Cosmo [†] Orbüs

Man of Steel | Superman reboot

L’une des affiches du film.

[You are not alone.]

On le saura : je n’aime pas trop les super-héros. Au risque de me fâcher avec certains inconditionnels des costumes en lycra et des pouvoirs kitschs, j’ai toujours considéré que le respect religieux des comics et la débauche d’effets spéciaux ne pouvaient justifier la vacuité totale du scénario et de la cohérence dans les productions hollywoodiennes. Tant pis pour moi, les films de super-héros sont à la mode et tout le répertoire est en train de passer à la casserole. Tout le répertoire jusqu’à Superman, sujet extrêmement casse-gueule de Man of Steel, dont les prédécesseurs se sont soldées en échecs cuisants.

Pourtant, malgré mon irritation vis-a-vis des films du genre et mon absence totale d’intérêt pour le personnage de Superman ; mon attention à été retenue par deux noms : Zack Snyder et Christopher Nolan, à l’origine respectivement de la réalisation et du scénario de ce nouveau blockbuster. En grand fan de l’un comme de l’autre, j’avais sur cette collaboration un sacré a-priori positif.

C’est au cours de son enfance que le jeune Clark Kent apprend sa véritable nature. Recueillis par un couple de fermier du Kansas après sa naissance, le jeune garçon est en réalité natif de la lointaine planète Krypton et rescapé de sa destruction. Sur terre, il hérite de pouvoirs surhumains qu’il doit cacher aux autres de peur de provoquer la panique.

Lorsque le général Zod et son armée de survivants kryptoniens menacent la terre et demandent sa reddition Clark n’a d’autre choix que de révéler son existence aux yeux de l’humanité. Il devient alors l’espoir de tout les Etats-Unis toute la planète face à l’envahisseur.

Et bien curieusement, ça passe. Et je dirai même plus : le film fonctionne très bien grâce à un bon équilibre entre le (très) grand spectacle et les phases plus calmes favorables à tisser une intrigue complète associée aux questionnements des personnages. Dans la droite ligne de la « nolanisation » des films du genre, Man of Steel développe la face sombre de son héros, ses doutes et ses souffrances, notamment durant les nombreux flashbacks qui en illustrent l’enfance. Et comme monsieur Nolan himself est aux commandes du scénario, le film tient la route sans se structurer autour de ses scènes d’action, ce qui nous rappellera facilement The Dark Knight Rises.

En faisant de la vie de Superman une histoire de premier contact avec la vie extra-terrestre, le film marque totalement son appartenance à la science-fiction. Une appartenance d’autant plus assumée qu’elle s’affiche fièrement dans les images sublimes d’un Zack Snyder à l’aise avec les costumes ridicules et les budgets conséquents. Plus qu’un énième film de super-héros, Man of Steel est donc avant tout un film de SF bien construit et cohérent malgré quelques facilités dans la mise en scène. La recette Nolan fonctionne toujours bien et réussit à aborder son sujet avec un oeil nouveau, et même avec un détachement favorable à glisser quelques scènes et dialogues savoureux à l’occasion.

Il y a des héritages vestimentaires plus lourds à porter que d’autres.

Des personnages il y a peu à dire. Les figures secondaires font leur travail sans excès de charisme malgré la présence de Laurence Fishburne, et d’Amy Adams dans le rôle de la potiche bonne à être sauvée un nombre incalculable de fois. Mais c’est bien sûr Henry Cavill qui s’impose comme un vrai bon acteur dans le rôle du héros, autant dans les scènes calmes que les passages plus mouvementées. Avec une pointe de second degré, il incarne Superman avec autant de justesse que possible vu le costume qu’il porte.

Visuellement parlant, Zack Snyder ne joue pas dans la demi-mesure et allonge une sacré longueur d’avance sur ses collègues d’Hollywood. Le film est très beau et réellement spectaculaire. Si les scènes d’action semblent parfois confuses et si la 3D est la plus inutile que j’ai vue depuis longtemps, l’ensemble est visuellement saisissant et la qualité de la photographie achève de positionner Man of Steel comme un film total. De la part du réalisateur de Watchmen, 300 et Sucker Punch on n’en attendait pas moins. De son côté, la bande son signée Hans Zimmer, ne se distingue pas du style pompier habituel dans ce type de métrage et ressemble largement à une redite par rapport à celle qu’il avait déjà composée pour Inception.

Finalement, Man of Steel est un film certes très codifié, sans aucun doute grêlé de références aux comics (que je n’ai pas saisies), mais néanmoins un bon film. Extrêmement spectaculaire, assez souvent drôle grâce à un certain recul vis-a-vis de son sujet et doté d’une histoire aussi cohérente que possible vue le matériau de base, le film dépasse largement toutes les autres réalisations super-héroïques de ces dernières années à quelques exceptions près. A présent que le répertoire s’épuise et que le sujet a été adapté en détails, l’erreur serait de s’obliger à tourner une suite aux aventures de l’homme d’acier. Une erreur que -je n’en doute pas- les producteurs se feront un plaisir de commettre au plus vite.

Man of Steel c’était bien. Maintenant, si on passait à autre chose ?

-Saint Epondyle-

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2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • « …le film tient la route sans se structurer autour de ses scènes d’action… »

    Heu…si quand même, c’est du bourrinisme à haute dose, il faut l’avouer ! Quand à la personnalité du héros, je la trouve complètement effacée et sous-développée, elle se résume bien souvent à des crispations de mâchoires, certes sensuelles mais bon…

    Non, le gros, l’immense, le sublime atout de Man of Steel, c’est que c’est plus un film de SF que de super-héros. De plus, les problèmes qu’affrontent Superman sont pour une fois…difficiles, dans son référentiel.

  • Oui sur le dernier point c’est exactement ce que je dis plus haut. :)

    Je ne suis pas d’accord sur le fait que Man of Steel soit « du bourrinisme a haute dose », effectivement les scènes d’action ne se retiennent pas d’envoyer la sauce, mais pour autant on a largement de temps de poser l’univers et les personnages en dehors de celles-ci.
    Quand au jeu d’acteur, il reste bien au dessus de la plupart des cas, y compris avec des acteurs plus connus.

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