Cosmo [†] Orbüs

[Film] Fight Club

[C’est quand on à plus rien à perdre qu’on devient libre de faire ce qu’on veut.
– Tyler Durden, Fight Club]

Fight Club est une oeuvre inclassable, qui fait partie des films dont chaque phrase ou presque est devenue une citation culte. En général, les quelques réfractaires qui ne l’auraient pas vu sont soumis au harcèlement des fans destiné à leur faire voir, et aimer.

Fight Club, c’est l’histoire d’un trentenaire parfaitement intégré à la société « de consommation » moderne. Avec un travail stable et bien payé, quoique passablement glauque, le narrateur semble avoir tout pour être heureux selon les standards de notre monde d’aujourd’hui.

C’est sa rencontre avec un certain Tyler Durden, un marginal très mystérieux quand à son origine, et surtout l’explosion « accidentelle » de son appartement, qui va bouleverser la vie du narrateur. De fil en aiguille s’ensuivra une plongé progressive dans une folie absolue, menant progressivement à une sorte de réflexion sur le chaos.

Le film utilise un ton comique caustique pour mener de bout en bout un vrai scénario de thriller et une vraie critique de l’aliénation de notre société. Même si en tant que telle, la critique du monde consumériste contemporain n’est pas franchement originale, elle prend un tour jamais vu dans une forme tout à fait unique : « Vous n’êtes pas votre travail, vous n’êtes pas votre compte en banque, vous n’êtes pas votre voiture, vous n’êtes pas votre portefeuille, ni votre putain de treillis, vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout. (Tyler) »

Fight Club, c’est également un film violent ; à la fois dans les images et dans la réflexion proposée. Le Fight Club initialement juste un défouloir, glisse peu à peu vers une sorte d’idéologie anarchiste et agressive. Bien entendu, le film doit être appréhendé au second degré, et nous faire réfléchir sur l’idéologie véhiculée par les personnages. L’idée de prendre la folie des personnages au pied de la lettre n’a pas de sens.

C’est la plus grande force de cette oeuvre si particulière, que d’avoir trois styles différents en même temps : la comédie, le thriller et le film à message. Cette triple lecture rend le film totalement inclassable, et donc particulièrement difficile à apprécier pour les spectateurs aux goûts plus traditionnels.

Si ce film si étrange est une réussite, c’est principalement grâce à sa réalisation extraordinaire de David Fincher, ainsi qu’au jeu des acteurs de très haut vol. Le trio d’acteurs de tête est composé d’Edward Norton (le narrateur), Brad Pitt (Tyler Durden) et Helena Bonham-Carter (Marla Singer), autant dire pas les premiers venus. On a donc, avec cette équipe de choc : la fine fleur de l’Hollywood déjanté.

Je donnerai personnellement une mention spéciale à la seule femme du film, Helena Bonham-Carter, qui encore une fois se distingue par un nouveau rôle de folle. Je ne m’avance pas trop en disant qu’elle est mon actrice préférée dans le paysage cinématographique actuel. Son choix de rôles est quasiment parfait, et sa seule présence est un gage de qualité. L’hommage est donc rendu.

Malgré son unicité, Fight Club rejoint d’autres productions sur certains aspects. Par exemple, on peut voir une dérive totalitaire ressemblante sur le côté extrémiste dans La Vague, de Dennis Gansel (exceptionnel d’ailleurs) ; et on retrouve un humour assez analogue dans l’incroyable Snatch de Guy Ritchie, qui met aussi en scène Brad Pitt (Et je reviendrais sur ce film un de ces jours, il le mérite !).

Fight Club est un monument inclassable ; à voir ne serait-ce que pour l’expérience cinématographique qu’il procure. Néanmoins, le film ne peut être apprécié que par un public averti, premièrement à subir une violente remise en question (quoiqu’assez vue auparavant), deuxièmement à voir une comédie à l’humour au vitriol, et enfin à affronter une certaine violence visuelle (le film a été interdit aux moins de 16 ans). Pour le spectateur qui apprécie les films à nul autre pareil, Fight Club sera une expérience de cinéma totalement culte.

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2 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Nice…

    Juste un détail, Epondyle..
    "La première règle du Fight Club…"

    Ps : est il possible d'avoir une lecture de PI de Darren Aronosfsky (avant black Swan)

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