Cosmo [†] Orbüs

[Film] Reservoir Dogs

[- Et toi, t’as tué du monde ?
– Juste des flics.
– Pas des vraies personnes ?
– Juste des flics.

– Mr Pink à Mr White, Reservoir Dogs]

Moi qui me targue d’une culture cinématographique non nulle, j’ai récemment comblé un vide dans ma vie : celui de n’avoir jamais vu Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. Il faut avouer qu’un film aussi mythique fait partie des essentiels non négociables, et restera pour moi comme une expérience de cinéma  mémorable.

Reservoir Dogs donc est un des films mythiques de Tarantino (avec Pulp Fiction), réalisateur de génie que j’ai découvert dans sa période récente avec Kill Bill, et que chacun connait (ou devrait connaitre). Bien entendu, en tant que mythe cinématographique, ce film a également largement fondé la notoriété de son auteur.

Reservoir Dogs raconte l’histoire simplissime d’une bande de braqueurs, constituée pour réaliser « un coup ». De l’opération elle-même on ne sait quasiment rien, si ce n’est qu’elle concerne une certaine quantité de diamants, et implique les quelques personnages du film. Or, le plan tourne au vinaigre et la cohésion du groupe de « professionnels » se fissure. Et c’est peu de le dire.

Sur ce micro scénario, le film prend la forme d’une sorte de pièce de théâtre dont l’action se déroule entre flash-backs et ellipses narratives, quasiment dans un lieu unique, à savoir l’entrepôt qui sert de planque aux gangsters. De la pièce de théâtre le film utilise également le fait de ne mettre en scène qu’un très petit nombre de personnages. A priori sept ou huit.

Pourtant, malgré leur petit nombre les personnages ne sont pas épargnés, et largement mis à contribution pour mouiller la chemise ; de sang, à l’occasion. Ne se connaissant pas entre eux pour des raisons de sécurité, les Misters Blue, Orange, White, Pink, Brown et Orange créent pourtant une sorte de lien assez spécial, notamment lors de discussions mémorables, filmées en temps-réel et donc particulièrement longues par rapport au temps cinématographique habituel. Ils ne sont pas amis bien au contraire, ils sont complices le temps d’un job, ce qui ne les empêche pas de discuter, bien au contraire.

Cette longueur des dialogues, associée à la fragilité (réaliste) des personnages est récurrente chez Tarantino. Ainsi que les scènes de montée en pression soudaines, lors desquelles tout le monde tient tout le monde en joue. Et on sait que dans un Tarantino, une scène de ce genre fait souvent beaucoup de dégâts parmi les personnages (souvenons nous d’Inglorious Basterds).

On retrouve également un certain humour indéfinissable, aux antipodes des films « à gags » (qu’on apprécie par ailleurs), propre au réalisateur. Effectivement, si le film n’est pas une comédie à proprement parler, il garde un second degré permanent, basé sur des dialogues absurdes, des personnages très bien interprétés et des situations aussi simples qu’efficaces. Tout semble s’enchaîner si fluidement qu’on se laisse embarquer avec plaisir, à condition bien sûr de s’amuser des débordements d’hémoglobine exagérés autant que l’ami Quentin, et de ses personnages tantôt psychopathes, tantôt terriblement normaux.

Bref, le genre très reconnaissable de Tarantino a été créé entre autres dans ce film ; et moi qui le connait surtout par ces dernières réalisations, j’apprécie de revenir aux classiques fondateurs. Comme dans Kill Bill avec le cinéma de kung-fu, ou dans Inglorious Basterds avec les films de guerre, toujours de série B ; Reservoir Dogs investit le genre du film de gangsters. C’est justement ce genre qui a rendu célèbre le réalisateur.

En attendant de combler les autres manques à ma culture cinématographique, je vous conseille vivement de (re)voir Reservoir Dogs. Rares sont les films dont la qualité de chef d’oeuvre est reconnue à peu près unanimement. Autant en profiter.

-Saint Epondyle-

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