[Film] Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 2

Mis en orbite le 15 juillet 2011 par Saint Epondyle dans ~ Films, Animation & Séries
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 [It All Ends Here]

Tout se termine ici.

Depuis la sortie du premier tome en 1997 et du premier film en 2001, le phénomène Harry Potter nous a accompagné, égrenant les parutions et les sorties avec la régularité du temps qui passe. Or, même les meilleures choses ont une fin et l’increvable saga a fini elle aussi par s’achever.

Ne laissons toutefois pas la nostalgie du temps où nous étions jeunes nous envahir. Ne commettons pas l’erreur de confondre la fin d’une époque avec le dernier film en lui-même ; et sans attendre une seconde de plus, parlons maintenant d’Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2.

Le film sorti cette semaine est la deuxième partie du roman de JK Rowling qui a été coupé en deux à des fins commerciales diront certains, narratives diront d’autres. Quoi qu’il en soit, ce dernier volet se veut la conclusion épique et dramatique de l’ensemble de la saga, l’apothéose inénarrable clôturant à la fois l’histoire, notre relation aux personnages et le monde qui a vu naître l’ensemble. Attention, spoiler.

L’histoire reprend directement la suite de la Partie 1. Sans rappel des épisodes précédents ni préambule, nous retrouvons Harry, Ron et Hermione, notre trio fétiche, qui s’apprêtent à aller forcer un coffre de la banque des sorciers afin de récupérer un des artéfacts maudits de Voldemort. L’affaire est bâclée quelques minutes et un dragon plus tard, avant de propulser nos amis vers le véritable but de tout le film : la bataille de Poudlard. Même si l’action occupe plus des deux tiers du film, l’histoire n’est pas complètement absente. En effet, les éclairages définitifs sur le passé de Rogue, sur Dumbledore et sur les parents d’Harry permettent de donner de véritables clés de compréhension et pas seulement de tout faire sauter à coup d’effets spéciaux hors-de prix. C’est donc un très bon point à ce niveau, même si plusieurs incohérences et quelques rebondissements sont parfois contestables, c’est plutôt au roman qu’il faut les reprocher.

Les deux personnages principaux du film sont Harry Potter et Lord Voldemort, qui se cherchent et s’affrontent. Tous les autres personnages emblématiques sont présents également mais largement relégués au second plan et à part quelques scènes très bien faîtes, on pourrait presque faire sans eux. Comme d’habitude les acteurs sont assez bons, même si les scènes d’action ne sont pas franchement les plus complexes en termes d’interprétation. Un gros regret pour moi : le rôle très effacé d’Helena Bonham-Carter, qu’on ne voit quasiment pas pendant tout le film. La seule scène du début ou elle interprète Hermione transformée en Bellatrix Lestrange m’a tout à fait bluffé, et me conforte dans l’idée qu’elle est une actrice monumentale. On notera quand même les prestations d’Alan Rickman en Severus Rogue et de Maggie Smith en Minerva MacGonagall qui nous proposent un duel court mais intense.

Durant les flash-backs et l’épilogue de fin, un procédé de rajeunissement et de vieillissement numérique à été utilisé. C’est ainsi qu’on voit Alan Rickman interpréter Rogue avec quelques années de moins, et surtout qu’on termine le film sur un épilogue « 19 years later » hallucinant. Même si l’existence même de cet épilogue est contestable avec son happy-ending ridicule et consensuel, mais attendu, le fait de revoir les acteurs principaux à l’aube de leurs 40 ans est une expérience très étrange. Moi qui suis né la même année que Daniel Radcliffe (quelques mois avant lui, en 1989), je dois dire que la perspective de le voir directement envoyé à la quarantaine est assez déstabilisante.

Encore une fois, comme dans les autres épisodes sur lesquels il a travaillé, David Yates fait un travail très soigné de mise en images et d’effets spéciaux. Les décors sont absolument saisissants et vraiment bien filmés. Je regrette néanmoins que le très-grand-spectacle auquel il s’adonne gomme largement les relents sombres et gothiques des épisodes précédents. D’autre part, un bon nombre de raccourcis visuels et de facilités de mise en scène sont présents à plusieurs niveaux, ce qui a le don de m’agacer. Pourtant, la tension dramatique est bien là, plus d’ailleurs dans la scène de préparation que pendant la bataille elle-même.

Car justement, tout le film n’est centré qu’autour de la bataille monumentale de Poudlard. Et c’est là son défaut principal. En effet, le matraquage promotionnel, les bandes-annonces, les affiches faisant, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir vu le film avant d’être au cinéma. La conséquence étant que je m’attendais à quelque-chose d’énorme et que donc, la surprise s’en est trouvée un brin amoindrie. Les amis avec lesquels je me trouvais (parmi lesquels l’Apôtre Nicaise en personne) ont même ressenti je cite « un manque flagrant d’épisme ». Je les rejoins en partie, principalement à cause du côté rabaché de la campagne promotionnelle. A force de dire « le dernier chapitre phénoménal de la bataille la plus épique et la cloture du phénomène générationnel qui a marqué à vie toute l’humanité », c’est vrai qu’on s’attendait à beaucoup et que de fait, le suspense était un peu grillé.

En conclusion, Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 2 est un film attendu, dans tous les sens du terme. Attendu par les fans (dont je suis) qui voulaient terminer la saga au même niveau d’excellence auquel on les avait habitués ; et attendu au niveau du contenu puisqu’aucun nouveau personnage, aucun nouveau rebondissement (ou presque) et aucun élément inattendu ne vient modifier notre vision des choses. C’est une conclusion conforme à nos attentes, mais qui ne nous surprend pas, et ne changera pas l’opinion des fans, ni des détracteurs de la saga.

Quoi qu’il en soit, ce film tourne une page. Définitivement. C’est la fin d’une époque qui a vu naître et évoluer des personnages et des lieux devenus cultes. Des choix ont été faits sur l’évolution toujours plus sombre de la saga et quoi qu’il se passe, rien ne changera plus maintenant.

Qu’on en soit fanatique ou pas, Harry Potter a bien mérité sa place de choix dans notre médiathèque et notre culture. D’ici quelques années, la saga sera considérée par nos successeurs comme un pilier fondateur. Et a mon sens, elle n’aura pas volé cette considération. Peut-être même qu’un jour, les aventures d’Harry, de Ron et d’Hermione auront pris la place principale dans la culture-geek de demain ; devant Tolkien, devant Star-Wars. Quand ce jour viendra, nous autres vieillards croulants à la culture antédiluvienne, nous pourrons nous souvenir d’aujourd’hui. Alors, sous les regards admiratifs des geeks du futur, nous pourrons affirmer d’une voix passionnée malgré l’action du temps : « Ce jour là, j’y étais ».

-Saint Epondyle-