en section Harry Potter, ou même dans les galeries de fanarts, et dans la majorité des cas vous retrouverez notre héros sorcier dans les bras du grand blond platine. Hé oui, ces demoiselles fantasment, et pour reprendre ta comparaison au style japonais : vive le yaoi, qui fait frétiller les ados pré-pubèrent. Et moi.

    K.

  • Salut Kaa,

    Je maintiens qu'entre "puriste" et "intégriste" la frontière est mince. :D

    Pour ce que tu dis sur les mangemorts, plus mystérieux, je ne pense pas que c'est parce qu'on en sait peu sur un personnage qu'il est profond. Il est tellement plus facile de laisser planer le doute que d'inventer quelque chose de cohérent, il suffit de ne rien dire.

    "- Mais quelles sont vos motivations ? Hurla Harry comme à son habitude face à un méchant.
    – Hu… Répondit ce dernier en affichant un hideux rictus et en disparaissant dans les ténèbres."

    Ca y est, le doute est posé, la réponse ne viendra jamais, et pour autant le résultat est beaucoup plus fade qu'une explication, fut-elle décevante.

    Quand au dernier chapitre, il est évidemment navrant. Mais entre ce happy-end risible et une fin en yaoi (relation homo masculine pour les profanes), je pense que je préfère la première.

      • Pour ma part, je n’ai absolument rien contre, même si je dois admettre que le yuri est bien plus souvent représenté dans les hentaï que dans les fanfictions. M’est arrivé d’en lire et je trouve ça assez drôle. Reste à admettre que la grande majorité des filles ne lisent pas et n’écrivent pas de yuri, et qu’elles ne l’apprécient pas.

        Sachant que la majorité des auteurs de fanfictions sont des femmes / jeunes filles, la chance de tomber sur un bon yuri, bien écrit est, disons, quasi-inexistante. ;)

  • Je ne trouve pas choquant de comparer Harry Potter à un shonen pour ma part, mais en fait, les commentaires ont raison, c’est une histoire universelle. Star Wars l’a fait avant et tout un tas de romans et de films! C’est parce que c’est une histoire universelle que les gens et non pas parce que ça ressemble à un shonen. C’est le shonen qui ressemble à l’histoire universelle! ;)

    Je suis d’accord avec l’article. Moi qui ai grandi avec Harry Potter j’arrive parfois à avoir un regard objectif et détaché. C’est un de mes romans préférés par toute la magie dans laquelle il me plonge et je défends la saga bec et ongle bien que je reconnaisse les défauts « hum, le 2, nan pas terrible, un peu fade, sans intérêt, le 5, sniiiiiiiiiiiiif ils ont tué mon perso préféré mais il est excellent! Le 6 niais, décousu, l’intérêt vient de l’histoire de Voldemort et non de toutes les histoires d’ado, le 7, il est lent au début mais trop rapide à la fin. On n’a pas le temps de faire son deuil et la fin est juste nuuuuuuuuuuuulle! » Mes préfèrés sont le 3, 4 et 5, l’âge d’or d’Harry Potter, mais cela ne m’empêche jamais d’apprécier de lire le 7 ou le 1. Il faudra que j’essaye la VO un jour! De toute façon, j’ai grandi avec et je souhaite avoir les tomes sous différents exemplaires (vo, vf, couverture joliiiiiiiiiiiiie) notamment pour avoir le plaisir de présenter les tomes non lus, qui portent toute la marque du neuf, et des tomes que je relirais encore et encore et dont la couverture et les pages porteront la trace du nombre de lectures enflammés!^^ Un jour, je ferais aussi un article sur Harry Potter, mais il sera probablement, long, trèèèèèèèès long. J’en ferais également un sur la saga de l’assassin royal et le seigneur des anneaux. Mais c’est le genre de critique qui me prendra des jours car je me sentirais déshonoré de pas rendre justice à ces sagas! Et j’ai du boulot pour le faire!^^

    • La question de rendre justice à une saga que l’on adule est effectivement assez difficile. :) Pour ma part j’aime faire une critique détaillée de chaque oeuvre (films et livres) puis un hommage générique comme ici. Mais que je me relise un an après et je risque de me retrouver avec des envies de modifications. C’est l’une des malédictions du blog.

      Merci de tin commentaire usuldeath !

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