Cosmo [†] Orbüs
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You say that emotions are overrated.
But that’s bullshit. Emotions are all we’ve got.
Youth

Deuxième année consécutive d’abonnement illimité au cinéma. Une année assez joliment remplie, où j’aurai alterné les bonnes surprises, les grosses daubes et les métrages insipides, encore une fois majoritaire.

J’écris de moins en moins de critiques complètes de films, au profit d’analyses plus poussées. L’occasion est donc bonne de revenir une fois par an sur mes découvertes dans les salles obscures.

Top 5

5. Mad Max: Fury Road

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Mad Max: Fury Road

J’ai bien aimé Mad Max. Fresque de folie furieuse, violence d’un monde en perdition au delà des limites de la démence, ce Fury Road aura marqué l’année par sa peinture enthousiasmante de l’apocalypse et – sinon critique – au moins grinçante des Etats-Unis. Bourrin, bruyant et beau, c’est un film post-apocalyptique comme on n’en voit pas beaucoup, à peu près l’opposé de La Route, c’est un film mythique par son côté radical, qui refonde l’esthétique du genre à grands coups de n’importe-quoi, de tenues sado-maso et de vrombissements de moteurs.

Dommage quand même que le héros ne serve à rien et ne dise pas un mot,  ; et que l’histoire soit aussi désertique que les décors. Mad Max n’est pas un film intello, mais au moins pour l’AquaCola, le McFestin et l’Imperator Furiosa, il vaut plus que le coup d’œil.

Critique complète

4. Trois souvenirs de ma jeunesse

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Trois souvenirs de ma jeunesse

Changement radical d’ambiance ;  Trois souvenirs de ma jeunesse est une histoire d’amour plutôt classique dans son genre. A priori rien de bien neuf sous le soleil du cinéma français : on boit des cafés au PMU du coin en reniflant dans le micro.

Mais quand même, les deux acteurs principaux sont ici exceptionnels. Le film, en forme de flash-back sur la relation passée et compliquée entre les personnages, est très touchant grâce à des protagonistes crédibles et complexes, dotés de personnalités fortes, ce qui n’est pas souvent le cas dans le genre (exemple dans Le bleu est une couleur chaude, la personnalité d’Emma écrase tout le reste, et surtout sa copine). Bref, on s’attache aux personnages à force de les fréquenter, et par un jeu d’ellipses, de demi-foirages, de pas-vraiment-retrouvailles et une fin amère, on y croit vraiment. Une des plus belles surprises de l’année, très touchante.

3. Birdman

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Birdman

Très remarqué aux Oscars, Birdman a été une très bonne surprise pour moi aussi. Film nerveux, quasiment monté en un seul plan-séquence, c’est une plongée suffocante dans le milieu cocaïnomane des théâtres de Brodway. Sans doute les prestations d’acteurs les plus fabuleuses de l’année, avec mention particulière à Emma Stone qui n’a jamais si bien porté son nom, et à Edward Norton fabuleux dans son slip kangourou.

Plus que tout ça, Birdman porte un regard acerbe et passionnant sur le monde du cinéma, le rôle de l’acteur et ses répercussions sur la vie personnelle. Pas étonnant qu’il ait eu du succès à Hollywood. Michael Keaton y opère une mise en abyme de sa propre vie et de son ancien rôle de Batman au cinéma ; rôle qui porta sur toute sa carrière, Birdman compris (surtout ?), une ombre indécrottable. Ce film est l’un des plus beaux pétages de câbles que j’ai jamais vus, dont la toute dernière image assume pleinement le numéro d’équilibrisme entre délire hallucinatoire et fantastique assumé. Qu’en comprendre ? Que monsieur Iñárritu se joue bien de nous et mérite sa place parmi les grands.

2. Star Wars VII: The Force Awakens

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Star Wars: The Force Awakens

Bien sûr que j’ai aimé Star Wars ! Je m’étais tellement préparé psychologiquement à subir une bouse type Indiana Jones 4, que le film de JJ Abrams m’a vraiment plu, et même enthousiasmé lorsque je l’ai revu.

C’est sûr, JJ ne réinvente pas la poudre et certains de ses choix sont soit des clichés, soit du fan-service. Il n’empêche, le film répond bien aux impératifs que je lui fixais avant sa sortie (on y reviendra). Les enjeux sont redéfinis autour de nouvelles problématiques. Les nouveaux personnages reprennent plutôt bien le flambeau : j’aime pas mal Rey (qu’il faudra creuser), plutôt Finn (mouais, bof), et surtout Kylo Ren. Pas de détails, on y reviendra.

The Force Awakens réussit un tour qui manque à l’essentiel des superproductions : celui d’insuffler un souffle à ses personnages, leur donner des raisons d’agir, sortir des ultrastéréotypes (toutes proportions gardées) et commencer à approfondir (un peu) leur psychologie. Je ne dis pas que c’est renversant, mais c’est mieux que la majorité des blockbusters.

Gageons que l’essentiel des questions posées par le premier film viendront trouver leurs réponses par la suite. Et puisque Disney prévoit de nous faire bouffer du Star Wars à haute dose dans les prochaines années, je suis content de commencer le gavage avec une si bonne ouverture.

1. Youth

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Youth

re-Changement d’ambiance. Alors que Star Wars était une réussite mais pas une si grande surprise, mon meilleur souvenir de l’année vient de Youth, film pas tout à fait comique et franchement génial de Paolo Sorrentino.

C’est l’histoire de deux amis de toujours, Michael Caine et Harvey Keitel, qui se retrouvent en cure sur leurs vieux jours dans un hôtel de grand luxe en Suisse. L’un est compositeur réputé, l’autre réalisateur de films. C’est tout.

Youth est une perle comme on n’en voit pas tous les ans. C’est un film contemplatif qui fait la part belle à aux dialogues et aux situations pour créer une atmosphère très particulière. On parle du temps qui passe, de la vie et de la mort, de l’art. On rigole aussi, du décalage des situations.

Bref, Youth est l’un des films les plus fins et intelligents que j’ai vu depuis des lustres. Et du même coup l’un des trucs les plus durs à résumer ou expliquer. Il donne la parole à des vieux (ce qui est rare), qui ont réussi dans le domaine artistique. Finalement, la vie rêvée de beaucoup de gens se conclut sur un bilan doux-amer, qui illustre bien la phrase de Chateaubriand :

« La vieillesse est un naufrage. »

-Saint Epondyle-

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3 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Je partage ton avis sur Star Wars, je n’en attendais rien, et j’ai été très agréablement surprise.
    Quant aux autres films, certains avaient déjà attiré mon attention, tu sais donner envie, il va falloir que je me penche sérieusement dessus.

  • Ah, Youth! Acteurs impeccables, magnifique histoire (à la Wes Anderson), très bonne surprise, comme Birdman d’ailleurs, incroyable ce film. Ce Julien Lepers est vraiment bon décidément!
    The Force awaken, je n’en attendais rien, eh bien je n’ai pas été déçu. Un bon gros nanar divertissant, quoiqu’ici un peu coûteux, mais bon, je n’ai pas pris d’abonnement illimité car voir le même scénario, les mêmes gimmicks, encore et encore, cela m’ennuie.

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