Le jeu de rôles est mort !

Mis en orbite le 5 septembre 2013 par Saint Epondyle dans ~ Chroniques JdR
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Oh no!!, par ~savtheplanet01

[... vive le jeu de rôles !]

Cette fois c’est sûr, le jeu de rôles (JdR) est mort. Voilà bien l’une des légendes urbaines les plus tenaces du petit monde des rôlistes. Pourtant, si l’idée de voir sombrer ce loisir unique dans les abîmes des jeux d’antan a de quoi effrayer, je pense que sa disparition n’est pas du tout à l’ordre du jour. Non, le JdR n’est pas mort. Et bien qu’il puisse être en difficulté, je prédis qu’il ne risque finalement pas grand-chose par les temps qui courent. Et ce pour plusieurs raisons.

La plupart du temps, les hauts-cris poussés par les fossoyeurs du JdR s’appuient sur plusieurs points : l’immense difficulté pour les nouveaux jeux de 1/ se faire publier et 2/ devenir économiquement viables, le déclin de la presse spécialisée et des boutiques dédiées ainsi que la chute globale de la plupart des indicateurs économiques classiques. Effectivement, dressé comme ça le tableau à de quoi faire frémir.

Oui c’est vrai, les auteurs de jeux connaissent des difficultés innommables pour faire éditer leurs créations. Et lorsqu’ils y arrivent, le succès commercial à des chances d’être aussi confidentiel que fugitif. Prenons l’exemple de COPS : bien qu’extrêmement fouillée et professionnelle, la gamme de vingt-et-un suppléments n’aura été éditée qu’une fois par Asmodée avant de connaître un bref reboot des éditions Oriflam. Énormément de travail des auteurs, qui n’aura été sanctionné -au mieux- que par un précaire équilibre recette/dépenses. Et ce même avec de bonnes critiques de la part des joueurs.

Globalement, le constat est là. Mis à part les très grands noms du secteur, tous américains et tous réédités plusieurs fois avec une flopée de suppléments, tous les jeux stagnent au mieux à un niveau de semi-notoriété. Oh bien entendu les rôlistes connaissent le nom de dizaines de jeux. Mais concrètement, en dehors de Donjons & Dragons, Le Monde des Ténèbres et L’Appel de Cthulhu, la plupart des jeux peinent à se faire un nom, et plus encore à conquérir de nouveaux joueurs. Une exception toutefois : Les Ombres d’Esteren semblent en train de tirer leur épingle du panier de crabes, largement grâce à l’huile de coude de l’association ForgeSonges et à une utilisation intelligente du crowdfunding. Au point que le jeu a été traduit en anglais et serait en passe de s’attaquer aux Amériques. Ceci étant, qui dit « association » laisse comprendre que les auteurs ne se rémunèrent pas. La rentabilité attendra donc.

Pour comprendre cette situation économique, je vous invite à changer de point-de-vue et à regarder les choses depuis les yeux des joueurs, c’est à dire des clients. Si je prends l’exemple de ma ludothèque, je peux y trouver les trois livres de base et l’écran de Donjons & Dragons 3.5, le livre de base, deux suppléments et l’écran de COPS, deux livres et l’écran de L’Appel de Cthulhu 6, ainsi que deux livres et l’écran des Ombres d’Esteren. Soit un total de dix livres et cinq écrans. Plus une fournée de dés en tous genre. Plaçons le prix d’un livre aux alentours de 30€, celui d’un écran dans les 10€ et la somme des dés pour un total de 20€ et nous obtenons la somme de 370€ environ dépensés pour le JdR. Sauf que voilà : je joue depuis une dizaine d’années avec cette ludothèque complétée de matériel récupéré sur Internet (scénarios et aides de jeux), de quelques crayons et de pas mal d’imagination. Au total j’ai joué avec une trentaine de joueurs différents, certains ont acheté des livres à leur tour, mais la plupart se contentent de jouer sans dépenser plus que le prix des pizzas. Ce qui signifie que ma pratique du JdR et celle de mes joueurs habituels nous a coûté depuis dix ans, la bagatelle de 37€ par an environ à nous tous.

C’est le problème fondamental de « l’industrie » du JdR, et paradoxalement aussi un vrai argument pour convaincre de nouveaux joueurs : le JdR ne coûte pas cher. Ou plutôt un livre coûte assez cher en soi, mais permet des parties virtuellement infinies. Tant que vous ne renversez pas le coca sur votre bouquin de règles, vous n’aurez aucune raison de le changer. D’autant que contrairement aux jeux vidéo par exemple (ô combien plus onéreux), un livre de JdR restera toujours jouable sans souffrir de dépassement technique ou d’incompatibilité. En tant que joueur de D&D 3.5, je n’ai aucune raison de passer à la version 4 si je ne le souhaite pas. Et rien ne m’empêchera de continuer à jouer avec le même jeu dans trente ans.

Le JdR encourage la création de la part de ses joueurs. Détournez les règles, créez votre univers, écrivez vos scénarios, créez vos personnages ! Plus vous créerez et moins vous aurez besoin d’acheter. C’est pourquoi on se retrouve aujourd’hui avec presque autant de jeux que de joueurs, et donc une ignoble difficulté à rendre lesdits jeux économiquement viables. Dans cette situation, les jeux de moyenne portée peinent à se faire connaitre et Donjons & Dragons renforce un peu plus à chaque édition son aspect jeu de plateau en vendant des figurines en plastique et des décors quadrillés. Si ce choix de l’éditeur est contestable pour les puristes de l’interprétation, il n’en demeure pas moins parfaitement compréhensible -voire nécessaire- au niveau commercial.

Qu’il soit de niche ou pas, un marché ne fonctionne que lorsqu’une offre rencontre une demande. Si on prend l’exemple des cartes Magic the Gathering ou du jeu de plateau Warhammer, on constate que tous les joueurs doivent passer par la case « achat » avant d’espérer faire la moindre partie. C’est justement le point sur lequel ces jeux sont critiqués : ils coûtent extrêmement cher à qui espère acquérir un niveau convenable. Ce n’est pas le cas avec le JdR. J’ai été frappé de voir lors de mes quelques parties en association à quel point chaque MJ du club avait plus ou moins créé son propre jeu en s’inspirant de jeux existants. Du coup, le club et sa trentaine de membres fonctionnaient presque uniquement avec des créations maison.

En plus de cette situation, Internet joue un rôle déterminant. Le web permet à tous les rôlistes de partager leurs créations, de discuter et de s’associer pour créer des choses ensemble, ou plus généralement pour venir piocher des inspirations, des scénarios et des aides de jeu sans créer de contact. Cela est bien-sûr nuisible à la presse spécialisée, comme le témoignent les difficultés de Casus Belli et de Jeu de Rôles Magazine ces dernières années. Mais le mouvement est structurel : la presse écrite va mal en général. Les tirages des gros magazines généralistes et tabloïds ne cessent de diminuer (et quand on voit le niveau, on n’est guère surpris), et même si ce mouvement est bien triste il est logique que la crise du secteur se répercute en premier sur les petits titres spécialisés les plus fragiles. Un doute ? Demandez donc aux rédactions des magazines de poésie ce qu’ils en pensent.

Il ne faut pas confondre le marché du JdR et sa pratique. Dire « le JdR est mort », c’est faire un raccourci trop facile. Le marché du JdR est une niche, en crise structurellement. A mon avis, il le sera toujours. Un loisir qui consiste à encourager les gens à imaginer par eux-même est par nature non viable économiquement. Et en même temps, ne connait-on pas le pouvoir destructeur de l’argent sur la passion ? Le charme artisanal et un peu bancal du JdR, et le fait que ses acteurs économiques -spécialement ses éditeurs- fonctionnent à la passion plus qu’à l’argent a quelque-chose de sain. Plus encore, l’absence de grosse rentabilité permet de garder à distance les gros industriels et donc la vulgarisation des jeux et la massification des joueurs qu’on connus les MMORPG avec la suppression des jeux par navigateurs au profit des grosses franchises mondiales. Le JdR demeure un loisir intelligent, qui nécessite de faire fonctionner le cerveau, plus que les jeux vidéo, plus que le sport, plus que la plupart des autres loisirs. Voir les capitaux irriguer le marché du JdR et en faire un loisir de masse, soyons honnête, ni vous ni moi ne le voulons.

Internet joue un rôle ambivalent, si d’un côté il impose une concurrence féroce -déloyale- à la presse et aux boutiques, il nous permet aussi d’échanger et de nous fédérer. Nous n’avons jamais autant communiqué sur le JdR qu’aujourd’hui. J’en veux pour preuve le franc succès remporté par la campagne de promotion Moi, rôliste ! initié par l’ami Alias. Alors oui, les sites de JdR, les blogs de rôlistes, les communautés vont et viennent, ouvrent et ferment, tombent dans l’oubli et ressuscitent. Les forums ont perdu beaucoup d’activité, mais les réseaux sociaux et la blogosphère carburent. Nous vivons en communauté un peu consanguine et probablement trop renfermée sur elle-même, mais nous avons au moins le mérite d’exister. La culture geek est de plus en plus médiatisée, la SF n’a jamais autant été à la mode au cinéma, les super-héros sont partout, la Japan Expo reçoit chaque année plus de monde (220 000 visiteurs en 2013). Parallèlement les jeux vidéo sont en train de fracturer le plafond, et les jeux de société connaissent une nouvelle jeunesse grâce à des titres conviviaux et faciles d’accès comme Time’s Up, Les Loups-Garous de Thiercelieux ou Jungle Speed.

Qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a plus de place pour de nouveaux rôlistes. Si je ne suis pas un habitué des conventions, j’ai tout de même eu l’occasion d’organiser assez souvent des parties d’initiation pour débutants avec toujours un vrai succès tant le JdR ne ressemble à aucune autre activité. Alors ne nous enterrons pas nous-même. Personnellement j’ai encore soif de jeu, et je suis toujours en vie.

-Saint Epondyle-

  1. derynnaythas dit :

    eh oui, dès le départ du tout-commercial avec le jeu de rôles, c’était fichu! D’ailleurs, les prix donné à titre indicatif sont faux, un bouquin à 30 euros aujourd’hui, impossibeule, pas les grands noms en tout cas, et un écran, j’en vois plus souvent à 20 euros. C’est donc chère, trop chère face à ce qui est décrit dans ce très bon article, à savoir l’imagination en local et sans recherche de brouzouffes! Des forum comme silentdrift montraient bien qu’en plus de vouloir créer leurs propres jeux, les rôlistes tendent à évoluer, à chercher d’autres manières de jouer. Mieux encore, la génération des trentenaires à engendrée de nouvelles créatures, chétives pour le moment, mais déjà attablées du mauvais côté de l’écran, lançant les dés et crayonnant les fiches de leurs personnages!
    Non, le jeu de rôles est comme Christophe Lambert… Immortel!!!

  2. L'Ours dit :

    Je pense que tu cibles bien la différence fondamentale existant entre la commercialisation du loisir et ses produits dérivés et le loisir en lui-même. Si les jalons de la presse généraliste et/ou spécialisée pour mesurer l’état de santé du JdR ne concerne que les critères économiques, alors oui, comme tu le dis, le JdR ne sera jamais en bonne santé. Comme toi, je n’ai jamais eu besoin de nouveauté en terme de jeu, attendu que mon imagination est bien assez riche, développée et largement exprimée. Et si nombre de JdR hantent les étagères de mon appartement (environ 20-25 je pense), je ne joue guère qu’à 3 d’entre eux depuis ces 10 dernières années.

    Aux soucis rencontrés par la presse spécialisée (et plus particulièrement Casus), je ne me priverai pas de leur dire que ce sont des cons, car ils ont misé sur la priorité papier (numéro en numérique disponible parfois plus d’un mois après les version papier) au lieu de promouvoir le support électronique. En tout cas, et sans chercher à généraliser, c’est la seule raison pour laquelle j’ai cessé d’acheter la nouvelle formule l’année dernière car j’étais handicapé par le décalage des sorties numériques qui seules m’intéressaient (stop au massacre des arbres). Pas d’abonnement numérique seul prévu, et disponibilité du numérique trop tardive… bref, je l’ai eu mauvaise.

    Pour résumé, entièrement d’accord avec ta vision des choses. Cela étant, je suis sûr qu’il existe des formules économiquement rentables de JdR et ceux qui exploitent longtemps les parutions de contenus sont ceux qui l’effleurent le mieux.

  3. Venom dit :

    En fait, si on prend des critères objectifs comme le nombre de participants aux conventions américaines ou le nombre de kickstarter qui décolle, on se rend compte que non seulement le jeu de rôles n’est pas mort (ce que dit l’article), mais qu’il ne va pas mal non plus (ce que semble encore dire l’article), en fait le jeu de rôle se porte très bien merci – si pas mieux qu’il ne s’est jamais porté ! L’apparition de la vente de suppléments par .pdf, de podcasts/balados consacrés au JdR et de Kickstarter ont franchement changé la donne. Sans compter que Wil Wheaton présente dans son émission YouTube Tabletop le jeu de rôle « Fiasco » a des millions de spectateurs, boostant ses ventes… En fait, il faut arrêter d’être masochiste et de broyer du noir. Cela ne veut évidemment pas dire que chaque Indi Game francophone va devenir financièrement viable, mais ça c’est un autre problème.

  4. Ploum dit :

    Ne serait-ce pas une bonne idée de promouvoir un business model alternatif ? Au hasard, le prix libre :

    http://ploum.net/ce-blog-est-payant/
    http://ploum.net/la-liberte-de-soutenir/

    On pourrait imaginer une plateforme où les participants d’une partie envoient volontairement un Flattr au créateur du JDR.

    Enfin, moi je dis ça, je dis rien, je suis pas rôliste ;-)

  5. Grimtooth dit :

    A chaque fois que quelqu’un déclare que le jeu de rôle est mort, il se relève de son cercueil pour demander une dernière bière ;-)

  6. @derynnaythas > Effectivement j’avais vu les tarifs un peu optimistement. Du coup, ça renforce ce que je disais, même si finalement ça ne me dérange pas de payer 40€ un livre pour y jouer 10 ans. (Alors qu’un Call of Duty doté de cinq heures de jeu solo, ça me tue)

    @L’Ours > Tout à fait, mais le fait que les éditeurs traditionnels ont du mal à passer au numérique, c’est le cas bien en dehors du cas Casus. C’est con, parce qu’en sortant un e-zine au business model valable et avec la même qualité de contenu, ça aurait été très bon.

    @Venom > Merci de tes précisions, je me basais essentiellement sur du ressenti pour mon article. Si le JdR va bien globalement on ne peut qu’en être content.

    @Ploum > J’adhère tout à fait à ton concept de prix libre, notamment pour les blogs. Ceci étant pour le JdR je crois que tu ne places pas le problème au bon niveau. Je joue avec mes amis comme je ferai une soirée console ou une nuit billard autour d’une bière. Ca ne me viendrait pas à l’idée de leur demander de me payer pour ça.
    Par contre, les éditeurs et médias rôlistes pourraient s’inspirer de ce modèle pour fonctionner, je pense que là ça prendrait tout son sens. Malheureusement comme je disais à L’Ours ci-dessus, ils ont déja du mal à passer au numérique, alors pratiquer le prix libre… :/

    @Grimtooth > Je suis bien d’accord ; même si en fait, le JdR n’a jamais été enterré, et n’a donc pas de cercueil. :D

    Merci à tous de votre passage par ici et de vos commentaires !

  7. Très sympa ton article, moins effrayant que celui sur l’analyse transactionnel (qui me faire dire non à la drogue d’ailleurs au passage).

    Beaucoup de choses sur lesquelles je te donne entièrement raison.

    Cela fait effectivement 30 ans que j’entends les « mêmes conneries »… que le JdR va mal, va mourir… qu’il est menacé (par le cinéma, le jeu vidéo, les cartes à jouer, le narrativisme, Justin Bieber, et j’en passe…) depuis toutes ces années.

    Et ça fait 30 ans qu’on continue de jouer, avec nos dés, nos figurines, nos paravents…

    Alors oui c’est vrai, dans les assoc tu vois surtout des jeux « maison ». On finit tous (avec le temps) par vouloir inventer nos propres jeux, nos propres règles, nos propres univers. Mais c’est ce qui fait la beauté de notre loisir justement… qui développe l’aisance sociale et l’imagination.

    Moi pour ma part, ça m’a aidé à faire moins de conneries dans ma jeunesse. J’étais toujours mieux « à l’intérieur » avec mes potes geeks, que « dehors » à chercher les embrouilles. Cela dit, j’ai grandi dans des quartiers où il valait mieux ne pas trop se vanter d’être un fan de Star Wars ou de Willow, sous peine de prendre des coups de couteaux.

    Heureusement, les temps ont changé, et les Geeks ne sont plus montrés du doigt comme des pestiférés… c’est presque même devenu cool… ou du moins « acceptable »…

    C’est ce que j’en déduis, en voyant mes neveux et nièces se costumer de manière bizarre, dans leur comic con, sans pour autant être internés immédiatement, comme dans un bon vieux scénar de Cthulhu :P

    Et puis ça m’a permis de rencontrer mes meilleurs amis. Alors rien que pour ça, je me ferai toujours un devoir de défendre ce (si étrange) loisir, corps et âme…

    Et oui aussi, un « modèle économique » qui n’est absolument pas viable… et cela dès le départ. T’achète un bouquin, une paire de dés, et viva la pepa ! T’as pas besoin de te ruiner avec douze mille ouvrages… bien que certain éditeurs tentent toujours « la ruse de sioux » à ce sujet…

    Et vazy que je te vends des bouquins inutiles… ou des dés/accessoires rendu nécessaire par les règles… C’est de bonne guerre, il faut bien vivre mon bon monsieur !

    Les règles justement.. parlons-en, tout est bon pour essayer de trouver une excuse à la con, pour se dénoter des concurrents :

    Des jeux sans MJ… des jeux sans dés… à quand les jeux sans joueurs ? (si si ils vont oser, « les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait » comme disait Audiard).

    Alors comme tous les vieux bi-classés rolistes/raalistes j’ai fini par ne plus jouer qu’à des jeux maisons… mais je me fait fort (moi aussi) de temps en temps d’acheter des bouquins auxquels je ne jouerai jamais (mais qui font d’excellent « cale-étagère »).

    Alors y’a deux théories pour expliquer ce phénomène socio-culturel :

    Hypothèse 1°) On essaye de se tenir au courant de ce qui se fait dans le JdR, histoire de ne pas se sentir trop « dépassés » (comme aime à nous le rappeler gentiment les blaireaux officiels, spécialiste des tendances, des magazines de notre loisir chéri). Et surtout piquer les « bonnes idées » (y en a encore parfois) pour nos propres jeux maisons…

    Hypothèse 2°) On se sent « coupables », on n’est plus des ados boutonneux.. on a réussi (façon de parler) dans nos boulots, on s’est mariés, on a eu des gosses.. tout ça, tout ça… alors du coup on se donne « bonne conscience » en dépensant notre argent.. « pour soutenir la cause des pauv éditeurs du JdR qui souffrent ». Du moins c’est ce qu’on essaye de prétendre entre nous (après quelques pintes)…

    Ou est la vérité dans tout ça ? Ben « les deux mon Capitaine » !!!

    C’est vrai, le JdR n’est pas fait pour amasser des fortunes, il a un « mode de propagation » des plus obscures (malgré le développement des réseaux sociaux) limite proche des « loges ésotériques » (avec intronisation & cérémonie)…

    A tel point que les blaireaux du « politiquement correct » se sont vite fait fort de corriger le terme de « MAITRE de Jeu » en « MENEUR de Jeu ». C’est vrai, c’était choquant et « sectaire », et on s’en était même pas rendu compte (on est cons vraiment parfois)…

    Merci « les gars de la tendance » des magazines… de nous remettre sur le bon chemin… qu’est ce qu’on ferait sans vous ?… ben on rirait moins déjà (de ne plus vous lire)

    Alors bien sur, le rôliste vieillit, il « évolue » dirons certain (comme les pokemon). Quoi que sur ce dernier terme, je ne suis pas toujours d’accord, quand je vais en convention, et que j’aperçois des papy de mon age, toujours avec la bedaine, aux cheveux gras et aux T-shirts à motif contestable. Mais ça a le mérite de me rassurer, en me disant, que j’aurai pu rester comme ça moi aussi… heureusement parfois la vie est juste…

    Malgré le ton cynique (et délibérément provocateur), nul haine dans ma diatribe (bien au contraire). J’ai même une tendresse toute « particulière » pour ces rôlistes (jeunes ou vieux, débutants ou routards) que je croise encore (à une table de jeu, ou autours d’un verre, voir les deux). Même si Donj mon « initiateur » *, me sort à présent par les yeux. Comme toutes les grosses licences testées depuis d’ailleurs (Star Wars D6, Cthulhu, Cyberpunk 2020, Stormbringer, et cætera). On essaye cependant de se tenir au jus…

    On essaye parfois ces « nouveaux jeux bizarres » (Fargo, Apocalypse World) qui nous font vite regretter d’être sorti de notre léthargie…

    Entendons-nous bien, ces jeux sont originaux, et je respecte ceux qui les vénèrent, mais ils n’ont plus rien à voir avec du JdR. Non pas à cause de leurs règles farfelues (on n’a vu pire en 30 ans vous pouvez me croire), mais à cause de leur mode d’initiation et leur tendance à exclure certaine catégorie de Joueurs (les timides, les gros bill…)

    Et là on touche au « cœur névralgique » du problème (s’il fallait vraiment parler d’un « danger réel » pour le JdR) : je veux bien entendu parler de cette foutu tendance, qu’ont nos médias rôlistes, à vouloir TROP philosopher sur les concepts…

    Je pourrai simplement paraphraser Madeleine Ouellette-Michalska en vous disant que le JdR c’est comme la mort : « un truc très simple.. du moment qu’on ne fait pas la connerie de vouloir trop philosopher dessus ». Mais je ne suis pas certain, que tout le monde saisisse, où je veuille en venir… Alors je vais développer…

    Non le problème (le seul que je vois « agresser » le JdR) c’est cette tendance de vouloir à tout prix exclure certaines catégories de Joueurs, d’un style de JdR, ou d’un autre. Il est là le véritable danger… véhiculé par tous ces petits nazillons/auteurs qui se croient obligés de vouloir sortir le concept le plus innovant/génial/orignal qui soit…

    Ben en même temps, au niveau du background, on a un peu épuisé tous les thèmes, alors il ne reste que les règles, ou du moins le système de jeu (mode de fonctionnement) pour essayer de se distinguer de la « masse »…

    Personnellement je n’ai jamais compris ce « dérèglement systémique » de nos auteurs, à vouloir, à tout prix, faire le distinguo entre le « JEU » (les règles), et le « RÔLE » (l’univers). Que serait Star Wars D6 sans les points de force ? Et jouer à Cthulhu sans les points de santé mentale, peut-on encore appeler ça du Cthulhu ? Enfin bon… je ne m’attends pas à réveiller les consciences des bobos du JdR. Je me doute que pour eux, ce qui continuera d’être important : c’est d’être « hype » !

    Et peu importe si on en vient à détruire le côté rassembleur et bon enfant du JdR (après tout, ce n’est qu’un Jeu). Mais dire qu’on ne joue qu’à un simple jeu de société… ça fait moins « classe » de suite, hein ? Pas de quoi pouvoir frimer dans un podcast… alors que si on dit que c’est de l’art… tout de suite.. ça a « une autre gueule »… on vous écoute avec respect…

    Pouvoir classifier un JdR comme étant « de simulation » ou « de narration »… tout de suite, ça fait conversation plus séreuse : ça pose le jeu… comme être « de garenne », ça pose un lapin ;)

    Au risque de passer pour un vieux bisounours, le JdR (à MES yeux) n’est pas fait pour exclure qui que ce soit d’une table de jeu. Et tout le monde est censé être le bienvenue. Que ce soit le timide, le bourrin, l’acteur, le traître, le diplomate, l’histrion (boufon) qui fou la merde, le fan des enquêtes policières ou celui des rôles torturés ou excentriques… tout le monde… vraiment…

    Et ce n’est pas que je veuille à tout prix taper sur le principe de la narration partagée, mais en 30 ans je n’ai jamais (je dis bien JAMAIS) eu la chance de rencontrer une table entière remplie de « Mahatma Gandhi », capable de fairplay et d’une morale à la rigueur toute calviniste.

    Non car les « Rôlistes » sont avant tout des « Joueurs », et donc des tricheurs, et de fieffés salopards, de mauvaise foi et bonimenteurs comme jamais, quand il s’agit de baratiner leur pauvre et innocent Maitre de Jeu (euh pardon je voulais dire « Meneur », ça m’a échappé, n’appelez pas la police).

    Mais si c’est votre cas (la table pleine de GandhiS), je vous en supplie, invitez-moi immédiatement à votre table de Jeu… que je vienne avec des caméras, et une équipe de Julien Courbet… ça pourrait faire un beau sujet pour nos médias ;)

    Alors c’est certain, vous n’êtes pas obligés de vous entendre avec tout le monde, ni de jouer au même jeu pendant 30 ans… mais « techniquement »… tout le monde doit avoir sa place autours d’une table de JdR (ou en tout cas, DEVRAIT).

    Même celui qui a le roleplay de la « moule intergalactique ». Vous savez le muet timide, qui ne parle jamais, et hoche uniquement de la tête, pour indiquer qu’il suit le groupe. Et bien, même lui, il a son utilité. Ne serait-ce que pour ce « moment magique », où l’un de ses compagnons se tourne vers lui, en lui demandant : « au fait, c’est pas toi qui a la corde dans ton équipement ? »

    Son visage alors s’illumine d’un magnifique sourire, tel l’éclosion d’un million de tulipes (amis poètes bonsoir !). Il est content, il a servi enfin à quelque chose.. a eu son « quart d’heure de gloire » comme dirait l’autre. Cela vous fait sourire ?

    Et bien moi, ce qui fait franchement rire, ce sont ces « nouveaux prophètes du JdR » qui voudraient nous expliquer ce qui est ringard, et ce qui ne l’est pas, que jeter les dés, arrivés à un certain age, c’est forcément hasbeen…

    C’est pour cela, que le seul danger que je vois, il vient de ceux qui ont oublié que le Jeu de Rôle est avant tout un « Jeu »… comme les jeux de société… et qu’il n’a pas vocation (au départ) à exclure ou servir d’outil de sélection naturelle… d’une « race supérieure de rôlistes ».

    Et que de temps en temps, ils feraient mieux d’arrêter de partir dans leurs délires verbaux (podcast ou autres) et de jouer un peu plus…

    Vous savez ce qu’on dit sur les frites McCain n’est ce pas ? Le JdR ce n’est pas ceux qui vous en parlent le plus, qui le pratiquent vraiment…

    Alors moi aussi, j’adore jouer à « Loup-garou » et « Il était une fois » avec mes potes (en apéro, avec quelques verres, c’est vraiment très sympa) mais j’ai au moins la décence de ne pas appeler ça du JdR. J’aime bien trop ce loisir, pour lui faire cet affront.

    Et malgré tout cela, je continue de penser, que dans 30 ans encore, (peut-être pas moi car je ne serai plus là, mais…) d’autres continueront à jouer ainsi. Comme on l’a toujours fait… avec nos petits dés, nos petits paravents, et le MJ qui vous regarde en travers, un air fourbe dans les yeux : « tu es vraiment certain de vouloir faire ça ? »

    Donc peu importe les nouvelles tendances, les prob de l’édition ou des magazines, les nouveaux médias ou support… et même les idées farfelues (vous verrez les JDR sans joueurs ils vont nous le sortir)… le JdR a toujours existé, et il continuera… n’en déplaise à certain corbeaux annonciateurs des pires prophéties…

    Mais rappelez-vous juste une chose… un JdR qui commence son pitch par « ne conviendra pas à certain type de Joueurs »… ou qui voudrait exclure/pénaliser certaines catégories de Joueurs, on n’est déjà plus dans un Jeu de Rôle, mais autre chose.. de sale… très sale…

    Que le Jeu de Rôle reste la plus belle chose qui soit, le plus beau jeu au monde, qui développe l’imagination, que l’on conseillerait à ses gosses ou ceux des autres. Mais qu’il ne devienne jamais un outil d’exclusion dans les mains de ces nouveaux « bobos du JdR » !

    Le Prince Noir
    « le JdR nous enterra TOUS bande de naïfs, vous verrez ! »

    * ben à l’époque en 83 on avait pas autant de choix que maintenant, c’était ça ou l’œil noir, les autres étaient trop mal rangés (et planqués) dans les rayons, et puis le dessin de Jeff Easley en jetait un max (faut l’avouer), on ne savait pas de quoi ce jeu causait, mais on voulait y jouer, point barre… Mais quand je vois la qualité graphique des bouquins aujourd’hui, j’envierai presque les jeunes qui débutent ;)

    • Salutations Prince Noir !

      Merci pour ton très long commentaire, je crois que tu as dépassé la taille de mon article original. :D

      Je suis globalement d’accord avec toi, et j’ai beaucoup apprécié a rétrospective de ces 30 dernières années de JdR. D’autant que je ne joue pas depuis si longtemps, je n’étais pas né il y a 30 ans.

      C’est vrai que le JdR ne doit pas servir à exclure, c’est vrai aussi que les gorges chaudes des théoriciens rôlistes dont je fais partie à l’occasion peuvent souvent passer pour de la masturbation intellectuelle. D’ailleurs ma série d’article sur l’analyse transactionnelle dont tu parles au début de ton commentaire relève bien de ça. :)
      Effectivement, tout ceci peut être assez inutile voire dangereux lorsque cela sert de prétexte d’exclusion. Pourtant je voudrais t’inviter à changer de point de vue en paraphrasant mon ami Pix, qui disait récemment que c’était justement parce que nous débattions tant et tant sur ce genre de sujets, que nous écrivions des textes à rallonge pour défendre tel ou tel point de vue sur le JdR, que notre culture était vivante. Ces querelles de chapelles (auxquelles tu participe d’ailleurs), sont autant de démonstration de vivacité de la culture rôliste, avec ses divers courants et ses divergences d’opinions. En l’occurrence, les « bobos du JdR » comme tu le dis ne font pas autre chose qu’en discuter, et donc en entretenir la flamme.

      Comme nous à l’instant.

      Ne soyons pas trop durs avec les « bobos du JdR » car comme tous les bobos en général, ils ne cherchent pas à mal et malgré leur naïveté et leur snobisme, ils sont les cousins de la même famille que toi : les rôlistes.

      Puisque comme tu le dis tous les joueurs ont leur place à la table (et je suis tout à fait d’accord avec toi sur ça), veille quand même à ne pas exclure les « bobos du JdR » qui théorisent et dissertent sans fin… et appellent « Meneur » le Maître.

      D’autre part, les rolistes qui clivent leurs tables en choisissant leurs partenaires de jeux font quelque chose de très naturel, qui se pratique toujours et partout. On a pas forcément plaisir à jouer avec tout type de joueurs, même s’ils ne sont pas illégitimes pour autant. Certains aiment jouer à des jeux de société de façon bordélique et conviviale, sans trop s’attarder sur le jeu plus que comme un prétexte. D’autres aux contraire tiennent absolument à respecter un cadre propice à la concentration et au jeu sérieux. Selon les cas, on préférera Jungle Speed ou Catane par exemple ; selon nos compagnons de jeu, et même en appréciant les deux jeux.

      Ça te parait peut-être contestable, mais le choix d’un JdR répond aux même principes que le choix de n’importe quel jeu de société. Si je veux faire une partie de JdR rapide et drôle, je choisirais sans doute D&D. Si je veux un truc plus complexe et avec une ambiance plus travaillée, nul doute que je choisirai Cthulhu.
      Dire que tel jeu ne conviendra pas à tel type de joueurs, c’est en gros la même chose. Si je sais qu’untel risque de s’ennuyer pendant la partie, autant le savoir à l’avance et -plutôt que de l’exclure- corriger le tir en adaptant ma future partie.

      Mais ça, c’est un autre débat…

      • 1°) « Si je sais qu’untel risque de s’ennuyer pendant la partie, autant le savoir à l’avance et -plutôt que de l’exclure- corriger le tir en adaptant ma future partie. »

        Tu as parfaitement résumé la chose. tu confirmes ce que j’ai toujours pensé, à savoir que l’on a pas besoin d’être « vieux » pour comprendre ses joueurs et bien maitriser sa partie. Et que cela ne se résume pas à un débat entres jeunes & vieux rôlistes… nouvelles & vieilles traditions…

        2°) « Ces querelles de chapelles (auxquelles tu participe d’ailleurs), sont autant de démonstration de vivacité de la culture rôliste, avec ses divers courants et ses divergences d’opinions. »

        1 point d’expérience supplémentaire : tu as raison, il ne faudrait pas rentrer dans le jeu de la haine et de la xénophobie en « tapant sur les bobos » à outrance, et voulant à leur tour les exclure. Probablement que la liberté dont nous jouissons à pouvoir en parler (théoriser) librement en est sa « substantifique moelle » (sa survie) au JdR…

        Mais je voulais simplement signifier ce qui (à mes yeux bien sur) représente un danger (voir une dérive) capable potentiellement de tuer (dégoûter ?) une grande partie de Joueurs sur le long terme.

        J’aurai peut-être du le dire de manière un peu plus vulgaire et direct (court) : « jouez comme vous voulez, mais arrêtez de vous la raconter » comme je l’ai lu dans un interview d’un auteur de jeu, dans un Casus.

        Je suppose qu’on est tous (un jour ou l’autre) le « bobo » (barbare) de quelqu’un ;)

  8. Grimm dit :

    Billet très intéressant. C’est vrai que le business du jeu de rôle n’est guère florissant comparé à l’époque où je jouais beaucoup. C’est en fait assez difficile de se faire une idée du nombre de jeunes (ou moins jeunes) qui jouent régulièrement. A mon avis, le jeu de rôle sur table a aussi beaucoup souffert de la concurrence des jeux vidéos qui, même si certains se désignent sous le même nom, n’ont rien en commun, à part le temps qu’on y consacre…

    • Merci de ton passage par ici.

      Je ne sais pas si le Jeu Vidéo à tant nuit que ça au JdR. Surement un peu, et en même temps je trouve que les deux ne procurent pas du tout le même genre d’intérêt.

      • Greg dit :

        Bonjour,

        Je voulais juste revenir sur les derniers commentaires concernant le jeux vidéo nuisant au JdR.

        Je pense que c’est extrêmement le cas, et je vais l’illustrer par un exemple relativement récent:

        Il y a quelques années, une boite développant des jeux vidéos, CCP, afin de développer de meilleurs scénarios, a racheté une des plus grosses boites de Jeux de Rôles, à savoir White-Wolf. Depuis lors, l’énergie de WW s’est fortement concentrée sur le développement de sa franchise phare (le monde des ténèbres, mais bon en tant que roliste, je pense que vous connaissez) en MMORPG. Depuis le rachat, la sortie des suppléments se fait plus rares, et la majeure partie des livres se font maintenant sur impression à la demande et PDF.

        Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Dans le cas des franchises Guild Wars, ils ont aussi embauché des scénaristes de Jeux de Rôles pour leurs histoires. Ces personnes ne font maintenant plus que ça, et ne travaillent plus sur un jeu de rôles traditionnel. Alors même si les éditeurs de MMO essaient de se rapprocher d’une « qualité » jeux de rôles, je te rejoins Epondyle sur ton dernier commentaire: cela ne procure ni le même intérêt ni le même plaisir. Les rôlistes sont les têtes de turc des autres joueurs dans un MMO (me suis fait insulter plusieurs fois pour avoir fait du RP dans les chans de discussion, et je ne suis pas le seul dans ce cas), on est limité par les règles et le canevas du monde imposé par les développeurs, et on ne peut donc laisser libre court à son imagination. De plus, lorsqu’un jeu va mal et qu’on commence à fusionner les serveurs, les rôlistes sont les premiers sacrifiés.

        Et pour conclure, je voulais juste rajouter un petit mot au commentaire de Ploum: Moi aussi, il ne me viendrait pas à l’idée de me faire payer par flattr ou autre des parties que je maitrise. Je le fais par plaisir, le fait de retrouver les copains autour d’une table et de s’amuser ensemble. (D’ailleurs, si jamais tu es curieux sur le sujet, je t’inviterai à jouer une partie un de ces 4 (et je suis sûr que ça va te plaire) ). Par contre, si je dois publier des scénarios ou un jeu que j’ai écrit, oui, là, je laisserai une contribution libre ;) Surtout qu’il existe des systèmes de règles Open Source, réutilisables à souhait et facilement adaptables.

        • Salut Greg, merci de ta contribution à la discussion (et du Flattr :)).

          Méfions nous quand même des boucs-émissaires. Jeux vidéo et de rôles ne sont pas si concurrents que ça, en termes d’inspiration ils se nourrissent l’un l’autre. Et en termes d’industrie, le JdR n’en est pas une car est fondé avant tout sur la passion, ce qui n’est plus le cas du JV.
          Le principal point d’achoppement, c’est que le JV propose du jeu clé-en-main et solitaire (même le multijoueur peut se jouer seul chez soi), alors que le JdR demande de l’investissement en temps, et de se retrouver à plusieurs pour de longues heures de jeu. C’est pour ça que le collégien d’aujourd’hui -qui ne peut pas échapper au JV- doit vraiment faire des efforts pour se mettre au JdR.

          Nous autres, les vieux, nous devons initier comme jamais. Mais je ne pense pas que nous attaquer aux industriels de l’entertainment vidéoludique soit une bonne idée, car le véritable ennemi est intérieur à nos cercles. C’est le snobisme. :)

          Merci de ton commentaire, bienvenue par ici !

          • Greg dit :

            Hello,

            Merci pour l’accueil. En fait, je ne voulais pas réellement m’attaquer à l’industrie du JV, mais juste montrer qu’elle a aussi fait du mal au JdR traditionnel par leur façon de phagocyter les entreprises du JdR. Car, je joue beaucoup aussi à des MMOS (même si au début, j’ai commencé uniquement car je pensais que je pourrais faire du RP avec des gens, mes copains rolistes habitant loin suite à un déménagement). En fait, je pense qu’il faille trouver un équilibre entre les deux. Par exemple que les grosses licences MMO, ayant un équivalent jeu sur table, puissent attirer de nouveaux joueurs vers ce dernier (comme Conan, Star Wars, le SdaO, et peut être plus tard World of Darkness Online).

            Sinon, je suis d’accord pour nous, vieux vétérans rolistes pour initier de nouvelles personnes. Je le fais assez souvent. Et j’aime bien jouer avec des débutants. Ils ont souvent des réactions un peu plus imprévisibles qu’un joueur confirmé, et ça met un peu de piment dans les parties :)

            • Alexander dit :

              Je voudrais répondre à propos du commentaire sur le Jeux vidéo. Une fois n’est pas coutume je suis d’accord avec l’hôte de ces lieux et pour être tout à fait franc je dois dire en préalable que travaillant pour une grande entreprise de jeu vidéo, je suis peut être un peu partial (que voulez vous on ne mord pas la main qui vous nourrit…). Mais que ce n’est pas du tout en service commandé ni en tant que tel que je m’exprime ici. Par ailleurs, je suis moi-même roliste, ayant été initié par le maître des lieux, il y a déjà trop longtemps.

              Je pense que regretter que les scénaristes du JdR soient recrutés par les grandes firmes du Jeux vidéo n’est pas faire honneur au JdR. Ce recrutement n’est il pas justement la reconnaissance par une industrie aujourd’hui populaire et « riche » (dans la culture « geek ») qu’elle ne sait pas faire mieux que des passionnées? Plutôt que de regretter la perte de quelques scénaristes, de manière malthusienne, ne peut on pas penser que ce recrutement de scénariste finira par profiter au JdR en poussant d’autres aspirant scénaristes, effrayés peut être d’y voir un point final à leur carrière se dire qu’ils peuvent se recycler ailleurs ?

              Enfin, quant au joueur de MMO qui insultent les joueurs Roliste qui se revendiquent comme tels sur les serveurs je pense que cela tient au fait que les joueurs auxquels tu as été confronté Greg n’auraient de toute façon pas été attirés par le JdR. Ne demande pas à des joueurs d’adopter tes codes de jeu sur un support autre que le tient, sur un support différent. Enfin, quant au fait que lorsque le jeu périclites les rôlistes sont les plus touchés par les fusions de serveur, je pense que tu en fais de trop, les serveurs qui sont fusionnés sont les moins peuplés ou les moins rentables… Ce sont ces critères et non le fait que les joueurs soient rolistes ou non.