Cosmo [†] Orbüs
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Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui.
– Le Petit Prince

Qui dit « carte de cinéma illimité » dit tentation d’aller voir des films, beaucoup de films. Et qui va voir beaucoup de films s’expose à d’inébranlables merdes, et d’amères déceptions. En 2015, j’ai croisé pas mal de bonnes surprises et je suis tombé d’assez haut… plusieurs fois.

Retour sur les bon gros foirages cinématographiques de l’année dernière.

Flop 5

5. The Lobster

the-lobster-afficheJe sais, The Lobster ne mérite pas un aussi mauvais traitement ! Film intello et original, il met en scène un monde où les personnages sont contraints de tomber amoureux sous peine d’être changés en animaux. Un postulat rigolo et caustique, un univers barré à la Wes Anderson, des dialogues tordants comme chez les frères Cohen…

Mais voilà, The Lobster est trop long, trop grêlé de trop d’erreurs, et se perd trop loin dans une seconde partie complètement hors-sujet (avec une Léa Seydoux ridicule) là où le cadre initial de la clinique aurait suffit à un film entier. S’il est certainement le meilleur film de ma sélection de ratages, et si je regrette de devoir être si dur avec lui, The Lobster mérite sa place dans le classement de mes plus grosses déceptions de l’année.

4. Tale of Tales

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Film énigmatique au beau casting, Tale of Tales est une sorte d’agglomérat bizarre de contes fées, qui cherche vainement à rendre un hommage tièdasse aux frères Grimm. Je n’ai pas vu Blanche Neige et le Chasseur, mais je subodore que c’est du même tonneau. On y suit sans passion quatre ou cinq histoires contiguës et globalement sans queue ni tête, que rien ne rapproche jamais.

Salma Hayek et Vincent Cassel traînent les pieds, et on se désintéresse vite du devenir de ces récits biscornus et imprévisibles. Une fois franchie la première heure de stagnation poussive, je lâche l’affaire tant l’étrangeté générale ne suffit pas à me faire raccrocher les wagons. Suis-je insensible à l’atmosphère de conte de fées ? Peut-être. Il n’empêche que là où j’attendais un film fantastique original, je n’ai récolté qu’une overdose de vide.

3. Le Petit Prince

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J’avais repéré ce Petit Prince des mois avant sa sortie. Son ambition était casse-gueule : actualiser le conte de Saint-Exupéry en lui associant l’histoire contemporaine d’une petite fille s’ouvrant, grâce à lui, à son univers onirique et philosophique.

Ça marche curieusement bien jusqu’à la moitié. L’histoire contemporaine est drôle, entrecoupée de séquences imitation « papier mâché » tirées du bouquin. Puis, ça devient pathétique lorsque l’héroïne part chercher le « vrai » petit prince et retrouve un ado empoté qui devient un sidekick insupportable. C’est ridicule, ça n’a rien à voir avec Saint-Ex, et l’esprit du conte original se trouve à moitié foutu en l’air par un hommage lourdingue et mal foutu. Dommage qu’aucun réalisateur de film d’animation n’ose essayer autre chose que du sous-Pixar. D’autant plus avec un matériau de base aussi sanctifié.

Bien essayé, mais c’est raté.

2. Crimson Peak

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Peut-être quand même la plus belle affiche de l’année.

Encore un film que j’attendais, tant le vibrant hommage au genre fantastique aurait dû être grandiose. Et bien non. Guillermo del Toro aligne un nombre de clichés (ou références appuyées) incalculables jusque dans la tenue vestimentaire de ses personnages, bardant la totalité de ses plans d’effets visuels photoshopesques qui se voudraient grandioses et ne réussissent qu’à être kitsch. Monsieur se la joue Coppola, mais n’a pas compris la différence entre le gothique et le fait de faire sursauter ses spectateurs (coups de corne de brumes et squelettes en plastique) toutes  les vingt secondes.

C’est vraiment dommage, car le potentiel de Tom Hiddleston et Jessica Chastain dans ce remake trèèès bancal de Barbe Bleue avait de quoi faire rêver ; si les acteurs n’avaient été sauvagement noyés sous un quintal de filtres Photoshop et un scénario déjà vu mille fois. Quand on sait que Del Toro voudrait (depuis longtemps) adapter Les Montagnes Hallucinées de Lovecraft, il y a de quoi avoir peur.

1. 007 Spectre

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Regardez l’affiche.
Vous avez vu le film.

A mi chemin entre un OSS 117 au premier degré et une pub de parfum au casting hors de prix, le dernier Bond dégueule sur tout ce qui faisait la modernité de Skyfall et Casino Royale. Tout, absolument tout y est cliché ; et n’allez pas me dire que c’est la franchise qui veut ça, où je m’énerve. On se croirait dans les années 70 en moins drôle, avec ce méchant ridicule aux motivations improbables et ses incohérences majeures, que dis-je, IMPARDONNABLES de scénario. Spectre est une sombre bouse à barrer de son esprit, dont une seule scène (le jour des morts à Mexico) est à garder tant le reste du film, action comprise, est long, déjà-vu, tiède, lent, sans intérêt.

Moi qui me faisait une joie de retrouver les nouveaux M, Q et Moneypenny pour étrenner la modernisation de la division 00, me voilà servi. Y compris le (début de) discours sur la surveillance globale et les ressors scénaristiques un peu nouveaux (le passéisme des agents de terrain, le fait qu’ils sont concurrencés par la surveillance en ligne…) sont annihilés par la vacuité totale du propos. La liste est longue des ficelles vieilles comme le monde (montre explosive, monologue du méchant, Monica Bellucci…), des incohérences, et des clichés bondesques de cette nouvelle mouture. En un jeu de mots comme en cent : un grand Bond en arrière.

-Saint Epondyle-

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6 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Je n’ai vu que deux films cités, et je suis totalement d’accord avec tes critiques.

    Pour Crimson Peak, j’ai été très déçue et saturée par un visuel étouffant. Le scénario ne m’a pas emballé, tant il était, effectivement, classique et téléphoné. Mais encore, sur ce point, cela aurait pu « passer » s’il y avait eu un apport au genre, et en fait… Non. Mais Del Toro et Burton ont ce problème ces derniers temps : ils ont tendance à se planter à vouloir miser sur les effets de style. Et si Hiddleston m’a encore surprise par sa capacité à créer des masques hallucinants, il n’arrive pourtant pas à porter un film définitivement trop lourd.

    Quant à Spectre, je n’ai pas compris non plus comment on a pu passer de Casino Royal à… ça.
    Fan de James Bond, j’étais totalement ravie par le renouveau apporté à la série, avec un Bond pile dans ses clichés, mais réactualisés justement. Et là, comme tu dis, bond (lol) en arrière. Le tout, en supportant une actrice fadasse et survendue qui ne sait ni jouer physiquement, ni poser une émotion dans sa voix. Oui, Léa me pose problème.

    Quant à l’intervention de Monica… Bon, certes, il faut payer les « ramonages », mais peut-être pas à ce prix, je l’ai connue plus regardante dans ses rôles.

    Les trois autres en revanche, pas vu. J’espère voir ta liste de réussites ^^

    • Salut Gab’ !
      Je vois qu’on est d’accord. Sauf que… Monica regarddante dans ses rôles ? Tu parles du Pacte des Loups ou de Matrix 2 ? Lol !
      La liste de réussites est en préparation, ça vient ça vient.

  • je suis d’accord dans l’ensemble bien que je te trouve un peu dur avec « the lobster » tu le dis toi même il ne mérites surement pas un aussi mauvais traitement. Le film est passé à côté de quelque chose c’est certain, il se perd dans l’univers qu’il a lui même crée ; mais il a le mérite d’être vraiment original comparé à tous les autres films cités dans ce flop 5

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