[Film] Le Château dans le Ciel

Mis en orbite le 8 décembre 2011 par Saint Epondyle dans ~ Films, Animation & Séries
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L'affiche française du film.

[Pour vivre on a pas besoin de semer la mort [...],
mais personne ne peut vivre loin de la terre.]

Bien qu’il soit plus vieux que moi de trois ans (il a été réalisé en 1986) Le château dans le ciel (天空の城ラピュタ) est un film que je n’ai découvert que lors de sa sortie française en 2003. A l’époque totalement étranger à l’oeuvre d’Hayao Miyazaki son réalisateur, ce film fut pour moi une grande découverte. D’autre part, il demeure à ce jour le seul film du célèbre mangaka que j’ai vu au cinéma. En plus de sa qualité de chef-d’oeuvre de poésie et de profondeur, c’est pour ces deux raisons que j’entretiens pour lui une affection toute particulière.

L’histoire se déroule dans un univers inspiré de notre dix-neuvième siècle associé à des éléments purement steampunk. Moi qui aime les avions à vapeur et les îles volantes, je suis bien servi puisque le film se déroule au moins pour moitié dans les nuages. Le pitch est le suivant :

Alors qu’elle voyage -captive de l’armée- à bord d’un navire volant, la jeune Sheeta est la cible d’une attaque de pirates. L’assaut tourne mal et lorsqu’elle essaie de s’échapper, la jeune fille est précipitée dans le vide. Mais avant de toucher le sol, elle est secourue par les pouvoirs magiques d’une ancienne pierre de sa famille et échappe à la mort de justesse.

Dès lors, elle est recueillie par le jeune mineur Pazu qui fera tout pour la sauver des griffes de ses poursuivants. Ensemble, ils ne tardent pas à partir à la découverte d’une citée volante de légende nommée Laputa afin d’y trouver des réponses quand au passé de la jeune fille. Dans leur périple, ils devront s’associer à une famille de pirates de l’air moins affreux que d’apparence afin de contrecarrer les plans de l’armée, menée par un étrange individu aux lunettes noires.

La trame générale du film est assez différente de celle de Princesse Mononoké, et pour tout dire franchement plus manichéenne. Contrairement à dans cet autre film, les gentils et les méchants sont ici clairement identifiés. Cette petite facilité scénaristique place clairement Le château dans le ciel dans la catégories des films de jeunesse. Pour autant, il ne tombe jamais dans la niaiserie et prend une dimension épique dans sa deuxième partie. Comme souvent chez Miyazaki, l’histoire des héros, de leurs aventures et de leurs relations amorce le film, mais est transcendée lors d’un final épique, idéal pour la transmission d’un message de paix à dimension universelle. Et ce, sans jamais faire de moralisation.

La scène de la vigie, un moment de poésie rare au cinéma.

Le découpage et l’écriture du film sont comme toujours irréprochables et évitent la moindre longueur. Néanmoins, le réalisateur s’autorise quelques passages plus lents et propices à la réflexion et au recueillement. C’est notamment le cas de la scène de la vigie, dans laquelle les deux héros échangent sur leurs doutes entre voûte étoilée et canopée nuageuse. Cette scène reste pour moi un des souvenirs les plus poétiques jamais vécus dans un film d’animation.

Esthétiquement, Le château dans le ciel a un petit peu vieilli et n’est pas au même niveau de qualité graphique que les dernières productions du Studio Ghibli. Pourtant, la finesse des décors et le dynamisme de l’ensemble rattrape la trop grande simplicité des personnages et de leurs expressions. La pureté et la fluidité du trait et de l’animation donnent tout de même une patte particulière à cette oeuvre et laisse les mains libres au réalisateur pour placer sa narration et transmettre son message.

En outre, je ne peux pas parler de ce film sans en évoquer la bande originale symphonique, écrite par le prodigieux Joe Hasaishi. Le compositeur -qui semble aussi attaché à Miyazaki que Danny Elfman à Tim Burton- signe ici une musique symphonique forte, aussi idéale pour illustrer les moments de calme que les scènes mouvementées. Aussi importante que l’image, la musique fait partie intégrante de chaque oeuvre estampillée Ghibli. Pourtant, le thème du film en question n’est pas aussi marquant que celui des réalisations plus récentes. Ceci s’explique à mon sens simplement par le fait que Le château dans le ciel soit un des premièrs films d’animation de ses auteurs, à l’image comme à la musique.

Il est de ces oeuvres qu’on aime et qu’on aimera toujours inconditionnellement. Malgré les quelques défauts inhérents au fait qu’il s’agit du troisième long métrage de son auteur seulement (après Nausicaä de la vallée du vent et Le château de Cagliostro), Le château dans le ciel est un chef d’oeuvre devenu classique aujourd’hui. Il contribue à placer les bases de l’ensemble des autres réalisations de ses auteurs, et mérite à ce titre une considération toute particulière. Bien qu’à mon sens moins abouti -car plus simpliste- que Princesse Mononoké ou que Le château ambulant, ce film aura toujours dans mon panthéon personnel une place d’honneur.

-Saint Epondyle-

  1. Luthien dit :

    Ah j'ai adoré ce film la première fois que je l'ai vu. Pour avoir visionné d'autres Miyazaki, celui-ci reste un de mes préférés !

  2. Alias dit :

    Ça doit aussi être un des tous premiers Miyazaki que j'ai vu (Warriors of the Wind ne compte pas) et je l'aime aussi beaucoup. Mention spéciale à la poursuite sur les rails entre les pirates et les gamins.