Cosmo [†] Orbüs

[Film] Le discours d’un roi

[The nation awaits.]

Le discours d’un roi, c’est le film dont tout le monde parle et qui sera probablement oscarisé prochainement. Le film nous propose de suivre une étape importante de la vie du roi George VI d’Angleterre, contraint de monter sur le trône après l’abdication de son frère aîné, Edward VIII. Or, le cadet est affligé d’un bégaiement très handicapant, et personne ne l’imagine occuper la fonction royale, surtout à un moment ou le Royaume-Uni s’apprête à basculer dans la guerre contre l’Allemagne nazie.

Le film nous plonge complètement dans l’univers très solennel de la famille royale d’Angleterre, tout en mettant en scène le combat du personnage principal contre son incapacité à s’exprimer en public. La charge de la couronne britannique est présentée avec, on imagine, beaucoup de réalisme : Soumis à un protocole antique et à une cour psychorigide, le roi malgré lui est contraint de lutter en permanence pour donner le change. Dans son combat, car c’est vraiment un combat, il sera soutenu par sa femme et son thérapeute aux méthodes controversées.

Rarement au cinéma on aura autant eu la pression avec le personnage principal, confronté à une situation relativement courante (s’exprimer en public, pas être roi). La montée en puissance lors de la scène du discours rappelle la fameuse scène du dernier repas du film Des Hommes et Des Dieux. Bref, Tom Hooper connaît son métier et maîtrise parfaitement sa mise en scène. D’autre part la mise en image est soignée, les décors et la reconstitution en général sont très fins et tout en détails. Chose rare, j’ai particulièrement apprécié l’originalité dans les cadrages, qui n’est pas sans rappeler la peinture classique du dix-neuvième, parfaitement cohérente avec l’univers royal. Univers qui d’ailleurs est exactement le même que dans The Queen, de Stephen Frears.

L’autre grande force du discours d’un roi, c’est bien entendu la qualité de ses acteurs. Les acteurs sont tous très bons, et c’est bien sûr Colin Firth qui se distingue dans un premier rôle incroyable. La performance d’acteur est là, et on imagine le travail nécessaire à une telle interprétation. Les scènes lors desquelles le roi essaie désespérément de terminer sa phrase, sans arriver à faire sortir les mots, sont absolument incroyables. On a réellement mal pour lui.

D’autre part, Helena Bonham-Carter interprète avec brio la femme du personnage principal. Le costume de reine d’Angleterre lui va très bien, et elle sait nous faire oublier ses précédentes interprétations dans Harry Potter ou Fight Club par exemple. Tous les autres acteurs, de Geoffrey Rush à Michael Gambon, en passant par Guy Pearce sont d’une exceptionnelle qualité, et font respirer au film l’assurance tranquille du chef d’oeuvre.

Entre parenthèses, moi qui suit passionné par les sciences de la communication et de la personnalité, j’ai trouvé dans ce film un exemple de situation de communication très spéciale et très difficile ; et il est passionnant de suivre ces personnages confrontés, pour une fois, à une épreuve originale au cinéma.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce film qui prend un parti audacieux et le suit du début à la fin. Si le thème abordé pourrait sembler quasiment anodin, la dramatisation est servie par une maîtrise absolue du sujet, de la part du réalisateur et des acteurs. A voir donc, avant qu’il ne s’envole.

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