Cosmo [†] Orbüs

X-Men: Days of Future Past | Dernière chance de rattraper le coup

L’une des affiches du film.

[Please, we need you to hope again.]

Un vieux sage hindou m’a dit un jour : « Souviens-toi jeune coq, qu’un bon film ne fera pas toujours un bon scénario de Donjons & Dragons. Et vice et versa. » Si j’ai fait de ce conseil l’un des fondements de ma vie, il n’en est visiblement pas de même pour Bryan Singer, réalisateur du dernier film adapté de l’univers Marvel : X-Men : Days of Future Past.

J’entretiens avec la saga X-Men plus que toute autre une détestation amicale des plus paradoxales. Et histoire de me fâcher les intégristes dès maintenant, je précise que je n’ai jamais lu, ni eu l’intention de lire leurs aventures sur papier, une saga filmique est censée se tenir en tant que telle. Une fois dépassé le concept bancal de la saga -chaque mutant possède un pouvoir de baston donjesque- il faut reconnaître qu’elle a le mérite de proposer une alternative plus intelligente aux histoires de superhéros habituelles, en faisant appel à des thèmes classiques de science-fiction. C’était aussi la qualité de Man of Steel d’ailleurs.

L’histoire du film est la suivante. Attention, c’est un brin technique.

Dans le futur, les mutants ont été asservis par les humains grâce à des machines sophistiquées capables de s’adapter pour les combattre. Petit à petit, ils furent éliminés de la surface du globe. Réfugiés avec quelques survivants, le Professeur Xavier et Magneto décident d’utiliser les pouvoirs combinés de Shadowcat et Wolverine pour renvoyer ce dernier dans le passé.

En 1973, celui-ci devra retrouver ses mentors encore jeunes afin de les guider vers un avenir pacifique, y compris contre leur gré.

Dans l’idée, X-Men : Days of Future Past se déroule donc après tous les autres films, et met en scène un Logan âgé renvoyé après les multiples préquelles de la série (Origins et Le Commencement), mais avant X-Men 1. Malheureusement, si l’on aime retrouver les personnages à plusieurs époques, a commencer par les années 1970 qui leur vont si bien, on est très vite largué. Car à trop vouloir jouer la mythologie populaire, X-Men : Days of Future Past perd son propre fil entre les événements connus du spectateur ou sous-entendus, et l’évolution des relations entre ses personnages. Ajoutez à cela les incohérences majeures, ou en tous cas des lacunes narratives impardonnables, et vous comprendrez pourquoi ce dernier volume est un mauvais film.

Eric Lehnsherr, Charles Xavier, Logan, Professeur X, Magneto. Et vice et versa.

Non content d’être très compliqué dans l’agencement des différentes temporalités (le présent, le passé, le futur passé et le futur possible), le film réussit à rester très linéaire et assez attendu dans son écriture et sa construction. La confusion des enjeux peine à nous mobiliser, et la trame générale ressemble plus à une partie de D&D bordélique où chacun se bastonne sans trop comprendre pourquoi, qu’à une histoire construite. En bon plagiat des classiques, le film se clôt sur une scène copiée/collée de Matrix avant d’ouvrir sur une fin aussi prévisible que décevante. Bref X-Men : Days of Future Past ne se hisse pas à la hauteur de ses prétentions.

Visuellement parlant, le film entasse le mauvais goût habituel du genre sur des effets spéciaux vraiment moyens. C’était déjà difficile d’y croire au départ, si en plus c’est mal foutu on lâche complètement l’affaire. Heureusement, quelques scènes assez drôles et bien filmées -comme le ralenti de Vif-Argent- relèvent un peu le niveau en apportant une légèreté bienvenue dans la lourdeur qui gangrène le film.

En copiant trop Avengers, son ton décalé et son succès mondial (injustifié), ce X-Men manque son identité propre. Il aurait pu tellement gagner en approfondissant ses thématiques et en utilisant mieux le levier narratif du voyage temporel, ou en revenant un peu sur les relations entre personnages, quitte à en mettre moins en scène. Mais non, Days of Future Past échoue à réutiliser la base réussie du Commencement. Par aversion au risque commercial, Marvel a préféré ajouter sur la montagne des films sans intérêt, une bouse de plus.

-Saint Epondyle-

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5 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • D’un autre coté, tirer sur Days of the Futur Past, c’est un peu comme chasser le canard dans un élevage de foie gras du Périgord.
    C’est (vaguement) marrant une fios, mais on sent bien que c’en est si facile que c’est un peu ridicule. Ce film me fait toujours penser à la même chose qui peut se résumer ainsi: « But… why? »

    • C’est vrai que c’est facile. Et en même temps qu’ils arrêtent de nous servir de la merde aussi.
      Les meilleurs films de SFFF se trouvent dans la frange des budgets pas trop énormes et des sorties confidentielles.

      Merci de ton passage Psychee.

  • C’est vrai qu’en enlevant toutes les incohérences et actions illogiques, cela nous mènerait à un petit court-métrage, ou un long clip, et ce serait bien assez. Pourtant grand amateur des imbroglios temporels, mes yeux saignent à chaque nouvelle tentative hollywoodienne de nous présenter ça comme autant de prétextes à plus d’illogismes et d’incohérences. Seule petite chose passable de ces derniers temps, Predestination, avec Ethan Hawke.

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