Cosmo [†] Orbüs

Matrix | Andy & Lana Wachowski, 1999

[La cuillère n’existe pas.]

La culture geek se fonde sur plusieurs piliers profondément implantés. Dans le domaine du cinéma, il existe trois piliers principaux : Le Seigneur des Anneaux (passé), Matrix (présent) et Star Wars (futur). Chacun de ces monuments est une pierre fondatrice de notre culture actuelle, nous autres geeks.

Matrix, pour les incultes, est un film de science fiction réalisé par les frères Wachowski en 1999. Ce premier volet est un film à part entière auquel aucune suite n’était nécessaire. Toutefois, deux autres opus ont été réalisés avec plus ou moins de bonheur (Matrix Reloaded et Matrix Revolution) donnant ainsi naissance à une trilogie épique proposant un univers totalement inédit.

Dans cet univers, le monde que nous connaissons et dans lequel nous vivons n’existe pas en tant que tel ; il est en réalité un écran projeté devant les yeux de milliards d’humains afin de les maintenir en esclavage dans le monde réel. Ce monde réel et post-apocalyptique est dominé par les machines à l’intelligence artificielle, qui tirent leur électricité de l’énergie corporelle de leurs « champs » humains. Quelques résistants échappés du système mènent une guerre désespérée contre les machines en pénétrant illégalement dans la matrice, c’est-a-dire le monde virtuel duquel l’humanité est prisonnière. C’est ainsi que l’équipage du Nebuchadnezar commandé par Morpheus, et comprenant Trinity, Dozer, Switch, Apoc, Cypher, Tank et Le Mulot réussit à libérer un certain Thomas A. Anderson de son statut « d’halluciné ». Dès lors, il deviendra Neo, l’élu dont une prophetie dit qu’il est destiné à libérer l’espèce humaine.

Une fois dans la matrice, ces résistants sont confrontés aux « programmes » (ou « agents ») chargés de les éradiquer aussi sommairement que le ferait un antivirus sur votre ordinateur. Leurs rencontres donnent lieux aux combats les plus novateurs, les plus copiés et les plus puissamment mis en scène du cinéma contemporain. Les scènes de combat de Matrix ont introduit les arts martiaux asiatiques à Hollywood, en particulier le kung-fu et le jiu-jitsu. Doté de moyens techniques jamais vu à l’époque, le film possède probablement les scènes de castagne les plus commentés de l’histoire du cinéma.

Le côté novateur du film vient également de son aspect avant-gardiste. Inspiré d’une flopée de mangas totalement inconnus à l’époque, de plusieurs auteurs de science fiction dont Isaac Asimov et Philip K Dick, mais également du cinéma asiatique classique et d’autres classiques novateurs comme Tron (dont on attend actuellement la suite) ou le Terminator de James Cameron. Par sa capacité à créer un univers à part entière avec ses codes, son esthétique, ses références et ses émules, on peut reconnaître un vrai grand classique.

Aussi étrange que cela puisse paraitre, je n’ai vu aucune trace d’un JdR amateur basé sur l’univers de Matrix, qui serait pourtant idéal pour en écrire un. Des jeux vidéos existent et dans ce domaine encore, Matrix fait figure de précurseur. En effet, les scénaristes et équipes techniques des deux derniers volets de la saga ont également été mis à contribution pour réaliser les jeux Enter the Matrix et Path of Neo. Dès lors, ces jeux ne sont plus de simples produits dérivés mais participent à part entière à l’écriture de l’univers en mettant en scène les personnages secondaires des films (Niobe et Ghost en particulier). Pour avoir pratiqué le premier de ces jeux pendant de longues heures, je peux témoigner de sa très grande qualité.

Aujourd’hui, la trilogie est terminée et j’espère que ces messieurs de la Warner n’auront pas trop tôt la mauvaise idée de nous pondre une suite. Toutefois, l’héritage de Matrix continue de rester très vivace ; on en retrouve des traces (ou parfois beaucoup plus que des traces) dans d’innombrables nanars, de très nombreux navets (comme Blade, qui emprunte la moitié de son esthétique à Underworld, et l’autre à Matrix) et quelques bons films. C’est le cas par exemple du récent Inception de Christopher Nolan, qui n’est pas sans rappeler énormément le film des frères Wachowski tout en y apportant réellement de très nombreuses idées neuves.

Que vous soyez très jeune, ou que vous ayez passé les vingt dernières années à méditer dans l’Himalaya, ou que vous détestiez tout des univers geek, fantastique et de science-fiction, ou encore que vous ayez toute autre raison plus ou moins valable de ne jamais avoir vu Matrix (ou simplement que vous l’ayez vu mais ayez envie de le revoir), je ne puis que vous inciter à vous jeter sur ce film afin de combler au plus vite ce manque crucial dans votre existence et votre culture. Toutefois, je ne peux que vous montrer la porte. C’est à vous qu’il appartient de la franchir.

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4 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • J'aime beaucoup ta dernière phrase. Très a propos.
    Enfin je ferais remarquer que contrairement a ce que tu disais avant (a savoir l'article sur HP) Tu mets au même niveau LSDA et Star War (et non Harry Potter)…..

  • Salut,

    de nouveau conduit ici par une rediff Twitter, je réagis à ta mention des JdR qui ne se sont pas inspirés de Matrix pour transposer l’univers. A mon sens, c’est bien Matrix qui s’est inspirés de plusieurs JdR : Cyberpunk, Shadowrun en premier lieu.
    Mais comme ces 2 jeux, il y a beaucoup d’autres univers bivalents (le Monde des Ténèbres avec son Umbra, Earthdawn avec son Espace Astral, etc…). Du coup, j’ai l’impression qu’il n’y aurait PAS d’originalité à transposer l’univers Matrix dans un jeu de rôles. Ce ne serait ni novateur ni rafraîchissant.

    Cela dit, je reconnais qu’on puisse vouloir continuer l’expérience de cet univers :)

    • De même, il semble que Matrix soit largement inspiré du Neuromancien de William Gibson. Chose que j’ignorais à l’écriture de cet article. Peu importe, finalement, de savoir qui s’est inspiré de qui. La SF comme tous les genres se nourrit d’elle-même et mute en permanence en recyclant ses idées anciennes. Je n’y vois pas de malice, tant Matrix a été fondateur.
      Il n’empêche, un JdR inspiré ou inspirant l’univers des Wachwski me botterai pas mal !

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