Cosmo [†] Orbüs

[Film] Avatar

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[Ladies ‘n’ Gentlemen. You are not in Kansas anymore. You are on Pandora.]

Je suis bien malgré moi du genre à attendre un film pendant assez longtemps et à le rater une fois à l’affiche. Tel ne fut pas le cas avec le James Cameron’s Avatar que je n’attendais pas et que je n’ai pas raté non plus, en 3D.

Balayons d’un geste toutes les idées reçues et les lieux communs par un avis tranché autant qu’a contre courant : NON, la 3D ne révolutionne pas le cinéma. Au mieux cette technologie endiguera un peu le tsunami du téléchargement, au pire elle sera abandonnée dans moins de temps qu’il n’en faudra à Hollywood pour le dire. Bref, si ce film est spectaculaires c’est avant tout pour ses effets spéciaux en grand écran, ses paysages titanesques et ses scènes d’action qui, si on s’en tenait à l’avis d’un cinéphile dont nous avons déjà parlé, pourraient être qualifiées de « déboitant des culs de poneys ».

Oui, Avatar est un film qui a du budget et qui ne se prive pas de le montrer sous toutes les formes, notamment dans les scènes les plus grandioses de vol dans les nuages au milieu des iles volantes, de batailles épiques entre, en gros, les robots-pelleteuse et les indiens bleus à mi chemin entre des Khajiits de Morrowind, des schtroumpfs et des minimoys géants. Je ne nierai pas que le film happe le pauvre erre que nous sommes pour le projeter dans un déchainement de puissance graphique et sonore, à en donner mal au crane. La dessus, le petit plus de la 3D est notable en nous donnant des scènes ou les plans sont clairement séparés et ou on a une sensation d’immersion un peu plus importante que dans un film normal, et encore. Toutefois, la 3D est encore une technologie innovante et pleine de défauts, le temps d’adaptation à cette géniale révolution digne d’un bon des peintures rupestres au cinéma HD est assez conséquent, je dirai environ d’une heure.

Ceux qui disent d’Avatar qu’il détruit tous les standards et ouvre nos yeux à une nouvelle vérité HD-3D jamais vu ont peut être raison en un sens, même si je maintien que la 3D ne change pas grand-chose et que les acteurs dans la peau de personnages virtuels, on connaissait déjà, néanmoins une chose que le film de change pas, c’est bien le scénario et la structure hollywoodienne d’aventure doublée d’un message de tolérance et d’écologie basique. Tout les clichés sont là : le militaire bourru et intolérant (« montrez à ces saloperies ce que les marines ont dans le ventre ! »), les scientifiques excédés par ce dernier et ses hommes (« un crétin avec un fusil, c’est déjà trop »), les enjeux des humains (« ce truc vaut un paquet de dollars ! »), les méthodes des l’US Army (« On dirait bien que la diplomatie à échoué ! Ouarf ouarf ! »), le parlé des sauvages, incapables d’appréhender la structure grammaticale de base sujet-verbe-complément (« Moi tarzan »), le chef indien sage, respecté, père de « la fille » et qui meurt avant la fin (« Pèèèèère ! »), la fille et son « promis » qui se méfie du héros à son arrivée, finit par le respecter et meurt héroïquement en laissant les mains libres à celui-ci pour finir avec la fille sans arrière pensée (« Lui pas comme nous, lui peau blanche venu du ciel »),  le discours du méchant avant la bataille de fin (« Donnons à ces sauvages un aperçu du feu de l’enfer ! Ouarf ouarf ! »), le discours du gentil avant la même bataille (« Allons nous laisser les peaux blanches venus du ciel voler nos terre et détruire la terre-mère et l’arbre-esprit ? » – Question rhétorique s’il en est), la bataille de fin ou les cuirassées blindés (« Indiquez une direction ») sont déconfits par des minimoys géants, bleus et en pagnes et j’en passe.

Quel ordure que l’auteur de cet article diront certains qui, bouleversés à l’issue du film ont vraiment cru qu’il signait la fin du cinéma connu, en lisant ces lignes. Cependant, si une réaction de ce type serait légitime au stade de ma critique, elle serait loin du compte si l’on considère les idées avancées dans les paragraphes ci après. Aussi nous trouvons nous au point de basculement total de l’argumentaire. Argumentons donc.
Avatar, malgré tout le mal que j’ai pu en dire juste à présent en le pensant totalement, est un excellent film. Bien qu’il s’inscrive dans la plus pure veine des peintures épiques de science fiction teintées d’écologie et de tolérance (ce dont un StarShip Troopers aurait du mal à revendiquer), Avatar remporte tout de même un certain nombre de très bons points. Esprit critique, j’ai tendance à relever les imperfections dans tout, y compris les choses que j’apprécie. J’ai la faiblesse de croire, et je la confie sans détour, que cet esprit critique est une qualité. Que ça soit le cas ou pas, je demeure critique et aime ça.

Pour en revenir à notre sujet, le premier très bon point d’Avatar est l’immersion totale qu’il propose. Même si un cynique détachement m’a étreint à de nombreuses reprises, agité que j’étais alors de pensées non immergées dans le monde fabuleux de Pandora telles que par exemple « Ok, d’accord ! » ou même « Pffff, alleeez ! », je dois dire que le film prend réellement et qu’une fois acceptées les facilités grand public énumérées de façon non exhaustive ci avant, on se laisse vraiment immerger dans l’action jusqu’à partager les maux de tête des chevaucheurs de pseudo ptérodactyles qui je n’en doute pas, doivent être terribles. Bref on y croit et on a bien envie d’y croire à condition de ne pas être allergique au genre. Si vous êtes donc amateur de film contemplatifs coréens et/ou d’intimisme russe d’avant guerre et/ou de Sandrine Kiberlain, passez votre chemin.

Le deuxième bon point est l’esthétique générale, qui est très fouillée, très crédible et très belle. Le jeu de contraste de la deuxième partie du film entre l’univers mécanique gris-jaune et métallique des américains et celui vert-blanc-bleu (beaucoup de bleu) avec des touches de fluo des Na’avis est très bien rendu. Le film est beau, la 3D y ajoute un peu sans être indispensable. La jungle est crédible, malgré le manque d’originalité des monstres qui s’y trouvent (un ptérodactyle, un tricératops, une espèce de loup-chien sans poil), les végétaux ajoutent une vraie part de réalisme et d’originalité. Enfin, l’ensemble est très bien filmé et les facilités sont relativement bien évitées tout au long des 3h épiques. On a beau avoir l’habitude des cascades et des scènes aériennes ou des personnages risquent tout en sautant d’un hélico à un autre, on reste quand même ici très convaincu. Mention spéciale à la scène de l’essaim d’hélicoptères entourant le cuirassé, très belle esthétiquement dans la lumière et la mise en scène.

Côté son, je ne m’attarderai pas ; les musiques sont relativement bateau et aucun thème dirigeant ne se dégage, ce qui est regrettable car cela aurait permis d’ancrer définitivement un thème musical sur ce film, un peu comme pour Harry Potter, le Seigneur des Anneaux et bien entendu Star Wars.
Une petite originalité réside également dans le héros, ex-marine en fauteuil roulant qui s’incarne dans un corps indigène (un peu comme dans Matrix, comme quoi aucun classique n’aura été épargné) est bien rendu sur son aspect un peu psychologique (dois-je continuer à aider mes potes ricains où est mon vrai corps, mais handicapé, qui veulent détruire la terre-mère pour des dollars ou bien dois-je forcer les indigènes bleus babacools à m’accepter comme l’un des leurs alors que le corps qu’ils me connaissent est un faux, un « avatar » ?) mais trop peu exploité sur justement le fait qu’il soit en fauteuil roulant. Comme le héros passe les trois quarts du temps en mode avatar, on ne le voit finalement pas tant que ça avec le handicap qui fait son originalité par rapport à Bruce Willis, Vin Diesel ou The Rock, en plus de la carrure baraquée mais normale et des cheveux, attribut dont ne sont pas pourvus les monuments du cinéma contemporain suscités.

Pour conclure, je dirai qu’Avatar est un bon film pour les gens qui apprécient de se prendre des déflagrations de bôôôté graphique et de bastons tonitruantes, le tous sur un fond de « détruire la terre-mère pour des dollars est mal » et de « aimons nous, peu importe si tu es bleu ». Si la 3D est optionnelle, je me réserve sur la question qui me semble être plus un stratagème de contournement du téléchargement qu’un réel plus, le fait de voir le film dans un vrai cinéma est tout de même largement préférable. Avatar n’est pas le genre de film qu’on peut regarder en 800*600 pixels sur Youtube avec un son pourri et découpé en 124 parties, au risque de ne garder de l’œuvre le seul scénario, qui pourtant n’est pas son point fort.

Gageons que malgré le succès sans nom qui encense le film, ses producteurs, réalisateurs et acteurs ne cèdent pas à la tentation de nous servir sur un plateau de diamant un Avatar 2 – The Next Level, qui serait réellement malvenu.

-Saint Epondyle-

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