Cosmo [†] Orbüs

Le Troisième Testament, Julius | Alice & Dorison

[D’après la légende,
c’est en l’an 64 après la naissance du Christ,

817  après la formation de Rome,
et 3 824 après la création du Monde,
Que leurs regards
se croisèrent pour la première fois.]

Treize ans après la parution du Troisième Testament original, paraissait le prequel à l’histoire originale, imaginé par Alex Alice, Xavier Dorison (les auteurs de la première série), accompagnés cette fois du dessinateur Robin Recht.

Le premier volume est sorti en septembre 2010 et représente le début d’une série parallèle à l’histoire originale, qui comptera sans doute de trois à six épisodes.

Julius est l’histoire du général romain Julius Publius Vindex, qui vécut au premier siècle après JC, et devint prophète du Troisième Testament. Au départ général de la Rome triomphante, intriguant politique et chef de famille inflexible, Julius fait la rencontre d’un chrétien (considéré alors comme une secte juive intégriste) dont la vision du monde va ébranler les certitudes. Liés par un destin commun, les deux hommes vont découvrir un secret si important qu’il les conduira à vouer leur vie entière à la quête du Troisième Testament.

L’histoire de Julius reprend donc la construction classique de la première série, lors de laquelle on avait déjà pu suivre des personnages en quête de connaissances interdites. Le cadre et les personnages changent, puisque le Moyen-Âge laisse place à un Empire Romain à son apogée, mais l’objet de la quête -la soif de vérité- demeure. En termes d’histoires épiques et de révélations sur l’origine du monde, les auteurs de la série n’en sont pas à leur coup d’essai. De fait, la narration réussit, en un seul volume, à nous accrocher de la première à la dernière bulle. L’histoire est menée par chapitres, avec une maestria plus commune d’ordinaire dans les films que dans les bandes dessinées.

Malgré le thème central de l’oeuvre, c’est à dire la foi et les incompréhensions entre religions, il serait très dommage d’y limiter ce prequel. En effet, cette bande dessinée est avant tout d’une incroyable puissance narrative. Et même sans s’intéresser a priori à la période cadre de l’action, ou en étant pas sensible aux sujets religieux en général, je crois réellement que Julius peut être apprécié par n’importe qui, si tant est que l’ouverture d’esprit soit au rendez-vous.

De religion d’ailleurs, il n’est pas plus question que dans la première série. Le coeur du sujet est plus la spiritualité et la quête de vérité des personnages, que la religion en tant que telle. Les personnages apprennent sur eux même pendant leur quête, affrontent de grands dangers et de terribles doutes. Dans la grande roue de leur destin, Julius et le chrétien vont devoir trouver leur place. C’est ainsi que la BD peut se lire comme une histoire saisissante, sur le parcours de deux hommes, sur leur quête et leurs questionnements, sans qu’on ait besoin de se sentir concerné par la question religieuse.

Bien qu’un seul tome soit disponible à ce jour, les prochains ne manqueront pas de poursuivre cette histoire passionnante, j’imagine avec brio. Je ne prend d’ailleurs pas beaucoup de risques en le disant, puisque le talent des auteurs semble s’affirmer plus clairement à chaque parution depuis les premiers volumes de la série originale.

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