Cosmo [†] Orbüs

[Film] Seven

[Ernest Hemingway a écrit :
« Le monde est un bel endroit qui vaut la peine qu’on se batte pour lui. »
Je suis d’accord avec la seconde partie.
– William Somerset, Seven]

Le thriller est un genre auquel on peut reprocher une certaine standardisation et beaucoup de routine. Pourtant, il est deux films majeurs dans le genre « thriller avec psychopathes », je veux parler du Silence des Agneaux (réalisé par Johnatan Demme) et de Seven de David Fincher. Dans l’un et l’autre sont posées les bases du concept hyper-repris depuis, du psychopathe-génie-du-mal mettant en échec les investigations de policiers obligés de jouer son jeu.

Avec Seven, le réalisateur David Fincher nous propose une pièce maîtresse de son oeuvre, quoiqu’à mon sens beaucoup moins frappante que son Fight Club, sorti plus tard. Beaucoup plus ancré dans le film de genre que son petit frère, Seven n’en demeure pas moins un excellent thriller et une leçon de cinéma pour tous les films d’aujourd’hui. Voici mon pitch maison.

A une semaine seulement de la retraite, l’inspecteur William Somerset se retrouve confronté à une série de meurtres inexplicables. Un serial-killer s’attaque chaque jour à une victime différente, sans aucun lien entre elles ni mobile apparent. A chaque meurtre, une mise en scène macabre rappelle les sept péchés capitaux : la Gourmandise (Gluttony), l’Avarice (Greed), la Paresse (Sloth), l’Orgueil (Pride), la Luxure (Lust), l’Envie (Envy) et la Colère (Wrath). Pour déjouer cet engrenage meurtrier, le vieux flic blasé va devoir faire équipe avec son remplaçant, le jeune David Mills.

Scénaristiquement, le film est très bien construit et réussi à nous tenir en haleine tout a long de son déroulement. La routine dont je parlais juste au dessus est complètement balayée par des rebondissements permanents qui changent complètement la donne. Sans rien dévoiler de l’intrigue, ça serait dommage, je peux dire que les meurtres perpétrés par le tueur sont extrêmement surprenants, autant dans leur inventivité sordide que dans leur mise en pratique. Très difficile dès lors pour les enquêteurs et les spectateurs de comprendre le but poursuivi par le tueur ou de deviner la suite des évènements.

Le film est centré sur l’éternel duo de flics, incarné ici par Morgan Freeman en vieil inspecteur blasé et par Brad Pitt en jeune loup cherchant a faire ses preuves. Malgré leurs caractères et leurs âges opposés, les deux compères apprennent à se connaitre et à travailler ensemble, pendant les sept jours de l’enquête. Bien entendu, les deux acteurs sont parfaits dans leurs rôles et donnent à ce cliché de duo de flics une âme et une crédibilité totale. Ces deux monuments d’Hollywood incarnent leurs personnages très justement, avec leurs faiblesses et leurs incertitudes, et pas comme des surhommes. On y croit à chaque instant.

On y croit d’ailleurs d’autant plus que le réalisateur David Fincher sait doser l’action et la réflexion. Les scènes d’étude en bibliothèque et d’investigation sur les scènes de crime sont très bien filmées et contribuent à créer une ambiance calme mais tendue durant tout le film. A certains moments, l’action prend le pas sur le reste lors de quelques scènes très dynamiques et violentes comme sait les filmer le réalisateur. Toutefois, ces scènes sont rares et le film reste assez proche de la vie -romancée- d’inspecteurs de la criminelle face à une affaire incroyablement complexe.

Malgré la virtuosité de la mise en scène, des acteurs et du scénario, je dois avouer que j’avais compris la fin du film -dans ses grandes lignes- avant la scène finale. Est-ce à cause de la surabondance d’aujourd’hui des thrillers, ou par un pouvoir de précog enfoui en moi, je l’ignore. Toujours est il que l’apothéose monumentale, la fin incroyable et indevinable qu’on m’avait promise m’a parue un peu moins exceptionnelle que prévu. Peut-être suis-je finalement d’une intelligence supérieur, au fond.

En conclusion, Seven est un film à voir. Même s’il est moins hallucinant que Fight Club dans sa mise en scène et ses partis-pris, et pas comique du tout, il n’en demeure pas moins un excellent thriller policier au scénario, à la mise en scène et au jeu d’acteurs impeccables. Enfin, avec ses policiers à képi octogonaux, ses énormes bagnoles carrées et ses impers sans forme, Seven est teinté d’une saveur presque historique, tout à fait emblématique des films policiers américains de son époque. Pour tout Meujeu de COPS, ce film est une mine d’or. Pour tout cinéphile, c’est une pièce majeure. Pour tout le monde, c’est un classique.

-Saint Epondyle-

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