Cosmo [†] Orbüs

Cosmo Orbüs a 7 ans

La marée monte. Dans le goudron s’agitent et se tortillent les câblages de nos cervelles que parcourent à vitesse ubiquitaire les flux incessants de l’information.

Un milliard d’yeux scrute vos gestes – ne perd rien de vos moindres confidences, mêmes les plus inavouables, surtout elles, murmurées aux heures les plus silencieuses de la nuit à l’oreille du Moaï cybernétique. Lui qui nous couve sans un mot, n’est-il pas bienveillant ? Et s’entasse la data à ne plus savoir qu’en foutre.

Sept ans que j’alimente le brouhaha du cyberworld, cyberespace, cybermarché. Sous cette forme, du moins. « Broadcast yourself », disait la brochure.

Il est d’usage, lors des anniversaires, de se réjouir. De se féliciter d’en être là, peut-être pour masquer la tristesse du naufrage en perspective – qui a commencé -, peut-être pour se congratuler d’avoir survécu jusqu’ici, peut-être simplement pour admirer la vue en jetant un coup d’œil derrière soi. Comme tous les mioches de sept ans, je n’ai pas idée de ce que je voudrais faire plus tard. Je tente des choses, je cherche des passages.

Ça fait aujourd’hui sept ans que je suis « créateur de contenu » (euarg). Comme une montgolfière, il m’a fallu jeter du lest aussi souvent que nécessaire pour éviter le crash. Changer de direction pour cueillir les mouvements ascendants. Plus qu’ailleurs, la mue est pour un blog une question de vie ou de mort. Se réinventer ou perdre la flamme. La ligne éditoriale de Cosmo tient plus du sac de nœuds (qui au moins n’est pas un nœud de vipères) que de la courbe épurée. Espérons au moins que cette ligne édito soit une ligne de fuite. En résulte ce site-foutoir, dont les incohérences qu’on appelle « éclectisme » par élégance ne semblent gêner que moi. Qu’importe, autant aller de l’avant. Un bouquin que j’aime bien dit : « Vif est celui qui se dresse et fait face. » Et : « Ne te retourne jamais que pour pisser. » Dont acte.

Cette saison 2016 – 2017 a été dantesque. Un tournant historique dans la vie de Cosmo. L’année de mon passage hors-ligne ; qui me fait rêver, parfois, à des lendemains somptueux. J’ai battu mon record d’interviews en un an, menant 7 ou 8 entretiens sur la saison (tous ne sont pas encore sortis) ; j’ai eu la chance, le plaisir et l’honneur d’être invité à Strasbourg et Limoges pour parler de transhumanisme ; j’ai participé à une journée d’étude parisienne pour parler de La Horde du Contrevent en guise de teaser de mon futur bouquin. Oui parce que, parallèlement, j’écris mon second bouquin consacré au roman de Damasio (making-of). C’est pour ce projet que j’ai participé à un NaNoWriMo en début de saison, et c’est notamment de lui que j’ai discuté avec M. Mih sur son site. J’ai également assisté – ému – à la naissance du Mouton Numérique, une association technocritique créée par les copains Irénée et Yaël, qui organise des événements-débats en région parisienne. On vous prépare des trucs sympathiques pour l’année prochaine.

Faire la liste de ceux à qui je suis redevable, comme je l’avais fait l’année dernière, est devenu carrément impossible. L’écriture même la plus personnelle, ne se conçoit que seul-mais-pas-seul (« peuplé »). Merci donc à vous tous, cosmonautes occasionnels et récurrents. Aux rôleux croisés ici ou là, à mes joueurs pour supporter mes expériences incessantes et accepter d’être mes cobayes, aux Sombreux morts à ma table et aux Estereniens de Paris Est Ludique. Aux gens croisés aux événements, aux gens qui m’y ont invité, aux rédacs-chefs de JdR Mag et Usbek & Rica pour m’avoir ouvert leurs colonnes.

A ceux enfin qui me soutiennent sur Tipeee, je ne vous félicite pas. C’est très mal d’encourager les gens sur des voies stupides et irréalistes comme de croire qu’on puisse gagner de l’argent (c’est sale !) en écrivant. N’empêche, un merci particulier à vous, mes chers mécènes : Alias, tonton, taulier, inspirateur ès blogging. Julie Halcyon, et merci encore pour ton aide sur le bouquin (ça avance, promis). Manu, super rencontre posthumaine – et il faut qu’on joue ensemble un de ces jours. Peggy, ton enthousiasme sur Sombre et mes travaux liés au jeu me font très plaisir (plein de nouveautés sont à venir). Le Greg, compagnon d’armes open-source depuis… longtemps ! Vincent Favreau, en te souhaitant bon vent, toi l’auteur nomade à la barbe fleurie. J’espère vous (re)croiser toutes et tous un de ces jours.

Merci à vous les cosmonautes, pour cette année épique passée ensemble à l’ombre des GAFA. J’espère vous renvoyer un peu de ce que vous me donnez la force de faire.

Comme chaque année, je mets Cosmo en veilleuse jusqu’au mois de septembre. D’ici là, je vais faire quelques travaux sur le site, et essayer de finir le deuxième jet de mon fieffé torchon. A la question « pourquoi je m’inflige ça ? » je n’ai pas encore trouvé de réponse tout à fait satisfaisante. J’aime me dire que c’est autant de temps de cerveau rendu indisponible pour M6.

~ Antoine St. Epondyle

Les articles de la Saison 7 (2016 – 2017)

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