Cosmo [†] Orbüs
Only Lovers Left Alive, Jim Jarmush, 2014

Nous s’appellent Groot.

Cette année, je suis plus allé au cinéma que d’habitude. La faute à n’en pas douter à un abonnement illimité, une cinéphilie en hausse et une compagnie fort agréable. Paradoxe : j’ai moins publié de critiques que les années passées, préférant garder mes munitions pour les films sur lesquels j’avais vraiment quelque-chose à dire.

Toujours est-il qu’après un an de fréquentation assidue des salles obscures, je voulais partager avec vous mon bilan des films à retenir.

Top 5

5. Les Gardiens de la Galaxie

Les Gardiens de la Galaxie, affiche

Qui a dit « kitsch » ?

Comme la plupart des gens à qui j’en ai parlé, j’ai beaucoup aimé Les Gardiens. C’est l’exemple type d’un film non-chroniqué à cause du consensus quasi général qui l’entoure. Sans doute le meilleur blockbuster du genre que j’ai vu depuis longtemps, il enterre (enfin ?) la « nolanisation » des héros au profit d’un esprit donjesque joyeusement débile, et d’un second degré vraiment drôle.

Si les prévisions concernant la future fusion entre la franchise et les Avengers à de quoi écœurer par avance, la découverte de cette nouvelle clique de bras cassés n’en fut pas moins rafraîchissante et bienvenue. Un excellent film de space opera, beau, kitsch, badass et spectaculaire, doté d’une bande-son décalée parfaitement dans l’esprit général. Un vrai plaisir !

4. Le vent se lève

Le vent se lève, Hayao MIyazaki

Toute ressemblance avec un tableau célèbre

Plus controversé, le dernier Miyazaki m’a laissé un très bon souvenir, confirmé par un second visionnage. Poétique et réaliste, c’est un OVNI dans la carrière du maître. Malgré les débats, j’ai trouvé la révérence (si c’en est bien une) vraiment puissante dans la forme et la profondeur de son propos.

Histoire d’amour et portrait d’un pays plein de contradictions lors de son passage à la modernité, Le vent se lève est une magnifique fable historique très référencée sur le plan graphique et littéraire. Il lève en partie le voile sur les influences de Miyazaki, et permet en ceci de mieux appréhender son oeuvre entière. Un vrai moment de poésie, déroutant peut-être mais beau à en chialer.

Critique complète

3. Her

Her, Spike Jonze, 2014

Oui, l’affiche est foirée.

Histoire d’amour improbable, Her est une fable postcyberpunk qui raconte la romance entre un homme et son ordinateur. En abordant le sujet sous l’angle non-spectaculaire de la vie quotidienne, Spike Jonze propose une nouvelle façon de filmer la SF (qui rappelle en ceci le Neil Blomkamp de District 9). Il y aborde sans les juger les thèmes classiques liés à l’intelligence artificielle, l’impact des technologies sur nos vies, mais aussi la solitude, la tolérance et l’amour, évidemment.

Sans doute l’une des directions artistiques les plus léchées et subtiles que j’ai pu voir au cinéma. Une musique envoûtante, une poésie absolue, des acteurs saisissants, la plus grosse surprise de l’année.

Critique complète

2. Gravity

Gravity affiche, Alfonso Cuaron

Houston ?

Sorti fin 2013, je n’ai vu Gravity qu’au début de l’année suivante lors d’une de ses dernières semaines d’exploitation. Mes amis, quelle torgnole ! Sans doute l’un des plus gros succès d’Hollywood de ces dernières années, le film d’Alfonso Cuarón réussit le grand écart absolu entre une technicité extrême et une simplicité vertigineuse dans son écriture et sa réalisation.

Plans-séquences interminables, film en (quasi) temps-réel, action nerveuse et traumatisante, effets spéciaux jamais vus jusque-là… Cuarón sait y faire pour embarquer ses spectateurs au cœur de ses films. En l’occurence, Gravity est l’expérience de cinéma la plus immersive de ma vie.

Critique complète

1. Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive, Adam, Affiche

Pan !

LE film de l’année. Portrait croisé de deux amants immortels, reclus entre Détroit et Tanger ; deux êtres d’exception, artistes maudits contraints à vivre en marge d’un monde qui les indiffère. Jim Jarmush renouvelle en partie le mythe (ultra rabâché) du vampire avec une évocation très mélancolique des thèmes de l’amour, de l’immortalité et de la place de l’artiste dans le monde.

Only Lovers Left Alive est aussi un tableau de maître aux sublimes images contemplatives, serti d’une musique tantôt rock et planante, tantôt ancienne et exotique. Les rôles principaux sont tenus par Tilda Swinton et Tom Hiddleston, parfaits dans leurs rôles d’éternels amants.

Ce film est un chef-d’oeuvre, et la preuve qu’on peut toujours réinventer les mythes. Car plus qu’une image figée, ils illustrent les maux et les peurs propres à leur époque. A voir, absolument.

Critique complète

Finalement l’année a été pleine de bons films et de quelques belles surprises. D’autres titres méritent d’être également cités dans des genres variés, comme Interstellar qui échappe de justesse au classement à cause de sa fin ratée. Edge Of Tomorow, drôle et bien fait. Sin City : J’ai tué pour elle, un bon délire psychotique sans grosse nouveauté. Boyhood, une jolie fable un peu déprimante sur le temps qui passe. Fury, film de guerre violent et bien maîtrisé mais déjà-vu. Et Le Hobbit, conclusion sans surprise d’une saga trop longue. Mention spéciale enfin à Godzilla, un navet aussi énorme que le bestiau qui lui sert d’alibi, la plus grosse bouse de l’année.

Ce petit palmarès à de quoi regonfler à bloc mon enthousiasme cinéphile pour l’année qui commence ! Mais avant de discuter ensemble des sorties futures, que diriez-vous de me donner votre propre top 5 ?

-Saint Epondyle-

Soutenez Cosmo ^{;,;}^
Vous pouvez soutenir Cosmo en réagissant par un commentaire, en partageant les articles et/ou en m'offrant un café (tip tip !). C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Merci d'être là.

Devenez mécène

4 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Alors…

    5. Interstellar
    Même si le début m’a énervé (caricature de l’American Family, puis script vraiment pauvre) et la fin était un peu bof, mais pour l’avoir vu en IMAX.. les fauteuils tremblaient à cause des basses, on étaient vraiment dans le cockpit lors des décollages, le souffle coupé. Une sacré expérience.
    Puis un film entièrement tourné en caméra IMAX… ça a de la gueule. Merci Nolan de savoir dire non à la 3D et oui aux grosses surfaces sensibles.

    4. Gravity
    Tout comme toi.
    J’ai aussi adoré l’immersion qu’il procure et le coup de maitre final : tout comme dans Titanic où le son des machines est coupé lors du naufrage pour amplifier le sentiment d’abandon (alors qu’il est présent tout le long du film), j’ai adoré que le seul plan statique et fixe ai lieu sur terre, nous faisant comme ressentir la pesanteur à nouveau. Magnifique.

    3. Le vent se lève
    Ce film est venu me chercher personnellement, après tout, il montre que nous aussi, les techniciens, les ingénieurs, on est aussi des rêveurs et pas que des calculettes ambulantes.
    Nous avons de l’aspiration, de l’imagination, des rêves et l’ambition pour les réaliser. Ca fait du bien de voir ça.

    2. Mummy
    J’ai découvert Dolan il y a 4 ans, à l’époque je m’étais dis « ça se sent qu’il est jeune, vivement qu’il murisse et qu’il nous sorte des réalisations sans défauts »… mais je ne pensais pas que ça serai aussi rapide !
    Laurence Anyways fut son premier chef d’œuvre, et Mummy est venu enfoncer le clou.
    Et la maitrise et choix du format est audacieuse et étourdissante. Bien loin d’un phénomène de hype, il a une réelle utilité et fonction dans son film, c’est la première fois que je vois ça.
    Une belle tranche de vie de gens bien ordinaires (dans le sens Français de France ! ;)). C’est beau, souvent compliqué, parfois un peu ridicule, ambivalent et c’est tout.

    1. Gone Girl
    Bon. J’avoue. Je suis un pur fan de Fincher. Et ce fut encore un coup de maitre de réalisation. Comme toujours. Servi par un script pas dégeu, tout pour plaire !

    —-
    Honte à moi, je n’ai pas vu Only Lovers Left Alive, j’essayerai de le regarder quand j’en aurai l’occasion. :)
    Quand à Her, j’ai aimé, mais je reste sur un sentiment étrange au sujet de ce film. Sans arriver vraiment à mettre le doigt dessus.

    • Sacrebleu j’ai oublié Gone Girl !
      Très bon souvenir pourtant, mais j’ai regretté un manque flagrant d’identité au film. Les persos sont plats, leur environnement cliché… On n’a pas la touche d’originalité d’un Millenium par exemple. Dommage car la réalisation, le scénario et la touche d’oppression son magnifiques.

  • J’aurais été d’accord avec ton #1 (Only Lovers Left Alive est une tuerie) mais j’ai vu Interstellar et c’est devenu mon #1 de 2014 (quoi que dur de mettre un seul film en première position). J’en conviens que le film n’est pas parfait mais quelle immersion, quelle ambiance, quelle bande son !

Laissez un commentaire ici plutôt que sur Facebook.