Cosmo [†] Orbüs

Le Troisième Testament, Julius II | Alice, Montaigne & Dorison

La couverture illustrée par Alex Alice.

[Dans leur quête qui devait apporter la fin de ce monde, ils côtoyaient les vestiges de ses premiers temps.]

Il aura fallu un peine plus d’un an à Alex Alice et Thimothée Montaigne pour continuer l’histoire de Julius, la préquelle du Troisième Testament. En grand fan de la série et de ses auteurs, il n’a pas fallu me prévenir deux fois avant que je me précipite dans ma boutique de BD pour acquérir ce nouvel album.

Le second tome de Julius donc, sobrement intitulé La Révélation 1/2, reprend l’histoire là où l’on avait laissée. Attention, spoiler.

Après leur évasion de la mine de Siddim, Julius, Livia et le chrétien trouvent refuge dans la forteresse rebelle d’Ein Guedi au coeur de la Judée occupée. En ancien général, Julius tente de convaincre son compagnon d’utiliser son influence pour fédérer les juifs et partir à la reconquête de leur pays.

Mais plutôt qu’un destin guerrier, celui que le peuple appelle le Sar Ha Sarim, « le Prince des Princes » choisit de répondre à l’appel de son Dieu, et de partir vers l’est.

Si le talent d’Alex Alice n’est plus à prouver depuis la saga originale du Troisième Testament et bien entendu son magistral Siegfried, c’est autant pour la qualité de ses histoires que pour sa capacité à les raconter. Alors que certains romanciers se perdent dans des séries trop longues, lui est capable d’instaurer une grande puissance dans la narration en à peine une cinquantaine de pages à chaque album. Julius n’échappe pas à la règle et propose une histoire extrêmement bien mise en scène quoiqu’un peu vide d’événements, ou les personnages voyagent vers l’orient, à travers le désert et jusqu’à la magnifique ville de Babylone.

Le dessin de Timothée Montaigne prend logiquement la suite de celui de Robin Recht qui avait réalisé le premier tome. Son trait affirmé et contrasté est à la fois sobre et austère lorsqu’il représente le désert et d’une richesse insoupçonnée pour décrire la fabuleuse cité de Babylone par exemple. Sans être aussi racé que d’autres, son graphisme réaliste se met parfaitement au service de son histoire et lui donne un cachet historique et exotique parfait, tout en sachant déployer beaucoup d’énergie lorsque le besoin s’en fait sentir. Associé à un soin extrême porté sur la construction des pages et la mise en scène, ce dessin est le vecteur idéal du propos de la BD.

Et de propos justement, Julius en est plein. Des dialogues à la narration en « voix off », les textes de l’album sont admirablement écrits et renforcent d’autant le plaisir de lecture. Bien que le thème même de l’album soit baigné de religion, il peut tout à fait s’apprécier d’un point de vue mythologique, comme une aventure légendaire autant que personnel et non pas comme un ouvrage prosélyte. Pour moi qui me passionne pour tout ce que les religions comportent de légendaire et pour leurs influences culturelles, c’est du pain béni. Sans mauvais jeu de mots.

En conclusion, ce second tome de Julius est la digne préquelle du prestigieux Troisième Testament. Peut-être pas aussi surprenant que le premier album et un peu frustrant en ceci qu’il n’achève pas l’histoire ; il n’en demeure pas moins un récit intense et passionnant, qui se lit d’une seule traite et contribue à affirmer Alex Alice comme l’un de mes auteurs français préférés. Un échelon de plus sur l’échelle qui nous emmènera, au bout du compte, à la révélation. Vivement la suite !

-Saint Epondyle-

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