Cosmo [†] Orbüs

[MJ] 9 conseils pour gérer le son en JdR

[Play_sound : victory.mp3]

Le JdR est avant tout basé sur la narration et la description. La musique et les bruitages sont donc totalement facultatifs pendant une partie. Pourtant, si on sait les utiliser, ces deux ficelles peuvent devenir extrêmement intéressantes pour le Meujeu soucieux de son ambiance. Voici donc mes 10 conseils pour gérer le son pendant vos parties de JdR.

  1. Soyez sûr de votre matériel. La première chose est de savoir comment vous pourrez diffuser votre musique pendant la partie. L’idéal est d’avoir un ordinateur disposant d’enceintes de bonne qualité à disposition, et donc de bénéficier des avantages du numérique pour le traitement de grandes quantités de musique. Dans bien des cas, il sera plus facile d’avoir une chaine classique et quelques CD gravés avec vos playlists de musique et de bruitage.
  2. Préparez votre playlist. Ça peut paraitre basique, et pourtant rien n’est plus important que la préparation en amont de votre musique et de vos bruitages. Selon le matériel disponible dans votre local, vous pourrez prévoir une playlist sur ordinateur ou sur CD/cassette.
    Gardez l’esprit en éveil en regardant des films, en jouant à des jeux vidéo, ou simplement dans votre vie quotidienne afin de sélectionner les titres qui correspondront le plus à votre partie et votre ambiance. Ne vous restreignez pas dans vos choix et essayez d’être éclectique. Une bonne playlist devra être assez courte, c’est-à-dire comprendre moins de 20 morceaux différents aux ambiances variées, et s’accompagner d’environ 10-15 bruitages récurrents.
  3. Connaissez bien votre playlist. Vous allez devoir changer de morceau en plein milieu de votre partie, plusieurs fois, tout en assumant tout le reste de votre rôle de Meujeu. Pour gagner du temps, connaissez votre playlist par cœur. Au besoin, annotez chaque morceau en indiquant son ambiance ou son utilité (bourrin, tension, calme…) De cette manière vous éviterez de vous plonger dans vos notes en délaissant vos joueurs ou -pire- de vous tromper de morceau au moment décisif.
    La musique est un plus, et doit apporter une bonne part d’ambiance à votre partie. Attention donc à ne pas confondre les priorités et perdre du temps pendant la partie sur le choix de votre prochain morceau. Vous êtes MJ, pas DJ.
  4. Hiérarchisez votre playlist. De la même manière qu’un réalisateur de film, vous devez hiérarchiser la musique de votre partie afin d’appuyer sur certains passages. Par exemple, j’attache un soin particulier à l’introduction, et donc à la musique qui accompagne l’entrée des joueurs dans ma partie. Le générique du début est donc un élément très important qui donne le ton de votre entrée en matière. Symétriquement, la fin de votre séance de jeu peut s’accompagner d’un générique de fin qui permettra une conclusion bien faite, plutôt qu’une fin en queue de poisson. De mon côté, j’utilise souvent la même musique en générique de début et de fin, afin de créer un rappel sonore. C’est le but d’un générique.
    Pour le corps de la partie, choisissez un ou deux morceaux adaptés à chaque type d’ambiance. De cette manière, vous pourrez jongler entre les scènes sans faire de répétition trop visible.
  5. Sachez trouver la musique adaptée. Que vous soyez fan de Mylène Farmer ou de Claude François, c’est votre droit. Mais gardez toujours à l’esprit que la musique doit servir votre partie et pas forcément vos goûts personnels. En vous limitant à votre répertoire habituel, vous risquez de vous retrouver dans une situation anachronique et inadaptée à l’ambiance que vous souhaitez mettre dans votre partie. De manière générale, les jeux vidéo et les films correspondant à votre style de jeu seront autant de mines d’or dans lesquelles piocher votre sélection musicale.
  6. Evitez les thèmes trop connus. La musique la plus facile à trouver est souvent la plus connue. Toutefois, les thèmes célèbres peuvent pourrir votre partie avec certitude. Je pense en particulier aux musiques les plus rebattues des grands films et jeux qui nous ont accompagnés pendant des heures et des heures (Seigneur des Anneaux, Star Wars, Final Fantasy…) Le fait de réutiliser ces musiques placera immédiatement votre partie dans le registre de la copie, de l’inspiration, voire de la parodie. Cela ne mettra pas en valeur votre imagination ni l’originalité de votre partie. De plus, ce genre de morceaux aura pour effet de démobiliser vos joueurs qui essaieront de se rappeler leur origine, ou les scènes cultes des films ou jeux dont ils proviennent.
  7. Sachez vous limiter dans l’utilisation des bruitages. Vous ne pouvez pas prévoir toutes les scènes que vivront vos joueurs, et encore moins la moindre de leurs actions. N’essayez donc surtout pas de bruiter le moindre coup de feu ou le moindre grincement de porte. Vous y perdriez un temps fou. Utilisez plutôt des fonds sonores généraux, comme un brouhaha d’une rue commerçante, le son de la pluie, le tonnerre lointain… Ces bruitages discrets vous permettront de placer une ambiance et un référentiel narratif concret dans l’esprit de vos joueurs avant même de commencer à parler.
    A moins que cela ne s’y prête bien, ne superposez pas vos bruitages à la musique, au risque de tout confondre. Utilisez plutôt une transition en fondu pour éviter la cassure entre les pistes. Encore une fois, un ordinateur sera bien utile pour appliquer ce genre d’astuce.
  8. Ne séquencez pas à outrance. Un risque de la musique d’ambiance est de séquencer votre partie comme dans un jeu vidéo. Si vous manquez de finesse dans votre utilisation du son, vous risquez d’orienter vos joueurs sur le type de jeu attendu.
    A la manière d’un jeu vidéo dont la musique passe subitement de « calme » à « baston », vous séquencerez votre partie autour de scènes ou de comportements attendus trop évidents. Gardez à l’esprit que votre musique doit accompagner les actions des joueurs et pas les orienter.
  9. Soyez cohérents mais imprévisible dans vos choix. Une musique bien choisie et cohérente avec la partie, son époque, et son ambiance permettra de rendre la scène réellement cinématographique. Documentez-vous un minimum sur la musique de l’époque dans laquelle vous jouez afin de ne pas faire (trop) d’anachronisme, et essayez au maximum de surprendre vos joueurs par des choix difficiles à prévoir. De cette manière, ils seront sensibles à votre ambiance et s’y immergeront sans se disperser.

Malgré son aspect facultatif, la musique en JdR est un outil auquel on devient vite accro. Les bruitages sont à mon sens un peu moins indispensables, mais l’association des deux donne, quand elle est réussie, une vraie plus-value à la partie. Ces conseils ne sont pas exhaustifs, et chaque Meujeu peut évidemment avoir ses propres astuces concernant la musique et les bruitages. Personnellement, c’est comme ça que je fais lorsque je soigne vraiment ma partie. Et vous, vous faites comment ?

6 commentairesVous en pensez quelque-chose ?

  • Pour les gens près à investir un peu, il est possible d'acheter un cable de branchement de son lecteur MP3 à sa chaîne HI-FI (sur le branchement auxiliaire). Ca prend moins de place que l'ordi et la plupart gèrent les plays lists ;)

    Sinon très bon conseil, je me dis à chaque fois que je vais faire une playlist et arrivé à la soirée… j'ai oublié.

  • Encore un article clair, concis et pratique! Merci pour ces conseils!

    Je dirais également que la musique est un élément presque indispensable à une bonne partie de JDR, tous styles confondus. Il me paraît également indispensable d'avoir établi à l'avance plusieurs playlists. Pour ma part, j'ai des playlists par ambiance : "Angoisse", "Attente", "Action", "Taverne", etc… couplée à un baladeur mp3 (ipod) qui me permet de changer très rapidement de piste et sans quitter mon poste. La fonctionnalité tactile pour le volume permet également de faire des fondus "à la volée", ce qui est pratique quand on veut insérer un blanc.

    Ca évite de trop se répéter, et ça permet de sonoriser n'importe quelle ambiance sans se prendre la tête (et perdre du temps!) à devoir choisir la bonne piste alors qu'on est en pleine "maitrise" de partie.

    Faire des playlists en fonction de l'ambiance permet aussi d'éviter des mauvaises surprises, comme par exemple de tomber sur une putain de chanson romantique perdue au beau milieu de la BO de Dracula ou de la Neuvième Porte alors que les PJs sont en train d'explorer leur souterrain glauquissime!

    Après, si vous décidez d'utiliser un ordinateur portable pour sonoriser les parties, faites attention aux "perturbations" que peut causer l'engin : sonores (bruit de ventilateur pouvant être très agaçant) et lumineuses (dans une pièce peu éclairée, l'écran va donner une lueur blanchâtre très froide, qui peut détonner beaucoup avec l'ambiance voulue…)…

  • Il faut également être certain du bon fonctionnement de l'écran de son ordinateur, sans ça il est très difficile de lancer son logiciel de musique. De plus je conseille à tous si vous utilisez un ordinateur de faire une copie de votre playlist :clé usb, Windowslive skydrive (jusqu'à 25gigas de stockage gratuit, etc..)
    Enfin, être vraiment sur que son ordinateur n'a pas de problème d'écran ! Même si c'est un Toshiba !

  • Merci de vos commentaires positifs et de vos compléments de conseils. Effectivement l'utilisation d'un MP3 ou d'un espace de stockage en ligne permet d'éviter les déconvenues. Le problème du stockage en ligne, c'est qu'il faut être certain d'avoir une connexion internet à disposition lors de la partie. Généralement dans les clubs, ce n'est pas le cas.

    @Yakuru : Dans le genre perturbation sonore, je me souviens que Madame Avast s'est amusée à me hurler que "la base virale VPS a été mise à jour" lors de plusieurs parties. Le genre de chose qui tue l'ambiance instantanément.

    @Crevette : Merci de nous rappeler qu'un ordinateur avec écran c'est mieux. Mais je crois que tout le monde l'avait déja en tête. Espèce de Troll.

  • Ah, nostalgie, quand tu me tiens ! Merci pour cet article synthétique et pragmatique, une bonne trousse de départ pour les MJ.

    Juste une petite nuance 100% perso sur l’éclectisme que tu encourages dans le choix des morceaux.
    Même s’il est excellent d’avoir une sonothèque très variée, j’observe qu’il n’en va pas de même lorsque cette forte variété concerne les morceaux qu’on diffuse pendant une partie.

    On obtient un résultat plus harmonieux lorsqu’on sonorise une partie avec des morceaux qui se ressemblent/contrastent de manière cohérente.

    Lorsqu’on passe indifféremment tout types de musique dans une même partie, l’effet est souvent moins esthétique et l’impact sur les émotions des joueurs réduit.

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