
Une des affiches du film
[On a essayé de m’écarteler.]
A part si vous avez passé les trois derniers mois dans un coin reculé et déshérité de notre pauvre planète vous ne pouvez pas ne pas savoir que le dernier Burton est sorti. En conséquence de l’admiration pour l’Å“uvre du maître que manifeste l’équipe de Cosmo Orbüs dans son ensemble, il fallait que nous critiquions dans ces colonnes le dernier né de l’esprit un brin dérangé de Tim Burton : Dark Shadows. Si Saint Epondyle et moi-même apprécions en général l’Å“uvre de Burton, mon hôte en ces colonnes avait quelques préventions à l’égard de celui-ci, aussi c’est à moi que revient le devoir et le privilège de vous présenter ce film. Les préventions de mon acolyte étaient à mon sens un brin expéditives et je me faisais fort de lui prouver qu’il avait tort. Force est d’avouer que s’il n’avait pas raison, il n’avait pas totalement tort dans son mouvement de recul. Mais trêve de préambule et place à la critique.
Dark Shadows prend place dans les années 70, précisément en 1972, la guerre du Vietnam fait rage et les américains sont les leaders incontestés de ce qu’il est coutume d’appeler alors « le Monde Libre ». L’intrigue déroule ses fils sur la côte des Etats-Unis à Collinsport, port dont la prospérité est fondée sur la pêcherie fondée par la famille Collins lors des grandes migrations, famille qui a si bien prit racine qu’elle réside encore dans son vieux manoir de Collinwood sur les hauteurs de la ville. Il faut pour comprendre la fiction remonter lors de ses grandes migrations. Les barrières sociales sont alors fortes et Barnabas Collins, l’héritier de la famille fricote avec Angélique la fille de la domestique qui n’a pour avenir que celui de sa mère. Alors qu’Angélique demande que Barnabas lui promette un amour durable, celui-ci refuse sous prétexte que cela serait mentir. Il est alors épris d’une autre jeune fille, de bonne famille, Josette. Ce qu’ignorait notre jeune garçon c’est que sa servante dont il avait usé les charmes était une sorcière qui lui fera payer durement son absence de penchant pour elle. Elle fait se suicider Josette, transforme Barnabas en vampire et le fait enfermer dans un cercueil par les villageois pour « l’éternité ». Pendant ce temps, Angélique poursuit de sa vindicte la famille Collins, et réduit peu à peu leur prospérité à peau de chagrin. Mais l’éternité, chacun le sait, a tendance à ne pas être ce qu’elle promet. Ainsi, Barnabas se trouve libéré au bout de 196 ans et tombe alors en 1972 où les choses ont bien évidement beaucoup changé. Il décide alors de restaurer la grandeur de sa famille marquée par la ruine ce qu’évidement Angélique n’est pas disposée à accepter.

Johnny Depp est Barnabas Collins le vampire
La première chose qui frappe quand on regarde le film ce sont bien évidement les personnages. Les problèmes commencent dès lors à se poser. Je sais que le film est une adaptation d’une très ancienne et mauvaise série et que notre réalisateur a probablement voulu la respecter au plus près mais alors qu’il fasse en sorte que tous ses personnages soient utiles. On commence avec une famille élargie et qui s’élargit encore avec l’arrivée d’une nurse assez étrange et de Barnabas le vampire. A Mme Elizabeth Collins la maîtresse de maison et à son frère s’ajoutent leurs enfants respectifs Carolyn et David, le Dr Hoffman, thérapeute de David et les deux domestiques. On peut sans ambages dire que la moitié de ses personnages ne servent à rien ou presque. Les domestiques s’ils ne servent pas à grand chose sont plutôt dans la norme, c’est l’habitude de voir des domestiques à la périphérie de la caméra apportant ici ou là un peu de fantaisie  sans être importants. Mais le frère d’Elizabeth Collins, Mr Collins, est d’une rare inutilité, à tel point que je me demande vraiment pourquoi on a pris la peine de le faire apparaître. Le Dr Hoffman a également un rôle assez mineur, et si elle est jouée par l’excellente Helena Bonham-Carter qui justifie par sa performance la présence du personnage on est en droit de se demander ce que serait le rôle sans cette actrice pour réellement le faire exister. Les deux enfants sont égaux à ce que doivent être des enfants dans ce genre de film, des merdeux en rébellions, Carolyn, ou des enfants torturés, David. Mis à part cela leur présence n’est justifiée que par le fait qu’habituellement dans une maison, il y a des enfants. La nouvelle nurse de la maison aurait dû jouer un rôle plus important, on se dit toujours qu’un personnage un peu louche qui arrive au début du film doit forcément jouer un rôle important. Que nenni, elle sert de potiche dont tombe amoureux Barnabas et qui devrait se sacrifier sur l’hôtel de l’amour. Sur toute la durée du film, c’est un peu léger. Reste alors Michèle Pfeiffer dans le rôle d’Elizabeth, qui nous campe avec talent une mère honorable et forte dans les débris de la prospérité de sa famille. Si je ne doute jamais vraiment de ses performances, elle apporte réellement quelque chose au film qui serait, j’en suis certain, moins relevé sans elle. De même Eva Green demeure impeccable et troublante dans le rôle d’Angélique la sorcière dont  l’amour a été bafoué. Son personnage ainsi que le talent de l’actrice sont pour beaucoup dans les attraits du film, il est clair qu’elle est l’une des vraies qualités du film. Pour conclure, notre revue nous avons évidement Barnabas Collins lui-même dont le rôle est tenu par l’acteur fétiche de Burton, Johny Depp. S’il fait son job, on a une impression de déjà vu, ses mimiques usées jusqu’à la corde font encore mouche mais elles arrivent à expiration il est temps je pense que le tandem Burton/Depp se trouve une autre mélodie à jouer. Ainsi, on l’a vu les personnages du film sont assez inégaux et si de manière générale les acteurs sont bons, en particulier les femmes, le rôle titre de Johny Depp malgré les qualités de l’acteur que je ne remets pas en cause et un personnage qui aurait pu donner quelque chose d’intéressant nous laissent un peu sur notre faim, avec une impression de déjà vu.

Eva Green en sorcière
Au niveau du film en lui-même on nous a épargné les trop nombreuses blagues sur le décalage temporel de Barnabas. Si elles ne pouvaient être que présentes, elles sont distillées çà et là et l’effet de trop plein que l’on rencontre souvent avec les films de ce genre est absent. Les décors sont beaux, la nature de la côte américaine ainsi que le manoir complètement gothique des Collins nous offre de très belle image à contempler sans modération. Au niveau de la bande son, rien de très remarquable, le travail est fait très efficacement par l’excellent Danny Elfman mais si elle accompagne efficacement les différents plans du film, pas un thème ne ressort franchement comme dans d’autres B.O. de sa facture. Enfin, dans une comédie (ou pseudo comédie) ce qui est important c’est l’humour. Par ce prisme là le film atteint son but, en effet, on rit. On rit même d’assez nombreuses fois et de bon cÅ“ur mais malheureusement ce n’est pas suffisant pour contrebalancer les autres défauts du film et pour pouvoir affirmer que ce Burton est au même niveau que ses illustres prédécesseurs.
En un mot comme en mille je pense que notre cher Tim Burton se fourvoie dans le chemin qu’il a pris. Après que le controversé Alice au Pays des Merveilles, il revient encore une fois sur quelque chose qui l’a marqué dans enfance. Si j’ai apprécié les deux films aucun des deux n’est digne d’un Les Noces Funèbres ou Sweeney Todd. En l’espèce je pense que M. Burton a voulu trop respecter la série originale et que cela s’est assez mal adapté au cinéma. Pour conclure : Dark Shadows est un film devant lequel on passe un bon moment mais sans plus, téléchargez-le, regardez-le un dimanche pluvieux de désÅ“uvrement, puis oubliez-le. Vous ne perdrez pas ainsi votre temps. Je suis probablement plus dur avec ce film qu’il  ne le mérite mais quand on va voir un Burton on s’attend à autre chose. C’est tout le tragique des plus grands.
-Apôtre Nicaise-













En effet, bien déçu également par ce dernier Burton…
Je te trouve même pas assez dur avec le film…^^ Il est clairement mauvais, il n’y a presque rien à sauver hormis Eva Green et Pfeiffer… Je ne sais même pas si le film mérite que j’en fasse une critique de mon côté… Mais je le ferais surement!^^
Je n’ai pas vu le film. Mais comme tu le dis après que je t’ai donné mon impression, il ne me tente pas du tout. J’ai l’impression que Burton s’essouffle un peu avec le temps, s’assagit en voulant faire de l’humour enfantin (voir Alice au Pays des Merveilles) et du (très) grand public. Sans compter les cabotinages incessants de Johnny Depp qui est vraiment capable du meilleur et du pire.
Moi je préférais Sleepy Hollow et Mars Attacks!
Je ne peux pas détruire complètement un Burton. Je ne suis pas sur qu’il s’essouffle, ou qu’il veule faire trop grand public, je pense qu’il retourne juste a ce qu’il a toujours voulu faire dans son enfance maintenant qu’il peut le faire et que cela tourne aigre. Comme quoi il ne vaut mieux pas toujours réaliser ses rêves. Sinon il est clair que le film est porté par le trio d’acteurs à l’affiche.