Cosmo [†] Orbüs

Pandore I

Ghost Cat par ~lumi-mae

[Le magma des nuages se reflétait dans l’onde,
qu’enflammait la couleur rouge et or des arbres alentours.]

~ Chapitre I ~

L’histoire que je me propose de vous raconter me vient du docteur Joseph Ward, qui l’a vécue lui-même avant de prendre sa retraite. Le docteur Ward, qui est un ami, est une personne tout à fait censée et cartésienne que je crois positivement incapable de croire aux événements soi-disant merveilleux ou fantastiques. Pourtant, ce récit est celui de faits que la médecine et la science moderne sont à ce jour tout à fait incapables d’expliquer. Le voici tel qu’il me fut raconté.

Tout commença lors d’un matin brumeux comme seules les régions du sud de l’Angleterre savent en produire, dans la demeure de mon ami. Médecin de renom, ce dernier avait décidé de quitter Londres quelques années auparavant afin de profiter avec son épouse du bien-être de la campagne. Il officiait donc dans les villages alentours grâce à son automobile personnelle, et s’apprêtait à prendre une retraite méritée avant cinq ans.

Ce jour là, le docteur s’était réveillé un peu plus tard qu’à son habitude. C’était un homme honnête et ordonné, qui savait en bon médecin les risques du surmenage. Approchant de la retraite, il s’était accordé une matinée de repos chaque semaine et c’est donc un peu après huit heures, alors qu’il venait de s’éveiller, qu’il ouvrit sa fenêtre en grand afin de laisser pénétrer l’air vivifiant et chargé d’humidité du dehors dans la chambre à coucher. La lumière blanche et froide d’un mois d’octobre pluvieux avait déjà envahi la campagne qui bordait la maison, et le bois qu’on apercevait habituellement depuis la chambre du premier étage semblait drapé dans un manteau de bruine. Mon ami ne s’apprêtait pas alors à vivre une journée bien différente de toutes les autres, et résolut de déguster au salon une tasse de l’excellent thé au jasmin de Chine qu’il avait apporté de Londres.

C’est aux alentours de neuf heures, alors qu’il s’était installé devant la cheminée du salon pour la lecture des  nouvelles du jour, que Joseph Ward entendit au loin le bruit lointain mais caractéristique d’un moteur à essence et de roues crissant sur les graviers humides de la propriété. Bien qu’il n’attendit personne, il remit de l’eau dans la théière et observa a travers la fenêtre une Bentley vert foncé traverser la cour avant de s’immobiliser sous ses fenêtres. Alors que le conducteur sortait sous la pluie, emmitouflé dans un pardessus noir, le docteur Ward se dirigea vers l’entrée afin d’y accueillir son hôte.

C’était un homme d’une soixantaine d’années dont les cheveux gris gominés étaient protégés par un chapeau melon, il portait sous son manteau une redingote à l’ancienne que rehaussait une cravate de laine mauve. Le vieil homme était visiblement fort agité mais n’oubliait pas les bonnes manières et se présenta sous le nom d’Arthur Wenrec, domestique au service d’un certain Lord Sternam. En quelques mots, il indiqua le motif de sa visite. Le lord pour lequel il travaillait habitait à Londres depuis longtemps et venait d’acquérir une grande demeure dans les environs. Sa famille et ses domestiques s’y étaient installés sans encombre depuis le mois de juin et comptaient faire de l’endroit leur retraite automnale pour les années futures. Malheureusement, la fille unique de monsieur était tombée malade depuis quelques jours, loin des médecins habituels de la famille. C’est ainsi que, se basant sur la réputation du docteur Ward dans le pays, le lord avait envoyé Arthur Wenrec le quérir au plus vite pour se rendre au chevet de sa fille.

Sans beaucoup plus de détails concernant le mal dont était atteinte la petite, mon ami résolut de partir sur-le-champ à la résidence de la famille afin de s’en rendre compte par lui-même. Le temps d’enfiler son pardessus, de choisir son plus beau chapeau de feutre et d’attraper la mallette médicale qu’il tenait toujours prête, et il grimpa dans la luxueuse Bentley à la suite d’Arthur Wenrec. La propriété de la famille noble se situait à plusieurs miles du village du médecin, et le trajet dura un peu plus d’une heure et demi. Pendant ce temps, mon ami essaya d’entamer la conversation avec l’homme qui le conduisait. Il apprit que la famille de celui-ci avait toujours travaillé pour les Sternam, depuis des générations. Bien qu’il eut lui-même un fils, il considérait la petite Alice comme sa propre fille et son état l’effrayait.

Le manoir ou la famille venait d’emménager était une bâtisse récente et confortable, bâtie à proximité d’un bois et sur le bord d’un petit lac. L’eau était cristalline et sa surface n’était ridée que par le passage d’un couple de cygnes gris ; le magma des nuages se reflétait dans l’onde, qu’enflammait la couleur rouge et or des arbres alentours.

Alors que la pluie avait cessé, le soleil pointait de nouveau au travers de la couche épaisse des nuages. La forte lumière blanche qu’il irradiait sur le feuillage des arbres d’automne donnait à la scène une allure onirique ; dans laquelle le manoir prenait la forme de quelque château fabuleux. Debout en haut des marches qui menaient au manoir se tenait la silhouette stricte de Lord Bertram Sternam. D’un regard gris et dur, l’homme regardait arriver le médecin et le domestique, qui sortaient de la voiture. Mais malgré son allure digne et peu expansive, lord Sternam serra vivement la main de mon ami. Bien que la transcription de leur dialogue puisse après coup souffrir de quelques inexactitudes en voici la substance :

« – Ah docteur, dit-il à mon ami, j’espérais que vous viendriez ! Je suis Bertram Sternam, le propriétaire de ce domaine et également le père affligé des tourments de sa fille. Je ne saurais jamais assez vous remercier d’avoir accepté de venir jusqu’ici, je peux vous faire préparer une chambre si vous souhaitez rester cette nuit.

– Avant toute chose monsieur, pouvez-vous m’expliquer plus avant les symptômes dont votre enfant est affligée ? Répondit le médecin, avenant, en bon professionnel.

Lord Sternam fit entrer le docteur dans la bibliothèque. « Voici l’affaire toute entière docteur : Ma fille, qui vient de fêter son seizième anniversaire, est une enfant délicieuse en tous points qui trouve ses loisirs dans la lecture et le chant. Elle est très appréciée de son précepteur et excelle tant à l’apprentissage des lettres, de l’histoire et des arts qu’à l’équitation qu’elle pratique avec une grande assiduité. En tant que parents, elle nous remplit de bonheur par la seule grâce de sa présence et nous ne doutons pas de la marier à un excellent parti d’ici deux ans.

Lors de notre arrivée ici, Alice a tout de suite pris ses aises. Au début de l’été, elle adorait s’installer dans le kiosque au bord du lac afin de lire des heures durant, son gros chat sur les genoux. Tout allait pour le mieux et nous nous félicitions que la belle enfant ne souffre pas de ce changement radical avec notre hôtel particulier, à Londres. Mais au bout de quelques semaines notre chère enfant fut en proie à de terribles cauchemars, qui la réveillèrent en sursaut au plus noir de la nuit. Au fur et à mesure, elle accumula beaucoup de fatigue et peu à peu, elle perdit le goût de ses loisirs habituels. La lecture qui représentait sa plus chère source de joie lui semblait difficile et laborieuse, la musique lui causait des migraines et la moindre nourriture semblait fade et triste à son goût. Même notre compagnie semblait difficile à supporter pour elle, qui nous avait pourtant habitués à son caractère délicieux.

La situation s’est aggravé depuis ; sans que rien n’eut changé dans nos habitudes de vie, ma petite Alice est tourmentée de visions et de voix qui chaque jour l’entraînent un peu plus loin de nous. Aujourd’hui elle est devenue fort faible et ne dors pour ainsi dire plus du tout. Refusant de laisser quiconque entrer dans sa chambre, elle y reste cloîtrée toute la journée, sans rien manger de ce que la bonne lui apporte. Nous sommes désemparés. »

Ayant écouté le discours teinté d’émotion de lord Sternam, mon ami alluma sa pipe et en tira une longue bouffée. Plutôt que d’émettre un diagnostic hâtif, il demanda a voir la jeune Alice afin de se rendre compte de son état par lui même. Lord Sternam le fit donc monter à sa suite jusqu’au premier étage. Arrivés devant la porte lambrissée de la chambre, les deux hommes marquèrent une pause. Joseph Ward nota une grande appréhension dans l’attitude de son hôte. Visiblement, l’homme vivait cette situation moins bien qu’il ne voulait le laisser paraître. Le médecin entra a sa suite.

La chambre était une pièce proprette et relativement vaste au mobilier de bois clair. Tout y était en ordre parfait, depuis le petit poêle carrelé de blanc jusqu’à la commode sur laquelle était rangée une admirable collection de poupées. La double porte vitrée qui donnait sur le balcon laissait filtrer une lumière claire, filtrée par de lourds rideaux de velours. A côté de la fenêtre se trouvait un joli petit lit en fer forgé dont les rideaux du baldaquin laissaient entrevoir qu’une mince silhouette se tenait à l’intérieur.

« Bonjour Alice chérie, dit lord Sternam depuis la porte de la chambre d’une voix un peu trop forte, voici le docteur Ward qui va s’occuper de toi. Sois gentille avec lui veux-tu ?  » Devant l’absence de réponse et l’attitude gênée du père, le docteur Ward se résolut à prendre l’initiative et se dirigea d’un pas assuré à travers la pièce vers le lit. En écartant délicatement le rideau du baldaquin, Ward découvrit la jeune fille qui s’y trouvait.

Alice Sternam était une enfant magnifique de naturel et de simplicité, tout à fait semblable à une fleur fragile et diaphane. Ses cheveux blonds étaient irisés de roux et d’or, tombant dans sa nuque en longue boucles soyeuses simplement retenues par un ruban d’enfant. Vêtue d’une robe de nuit en dentelle blanche, elle était assise sur son lit, un lourd volume relié à la main. Ses yeux pâles étaient grands ouverts, mais son regard se perdait dans le vague en direction de la fenêtre. Immédiatement, mon ami fut frappé par la beauté de cette enfant qui paraissait irradier un calme parfait et dont le beau visage blanc semblait être celui d’une poupée de porcelaine d’une finesse infinie.

« Bonjour docteur. » Dit la fillette avec un regard absent, un sourire poli mais teinté de mélancolie sur les lèvres.

Malgré la beauté lumineuse de la jeune fille, Ward put constater immédiatement, en bon médecin, l’intense fatigue qui affligeait la jeune fille. Son teint semblait trop pâle, son regard trop lointain et son attitude trop absente. Cette enfant avait l’air déphasée, comme si le sommeil qui se refusait à elle depuis des semaines l’éloignait tout de même du monde éveillé.

Le docteur résolut de l’examiner sur-le-champ, sous l’œil inquiet du père de l’enfant qui trépignait en manipulant la chaîne de sa montre. Alice se prêta poliment à tous les examens que lui imposât mon ami, sans que celui-ci put découvrir le moindre symptôme d’une affliction concrète. Joseph est un médecin de renom qui excelle à circonscrire avec certitude une maladie à partir des symptômes qu’elle provoque ; mais malgré sa vigilance, il fut positivement incapable de dire avec certitude de quoi souffrait sa patiente. « Cette jeune fille a l’air en parfaite santé. » dit-il à la cantonade en se relevant.

« Je n’arrive pas à trouver le sommeil, docteur. » Dit Alice d’une petite voix flûtée, comme embarrassée de contredire l’avis médical. A ces mots, Joseph ressenti une grande compassion pour cette jeunette qui semblait si frêle et si fragile. En tant que médecin, et en tant qu’homme, il voulut tout faire pour la protéger. Le docteur résolut donc à défaut d’une alternative préférable, de prescrire un léger somnifère à l’enfant et de rester au manoir le soir même afin d’en juger les effets. Il lui administra donc une faible dose de pavot et lui recommanda de se coucher sur-le-champ pour une sieste, il l’espérait, réparatrice.

Après avoir couchée et bordée l’enfant, les deux hommes quittèrent la pièce sur la pointe des pieds. Une fois sur le palier, Lord Sternam s’excusa auprès de Ward du contre-temps que l’état de sa fille imposait, bien que mon ami lui répéta qu’il n’en était nullement incommodé. Après cet échange de politesse, le lord -qui était lui-même très fatigué- prit congé pour une sieste également. Joseph décida donc de passer le temps par une promenade dans le parc de la propriété.

Dans les ors de l’automne, le domaine arborait sa plus belle robe. En marchant au bord de l’onde calme, Joseph Ward put oublier quelques instants son inquiétude pour la petite Sternam, en admirant la beauté de la nature. Le vent s’était levé chassant le brouillard, et agitait maintenant les branches jaunes et rouges des bois alentours en de longues vagues lancinantes. Alors que les cygnes continuaient leur lente ronde sur le lac, un faucon lointain survolait le domaine en cercles concentriques. De l’autre côté du lac s’entendait une vaste étendue herbeuse où paissaient paisiblement deux chevaux gris. A l’écart des bâtiments de la propriété, le médecin aperçut un petit kiosque blanc, situé à la limite entre le bosquet et le lac. En arrivant à sa hauteur, prit de curiosité, il entra à l’intérieur.

Là se trouvaient un petit banc et une table basse de fer forgé, sur laquelle était encore posé un petit roman relié de cuir rouge. Des vagues de feuilles mortes orangées avaient été amenées par le vent jusqu’à l’intérieur du kiosque, dont elles tapissaient à présent le sol. Depuis cet endroit se révélait une vue imprenable sur le parc, le lac et le manoir ; à l’écart de la propriété, cet endroit ressemblait à un petit havre de paix et de calme et le médecin comprit que la petite fille aimait à y passer de longues heures. Lui-même s’y attarda quelques minutes, s’abreuvant du calme et de la beauté de l’endroit, sous la neige rouge des feuilles d’octobre.

En redescendant les quelques marches qui menaient au kiosque, et alors qu’il s’apprêtait à retourner le coeur serein vers la demeure de la famille pour s’y réchauffer, le docteur aperçut ce qui lui sembla être une petite tombe. Au pied d’un bouleau, a l’abri dans un renfoncement de mousse, se trouvait une pierre blanche et ronde a côté de laquelle, lové en boule, était un petit chaton au poil roux. Éveillé, il fixait Ward de son regard jaune et attentif. Bien que l’animal ne mesurait guère plus d’un quinzaine de centimètres de haut, sa posture droite et fière avait quelque chose de noble. Debout à quelques mètres de lui, Joseph Ward resta face à l’animal quelques secondes, plongeant son regard dans le sien. Bien qu’il n’y songeât pas sérieusement, il se fit la réflexion que le chat, dans son attitude de calme attentif, semblait attendre quelqu’un. En détournant ses yeux jusqu’à la pierre blanche située à la gauche du petit animal, mon ami put y lire, tracé d’une écriture infantile, le seul mot « Pandore ».

Le docteur passa le reste de l’après-midi dans la bibliothèque de son hôte, compulsant d’un oeil vague les ouvrages qu’elle contenait. Au début de la soirée, c’est avec une certaine appréhension qu’il se rendit au chevet de sa jeune patiente, espérant la retrouver profondément endormie. Entrant furtivement dans la chambre obscure, Joseph se trouva fort étonné de rencontrer la jeune Alice assise au pied de sa petite cheminée plutôt qu’alitée. S’asseyant auprès d’elle, il la dévisageât de longs instants avant que celle-ci ne prenne la parole avec une émotion palpable.

« – Je n’ai pas trouvé le sommeil docteur. Dit-elle sur le ton de l’excuse, les yeux visiblement aussi fatigués qu’au sortir d’une crise de larmes. Peut-être le médicament n’était il pas assez fort ? »

Après concertation avec lord Sternam, Ward décida de modifier le traitement tout en augmentant légèrement la dose. Bien entendu, un dosage mal effectué de somnifère pour une si fragile jeune fille aurait pu s’avérer fort dangereux, et le médecin décida sagement de minimiser les risques en ne haussant pas inconsidérément les volumes.

Ward obtint d’Alice qu’elle avale un maigre bouillon de légumes en guise de dîner, et son hôte la coucha à nouveau. Ils se rendirent ensuite à la salle à manger. Le repas fut sombre et malgré les efforts de lord et lady Sternam pour lui être agréables, Ward n’eut que compassion pour l’épreuve qu’ils traversaient. Il fit en sorte d’égayer la conversation de quelques anecdotes de ses voyages aux Indes que chacun écouta avec politesse, rebondissant à l’occasion. Lorsque les desserts furent débarrassés, le médecin et le lord passèrent à la bibliothèque afin de prendre le digestif. Les fenêtres de la pièce donnaient sur le parc, dans l’obscurité duquel se devinaient les contours du lac et du bois qui le bordait. Après la fin de leur discussion sur les débouchés de l’importation de thé indien en Europe (dans lequel le lord avait quelques intérêts), Bertram Sternam prit congé de son hôte, non sans lui avoir indiqué qu’on lui avait préparée la chambre d’invités située au bout du couloir du premier étage en face de la chambre d’Alice.

Joseph se retrouva seul dans la bibliothèque ou, assis dans un confortable Chesterfield, il put se plonger dans ses réflexions tout en dégustant un excellent cigare. Bien qu’au travers de ses lunettes rondes son regard fut porté vers l’extérieur ; ses préoccupations allaient toutes entières vers le premier étage, ou la petite Alice -espérait-il- devait dormir à points fermés. Malheureusement pour ce bon médecin adepte de la rationalisation de l’art de guérir, il était tout à fait incapable de savoir ce qui pouvait être la cause de la situation de sa jeune patiente. Pire encore, il ignorait pourquoi son premier traitement n’avait eu aucun effet sur elle, et redoutait que le nouveau médicament n’ait pas été plus efficace.

Gagnant sa chambre sur la pointe des pieds, Ward passa devant la porte fermée de sa protégée avec sa lampe a la main. Ne risquant pas d’ouvrir le vantail de bois blanc qui risquerait de réveiller Alice, il entreprit néanmoins de coller son oreille contre la porte ; à l’affût du moindre son. Dans le silence compact qui enveloppait le manoir, rien ne lui permit de distinguer si la jeune fille s’était assoupie. En prenant mille précautions de discrétion, Ward s’en retourna vers sa chambre -une petite pièce lambrissée, meublée avec goût- et se coucha dans le lit qu’on lui avait préparé. Le silence était total au premier étage de la vaste demeure, et alors qu’une chouette hulula dans le bois lointain, Joseph Ward s’endormit.

A suivre.

-Saint Epondyle
Sur une idée initiale de Lo’.

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