Cosmo [†] Orbüs

« For the love of all that is holy, don’t mess this up! »
#DearJJAbrams

Jamais ô grand jamais je n’ai parlé de Star Wars sur Cosmo Orbüs. Jamais jusqu’à aujourd’hui. Un an avant sa sortie, et quelques semaines après celle de son premier trailer tonitruant, l’heure est pourtant venue de parler de nos espoirs concernant The Force Awakens.

Il faut bien avouer que d’espoirs sur le sujet, j’en ai assez peu. Ne me demandez pas pourquoi : j’ai vu ce qu’ils ont fait avec Le Hobbit et Indiana Jones. Mais plutôt que de reprocher à cet « ils » indéterminé les erreurs des autres, tentons de croire q’une suite de Star Wars puisse être une bonne chose. Pour ce faire, je vous propose de regarder les quatre règles censées rendre la saga « great again », décrites par le site Dear JJ Abrams. Si vous n’avez pas vue la vidéo, piqûre de rappel (en anglais).

Redéfinir les enjeux

Rappelons les choses : Star Wars fut à l’origine un film, puis une trilogie, puis une hexalogie. D’un point de vue narratif, il est donc assez normal que les enjeux aient varié d’une époque à l’autre. De la destruction de l’étoile noire seule, à celle de l’empire entier et la rémission de Dark Vador, les enjeux de la trilogie originale sont essentiellement guerriers et héroïques. C’est une histoire d’apprentissage, celle de Luke Skywalker. Le règles 1 et 3 de la vidéo ci-dessus « Le cadre est la frontière [de la civilisation] » et « La Force est mystérieuse » sont valables dans le cadre de la saga originale. Elles se justifient uniquement dans ce cadre où l’Empire règne en maître et force la rébellion à se cacher en marge de son pouvoir ; et où la Force est une religion oubliée dont Vador, Obi-Wan et Yoda sont les derniers dépositaires.

La saga suivante redéfinit les enjeux narratifs en racontant la chute de la République et l’avènement de l’Empire, en parallèle de la chute d’Anakin et de l’avènement de Vador. Ces partis-pris sont valables ! Et si l’action se déroule dans les hautes sphères du pouvoir ; si la Force y est connue, enseignée et expliquée, ça m’arrache un peu la gueule de le dire, mais ça se justifie. D’ailleurs plusieurs passages de la trilogie initiale suggéraient déjà cet état de fait, en évoquant le Sénat notamment.

A présent que les six films sont bouclés, toute la question est de savoir quels nouveaux enjeux viendront nous remobiliser dans l’univers de Star Wars. Le retour du Jedi se termine sur une fin heureuse sans ambiguïté, et anticipe la déconfiture de l’Empire tout entier. Or, le trailer de The Force Awakens laisse entrevoir des stromtroopers, des chasseurs TIE… et même un sombre jedi noir à la voix caverneuse. L’Empire aurait-il survécu ? Qui est ce sombre Jedi ? Il va falloir nous raconter tout ça.

Episode VII Teaser Sketches, par jdelgado

Trouver le ton, refonder l’esthétique

Les deux autres règles de la vidéo relèvent de l’esthétique : « Le futur est vieux » et « Star Wars n’est pas mignon ». Pour ce qui est du premier, on peut justifier dans la fiction l’esthétique délabrée d’une partie de la saga originale. Une partie seulement, celle du Millenium Faucon, de Tatooïne, des Ewoks, mais certainement pas les intérieurs de l’Etoile Noire, ou la Cité des Nuages, qui sont parfaitement rutilants. La saga originale n’est pas si sale que ça, et sans doute l’aurait-elle été encore moins avec des budgets et des moyens techniques supérieurs à l’époque. Toujours est-il que dans la fiction, l’âge d’or de la République est révolu et on comprend que les systèmes extérieurs vivent dans une esthétique détériorée. A nouveau, puisque la trilogie suivante décrit cet âge d’or, il  n’est pas anormal qu’elle montre des palais, les antichambres proprettes de politiciens et un temple jedi reluisant, puisque c’est là qu’ont lieu les événements.

Là où l’on peut sérieusement en vouloir à monsieur Lucas, en plus du fait que les épisodes I et II ne servent à rien, c’est sur le côté « mignon » de sa nouvelle trilogie. Ni Jar-Jar, ni les droïdes ne doivent être mignons, ni drôles. On n’est pas dans un Disney classique, avec ses acolytes de héros destinés à se prendre toutes les embûches pour alléger la dramatisation. La dramatisation ne doit pas être allégée. Star Wars doit être épique ; Le Seigneur des Anneaux fait-il des blagounettes ?

Le trailer du futur Episode VII laisse entrevoir assez peu de l’esthétique générale : un droïde, des vaisseaux connus, rien de bien tangible sur quoi s’appuyer avec certitude concernant les nouveautés. Apparemment l’absence de vaisseau-miroir et de coiffure amidalesque kitsch rassure -pour le moment- les fans les moins inquiets. Si l’on justifie fictionnellement parlant l’esthétique abîmée de la trilogie initiale, celle qui vient devrait poursuivre dans le ton puisqu’elle se situe après, et donc encore plus loin de l’âge d’or de la seconde trilogie. A moins bien-sûr que la prospérité ne soit revenue dans la galaxie, ce qu’il faudrait alors également expliquer. Concernant le côté nunuche/mignon du film à venir, que les fans se rassurent : LucasFilm n’a pas attendu d’être racheté par Walt Disney pour nous servir des mièvreries hors-sujet. *soupir*

X-wings Star Wars The Force Awakens, par Neilbrady

Assumer l’héritage

Redéfinir les enjeux, d’accord. Réinventer l’esthétique, bon. Mais là où Abrams et tous ses sbires sont le plus attendus au tournant, c’est bien sur leur respect de l’héritage original. Héritage qui comprend, qu’on le veuille ou non, six films. Héritage sacré, plus que sacré, mythologique, légendaire. Un héritage classé au patrimoine mondiale de l’humanité, doté de défenseurs plus fanatisés que les barbus les plus barbus d’Al-Qaeda. Un héritage dans lequel toutes les conneries à la mode chez Hollywood ne sont pas solubles.

L’équilibre à trouver devra être extrêmement subtil pour ne pas tomber dans le fan-service à outrance, tout en assurant la jonction avec l’une des sagas les plus mythiques de tous les temps. En annonçant la participation de Mark Hamill, Carrie Fisher et Harrison Ford dans les rôles de Luke, Leïa et Han, The Force Awakens promet des références, clins-d’œils et caméos qui devront savoir rester discrets. Le casting d’acteurs peu connus (à l’exception d’Oscar Isaacs toutefois) est d’ors et déjà une bonne chose. Et j’espère que les scénaristes du film sauront nous éviter les ficelles énormissimes d’histoires de famille à tiroir. Qu’on ne nous refasse pas Indiana Jones 4. S’il vous plait.

Un nouveau Star Wars ! Le défi est de taille. Personnellement, même avec un Everest d’oseille de budget et les experts mondiaux de la réalisation hollywoodienne, je ne suis pas certain que j’aurais eu envie de m’y confronter. Il n’empêche, étant donné qu’il est inutile d’essayer de contenter tout le monde au risque de sombrer définitivement au rang d’inénarrable daube, The Force Awakens devra prendre des partis forts et ambitieux -et les tenir- pour relancer une saga au-delà du culte, qui n’avait aucun besoin d’une suite.

Après la mise au placard regrettable de tout l’Univers Étendu par LucasFilm, et donc le recentrage du canon officiel autour de l’hexalogie existante, les réactions de scepticisme et d’hostilité s’enchaînent chez les fans. La tâche est ardue à laquelle se confrontent JJ Abrams et ses équipes, sous le haut commandement de Saint Disney. Gageons qu’ils sachent tous autant qu’ils sont à quoi ils s’attaquent, car plus qu’à une bande de fanatiques, ils devront rendre des comptes à la postérité.

-Saint Epondyle-

Image de couverture : Dear JJ Abrams.

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