Cosmo [†] Orbüs
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« Votre amour de l’herbe à fumer des semi-hommes
a nettement altéré votre esprit. »

C’est avec une vive émotion que la communauté cinéphile mondiale a appris aujourd’hui le décès de Sir Christopher Lee, à l’âge vénérable de 93 ans. Pour les amateurs des cultures de l’Imaginaire il restera dans les mémoires comme la figure des méchants les plus anthologiques.

D’alignement Loyal Mauvais, il prêta ses nobles traits et son regard de glace au comte Dracula dans près de vingt films (faut-il le rappeler ?), à Scaramanga, Henry de Baskerville, puis plus récemment à Saroumane le Blanc et au comte Dooku ; ainsi qu’à une kyrielle de personnages moins connus. A l’âge où d’autres partent en retraite, il continua d’incarner jusqu’au bout la dureté cruelle et l’autorité seigneuriale propre à la totalité de ses personnages. Erudit passionné, Sir Christopher Lee fut un authentique gentleman qui vécut à l’écran drapé dans la classe ténébreuse dont il fut le créateur. Une poigne d’airain dans un gant de velours noir. Un regard perforant et une voix, mon Dieu, à faire trembler les fondations du monde.

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(AP Photo/Joel Ryan)

Ma relation avec mister Lee remonte à mes premiers amours cinématographiques, et paradoxalement à des personnages anecdotiques dans sa carrière. Surtout un, en fait. Je pense à son apparition dans la première scène de Sleepy Hollow, où déjà sa prestance marmoréenne et sa voix d’outre-tombe glacèrent mon sang d’adolescent. Et je ne parle pas de l’image indélébile qu’il laissera derrière lui, interdisant avant longtemps toute nouvelle interprétation de Saroumane dans Le Seigneur des Anneaux.

En plus de sa carrière d’acteur riche de près de deux-cent-cinquante films (!), la popularité de Sir Lee n’est pas étrangère à ses excursions dans les autres domaines artistiques. Même après ses quatre-vingt-dix ans, il prêta sa voix de baryton à trois albums originaux de heavy metal, et à plusieurs collaborations avec le groupe Rhapsody of Fire. Enfin, on lui connait des lectures d’Allan Poe et un intérêt pour la photographie. Sa passion sincère pour le fantastique et la fantasy resteront célèbres, notamment vis-a-vis de l’œuvre de Tolkien dont il relisait les pièces maîtresses tous les ans.

Christopher Lee est mort, et je me sens un peu orphelin. S’il existe un paradis pour les vampires, les dentistes tyranniques, les juges intraitables, les magiciens blancs et les jedi noirs, nul doute qu’il y siège à présent à la place d’honneur comme en nos panthéons personnels. Je pourrais épiloguer longtemps sur l’interminable carrière de ce grand-père ténébreux. Je pourrais dire qu’il reviendra bientôt, canines pointues, cape à doublure rouge. Mais ce serait peut-être manquer à l’élégance inaltérable du personnage. Ce serait ne pas lui accorder un repos dont il faut aujourd’hui reconnaître qu’il est plus que mérité.

Alors, adieu Christopher Lee. Et merci infiniment.

-Saint Eponyle-

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